La formation en question
Réussite scolaire et marché du travail
Aujourd’hui, l’égalité scolaire entre filles et garçons semble être réalisée: mixité, mêmes programmes, mêmes diplômes. Les filles connaissent même des résultats scolaires sensiblement meilleurs que ceux des garçons. Cette avancée décisive de la fin du 20ème siècle reste toutefois inachevée. La réussite scolaire des filles ne se répercute pas, en effet, au niveau de leur positionnement sur le marché de l’emploi:
- sept femmes sur dix sont employées sans fonction dirigeante (contre cinq sur dix chez les hommes);
- les femmes gagnent entre 11% et 21% de moins que les hommes, cela même à formation et à fonction équivalentes;
- les femmes représentent la grande majorité des emplois à bas salaire;
- les femmes doivent plus souvent subir des conditions de travail atypiques et donc précaires (contrats de courte durée, petit volume d’heures de travail, etc.);
- les femmes sont proportionnellement plus touchées par le chômage que les hommes.
Choix professionnels
Les inégalités sur le marché du travail s’expliquent en partie par les différences de trajectoire considérables qui demeurent entre les filles et les garçons au niveau de leur formation. En Suisse, le choix de la profession et de la branche d’études reste très marqué par l’appartenance sexuelle:
- pour les filières professionnelles: les filles choisissent des formations plus courtes dans un éventail restreint de professions du secteur tertiaire, généralement faiblement rémunérées et offrant peu de possibilités d’avancement et de perfectionnement (bureau, paramédical, soins corporels), tandis que les garçons s’orientent vers l’automobile, l’électricité, l'électronique, le bois, le bâtiment et l’industrie des machines;
- pour les filières universitaires: la moitié des jeunes femmes étudient les lettres ou les sciences sociales et politiques, qui offrent de moins bons débouchés que les domaines d’études davantage axés sur la profession (sciences, polytechnique) que choisissent les jeunes hommes.
À noter que
- les femmes sans formation post-obligatoire sont proportionnellement plus nombreuses que les hommes (17% des femmes de 20 ans contre 6% des hommes)
- le pourcentage des hommes ayant achevé une formation supérieure est plus élevé (source: Office fédéral de la statistique, 2008).
Rôle de l'école
La recherche a dévoilé la multitude de mécanismes souvent fins et diffus par lesquels l’école, tout comme la famille et la publicité notamment, tend à renforcer les stéréotypes de sexe et favorise les différences de parcours professionnels et de vie entre les filles et les garçons. De par sa fonction de socialisation, l’école peut toutefois devenir une véritable actrice du changement.


