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La Mesure du Plan directeur cantonal et le Plan sectoriel 3e correction du Rhône

Un peu d'histoire

Constat

Les dangers potentiels dus au fleuve sont directement liés à son histoire et à celle du développement de la plaine. La correction du Rhône a débuté dans la deuxième partie du XIX ème siècle et a permis, en l'espace de quelques décennies, un développement important de la plaine. La première correction du Rhône (de 1860 à 1890) a réalisé de manière systématique deux digues parallèles fixant les limites du fleuve. Elles étaient protégées par des épis visant aussi à concentrer l'écoulement en hiver. Suite aux inondations et au réhaussement du fonds par la déposition de matériaux (capacité de charriage du fleuve insuffisante), une deuxième correction a été mise en oeuvre entre 1930 et 1960. Elle a renforcé le profil de la première correction, par des surélévations des digues et a comblé l'espace entre les épis en créant un remblai continu favorisant le resserement du fleuve lors des basses eaux et donc améliorant le transport solide.

Enjeux

L'endiguement du Rhône n'a cependant pas résolu complètement le problème de la sécurité. L'espace disponible pour le cours d'eau  est aujourd'hui réduit à un couloir étroit entre deux digues surélevées par rapport à la plaine. Les crues y transitent avec des débits plus élevés que par le passé, à grande vitesse et avec un niveau d'eau qui surplombe de 3 à 4 m le niveau de la plaine.  Le danger actuel est double: une capacité limitée impliquant un risque de débordement et un risque de rupture de digue avant même que la capacité maximale ne soit atteinte, comme par exemple à l'amont de la zone industrielle d'Aigle.

L'endiguement du Rhône a également dégradé ou supprimé les milieux naturels liés au fleuve qui sont réduits aujourd'hui à quelques vestiges, à l'exception du delta. Une mise en réseau des éléments écologiques fait également défaut.

Par ailleurs plusieurs aspects socio-économiques liés à la plaine du Chablais, tels que l'économie, l'agriculture, le tourisme, et l'hydroélectricité possèdent un potentiel de développement à valoriser. A cet égard on se référera au "Concept de Développement de la Plaine (CDP)", rapport de septembre 2007.

Démarche

Le grand projet de 3ème correction du Rhône, que la Confédération considère comme prioritaire, vise la protection durable du territoire qui s'étend des sources du Rhône au Léman, contre les dangers liés aux crues par la prise en compte des aspects sécuritaires, environnementaux et socio-économiques.  La tâche est de grande envergure et il est prévu qu'il faille une trentaine d'année pour mener à bien l'ensemble de la plaine. Dans cet intervalle, il s'agit de concilier la situation actuelle de danger avec l'occupation du sol, en tenant compte tant des impératifs sécuritaires et écologiques que de développement économique, et de permettre la réalisation progressive du projet dans le temps.

Le canton de Vaud a élaboré le "Plan sectoriel 3ème correction du Rhône". Son objectif est double, d'une part définir un espace Rhône inconstructible, d'autre part décrire les mesures d'aménagement projetées. Il décrit dans les grandes lignes la manière dont les objectifs visés seront atteints et indique comment ils doivent être coordonnés avec le Plan d'Aménagement 3ème correction du Rhône valaisan, en particulier dans le Chablais.

La carte des dangers est une base de données élaborée d'après des études scientifiques. Elle met en évidence d'une part que 1316 ha sont sérieusement menacés par les crues du Rhône, principalement dans la zone industrielle d'Aigle, ce qui nécessite la mise à l'enquête de mesures d'urgence transitoires (MUT). Elles seront réalisés en étapes coordonnées avec la 3ème correction du Rhône