Quinze ans et bientôt en formation
Les élèves qui se destinent à l’apprentissage doivent mener de front plusieurs démarches tout en préparant les examens de certificat. Comment le vivent-ils? Quelques réponses glanées dans une classe de 9e VSG (29.11.2010).
La plupart des élèves de la classe 9VSG de Savigny ont choisi un métier, mais la perspective de la fin prochaine de l’école est un motif d’appréhension auquel peu échappent. Ce n’est plus le moment d’explorer le monde des métiers: en 9e année, il est temps de passer à l’action. Sur les quinze élèves de la classe, Florian est le seul à être sûr «à 99,9%» d’avoir une place d’apprentissage à l’automne 2011. «C’est un soulagement pour tout le monde quand un élève trouve une place, commente Christian Pittet, maître de classe. La tension baisse.» Depuis tout petit attiré par les machines, Florian vise une formation de mécanicien sur machines agricoles. «Le patron m’a dit qu’il m’engagerait si je réussis mes examens de certificat et si je réussis le test d’admission pour le métier.» Des réserves qui le rendent soucieux malgré tout. Aux yeux de Lydie, sa voisine de pupitre, «Florian n’a pas à se faire du souci. Il est bon!» Pour ce qui la concerne, elle se pose mille questions: «J’ai fait un stage d’assistante médicale chez un médecin de la région. Je m’intéresse aux gens, mais c’est l’aspect laboratoire qui m’a plu le plus. Alors, je cherche un stage dans ce domaine tout en envisageant aussi le gymnase qui m’ouvrira peut-être plus de portes…»
Toutes sortes de projets et de démarches
Anthony aimerait devenir horticulteur paysagiste et veut confirmer son choix par un deuxième stage. Nenad, qui a hésité entre la cuisine et l’informatique avant de renoncer à la première «à cause des horaires et du stress», a envoyé 20 lettres de motivation. Kylian se voit laborantin en chimie; il s’est inscrit aux examens d’admission après deux stages positifs. Quant à Arnaud, il a fait un stage dans un bureau d’architectes: «Mais je ne suis pas encore sûr, et je vise aussi l’école de culture générale.» Clara sera coiffeuse. Après plusieurs stages, elle va s’inscrire aux examens d’admission de l’association et envoyer son dossier de postulation. Alors que Valentin a un stage d’automaticien en vue, Loïc a pu découvrir ce métier à l’Ecole des métiers de Lausanne: «Ça m’a plu, mais j’aimerais plutôt me former en entreprise.» Passionné par le bois, Jules a fait des stages de charpentier («L’horreur comme j’ai eu froid!»), de menuisier et d’ébéniste. Dans ce dernier métier, son maître de stage le prendrait volontiers en formation, mais pas avant deux ans. «Si je ne trouve pas une autre place, mes parents veulent que je parte en Angleterre.» Quant à Caroline, elle s’intéresse au métier d’employée de commerce. Dans la perspective de ses postulations, elle a suivi un atelier sur l’entretien d’embauche organisé par l’OCOSP. Qu’y a-t-elle appris? Surtout l’importance de bien se préparer et de respecter quelques impératifs: «Il faut se renseigner sur l’entreprise, être bien habillé, s’exprimer clairement.» «C’est la clé pour être pris au sérieux», renchérit un camarade. Alicia se prépare à passer le test d’admission organisé par le Groupement vaudois des opticiens et relève une des exigences du métier: «Il faut être bon en maths!». Enfin, Serge se tâte encore: après un stage de boulanger où il s’est découvert une allergie à la farine, il s’est intéressé un temps à la polymécanique et vise aujourd’hui un métier des arts graphiques: «Je vais aller aux portes ouvertes de l’ERACOM pour en savoir plus.»
Un choix pour la vie?
«On nous dit qu’il ne faut pas choisir à la légère, confie Lydie. Ça me stresse, alors je change tout le temps d’idée, je me demande si je vais pouvoir faire le même métier toute ma vie. Je n’ai pas envie de m’ennuyer!» Le choix d’une formation est une étape sérieuse qui peut engendrer de grandes inquiétudes. «Il arrive souvent que des élèves de 9e remettent leur projet en question ou évoquent le gymnase pour prolonger le temps de la réflexion», constate Laurence Baud, la psychologue conseillère en orientation de l’établissement. Aussi encourage-t-elle les élèves à avoir plusieurs solutions en tête, à faire plusieurs stages dans plusieurs métiers, à envoyer plusieurs postulations en parallèle: «C’est indispensable pour pouvoir rebondir si la solution «raccordement» ou «gymnase» n’est pas réalisable, par exemple.» La conseillère prend aussi le temps de discuter avec les parents qui s’inquiètent pour l’avenir de leur enfant. «C’est souvent une méconnaissance du système de formation et des passerelles qui génère des craintes», relève Laurence Baud. Expliquer les passerelles permet de dialoguer sur de bonnes bases et, le cas échéant, de revenir sereinement à la réalité des notes et des exigences.»


