Le Salon des métiers: j'y étais!
«Toi, tu veux faire quoi? Orthopédiste?», «Qui parmi vous cherche une place d’apprentissage?», «Vous savez où se trouve le stand éducateur/éducatrice de l’enfance?» Dans le brouhaha du Salon des métiers et de la formation de Beaulieu, les questions fusent. Des questions, l’Office cantonal d’orientation scolaire et professionnelle en a aussi posé aux jeunes visiteurs pour savoir ce qu’ils ou elles voulaient faire plus tard et aux professionnels afin de connaître les demandes qui leur ont été formulées. Morceaux choisis et petit tour des lieux (14.10.2010).
Sur les différents stands, on rivalisait d’ingéniosité pour promouvoir son domaine d’activité et pour attirer les visiteurs. Chez les électriciens de réseau, une jeune fille redescend lentement, avec l’aide d’un professionnel, un haut pylône en bois en se cramponnant.
Au secteur bâtiment et construction, entre les apprentis paveurs et les apprentis maçons, Steve et Bryan (8e VSO) consultent une borne d’information. Si le premier se verrait bien horticulteur, le second vise une tout autre profession: vendeur en électronique. «Même si j’ai découvert ici d’autres métiers, comme carrossier-tôlier ou mécanicien en maintenance d’automobiles, cette idée est plus ou moins fixe. J’ai déjà fait aussi un stage là-dedans», explique-t-il.
Véhicules parqués devant l’entrée de la halle, coups de klaxon intempestifs à travers le Salon et gigantesque semi-remorque à tête rétractable rappelaient que les représentants des métiers de l’automobile avaient sorti l’artillerie lourde pour l’occasion. Un groupe d’adolescents vient à traverser le stand. Margaux et Léah, les deux seules filles, savent qu’elles ne travailleront pas sur des voitures, mais dans la santé: «On préfère les soins, s’occuper et être en contact avec des patients. Mais, attendez, on connaît quelqu’un que l’automobile intéresse!» Elles appellent Athena, actuellement en 8e VSO, qui s’approche: «Je veux devenir mécanicienne. Je suis passionnée de tuning. J’ai déjà une idée de la voiture de mes rêves.»
«Qui cherche une place d’apprentissage pour l’année prochaine? Cinq personnes?»
La conférence «Trouver une place d’apprentissage» va débuter. Le parterre est plutôt clairsemé. Assis au fond, Alexandre et Vincent sont un peu là par «obligation»: remplir leurs documents d’information. Le thème de la présentation ne les concerne d’ailleurs pas vraiment non plus. Camarades de classe (8e VSG), les deux garçons caressent également le même rêve: «D’abord, aller au gymnase. Ensuite, devenir professeur de sport.» Le parcours, Vincent le connaît par cœur. En cours de conférence, quelques élèves quittent la salle. Ce qui donne au conférencier une occasion de rebondir, non sans humour: «Vous partez? Vous avez un rendez-vous? La ponctualité est essentielle, comme à l’entretien d’embauche.»
Tous gagnants
Sur le stand de l’orientation vaudoise, les va-et-vient sont incessants, les conseillers ne chôment pas. «On a eu de tout : tous types de personnes pour toutes sortes de professions ou formations : horticulteur/horticultrice, professeur de sport, psychologue, designer, avocat/avocate, policier/policière ou inspecteur/inspectrice, etc. Des conseillers ont eu affaire à une fille qui envisageait une carrière dans le militaire. Une autre voulait même être G.I.! Quelques demandes aussi concernant le métier de «profiler» ou la police scientifique par exemple», raconte Sabrina Wehrli, agente en information documentaire au Centre d’information sur les études et les professions de Lausanne, de piquet ce jour-là. Devant l’ordinateur, Madian, 8e VSG, et la psychologue conseillère en orientation Marta Koslacz Borrego sont en train de consulter les Infop de concepteur en multimédia et d’astronome-astrophysicien. «Concepteur en multimédia, parce que j’aime les jeux vidéo et astronome pour regarder dans les télescopes», explique timidement le jeune garçon. Plus tard, c’est l’Infop de facteur/factrice d’instruments de musique qui s’affiche à l’écran. La requête émane de Maxime, 9e VSG: «Mon frère fait du piano. Il pense au Conservatoire ou à une formation dans le domaine de la musique. Il n’a pas pu venir au Salon, alors je me renseigne à sa place.» Lui a choisi une voie complètement différente: «Mécanicien deux-roues. Je cherche une place d’apprentissage.»
A deux pas de là, dans l’espace dédié aux métiers de bouche, le jingle de «Qui veut gagner des millions» résonne. Benoît, 8e VSG, n’a pas participé au quiz. Les questions, c’est plutôt lui qui les a posées: «Je sais maintenant que pour devenir boucher-charcutier, il faut faire 3 ans d’apprentissage.» Qu’ils participent ou non aux concours, qu’ils remportent ou non des prix ou des cadeaux, avec cette visite du Salon, les jeunes étaient gagnants sur toute la ligne.


