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Vaudoise Saint-Valentin

Othon composa entre autres une «Balade de Saint-Valentin double», que l'on peut lire sur ce manuscrit du 15e siècle appartenant à la Bibliothèque cantonale universitaire.

Dimanche, peut-être fêterez-vous la Saint-Valentin... Mais saviez-vous que cette date a été popularisée dans les régions francophones à la fin du 14e siècle par un chevalier et poète vaudois originaire de Grandson?

Un article du magazine de l'Université de Lausanne Allez savoir! révélait ce scoop en 2007. C’est à Othon III de Grandson (1340 environ à 1397), chevalier voyageur et poète, ami des plus grandes cours européennes, que nous devons l’introduction de la tradition des billets doux ainsi que de la fête de la Saint-Valentin dans le monde francophone. Ce noble Vaudois à la vie aventureuse (il est notamment mort en duel) fut un auteur reconnu par ses contemporains.

Une tradition anglaise

La coutume de fêter la Saint-Valentin vient d’outre-Manche, où elle est attestée dès le 14e siècle. Les Anglais choisissaient le 14 février une «Valentine», qui devenait leur amoureuse… pour une année seulement! Ils lui écrivaient des billets d’amour, toujours anonymes. Et peu importait que la dame et son soupirant fussent déjà pris; l’intérêt de la chose était dans le secret et le jeu!

Le rôle d’Othon de Grandson

Revenons à Othon de Grandson. Ce chevalier vaudois a combattu pour le roi d’Angleterre en 1372 et 1379. Il a ainsi noué des relations avec la noblesse et les poètes anglais, qui lui ont fait connaître la Saint-Valentin. Un sujet qui l'inspirera à plusieurs reprises et qu'il rendra célèbre en Suisse et en France.

La «reverdie» médiévale

La Saint-Valentin relève du thème de la «reverdie», fréquent dans la littérature médiévale et la poésie courtoise. Cette thématique, chère à Othon de Grandson, qui lui aurait consacré un tiers de ses textes, se décline de plusieurs façons: le renouveau du printemps, le retour des oiseaux et de la bonne saison et… le renouvellement de l’amour. Pour preuve, la fin de la «Balade de Saint-Valentin» d'Othon:

Je vous choisis pour avoir allégeance,
Je vous choisis pour guérir ma douleur,
(…) Je vous choisis sans fin en persévrance
Je vous choisis et choisie vous ai.

Saint
Valentin en prends en témoignance
Que nulle autre jamais ne choisirai.

Source

«Comment un chevalier vaudois a lancé la mode de la Saint-Valentin en Suisse et en France», par Sonia Arnal, Allez savoir!, n°37 (2007).

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Othon de Grandson, Poésies. Feuilleter le manuscrit sur e-codices.ch