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Stage en 8ème: témoignages

Décrocher un stage

A quelques jours de leur stage, des élèves de la classe 8/VSG2 du Mont-sur-Lausanne racontent les démarches qu'ils ont faites pour trouver une place et expriment leurs attentes et leurs craintes. (10.11.2006)

Le cursus scolaire des élèves de VSO et VSG prévoit une semaine de stage pendant l’école. Les 23 élèves de la classe de M. Liaudet s’y préparent assidûment depuis quelques semaines, avec l’aide de la conseillère en orientation de l’établissement et de leur maître de classe.
L’intérêt des jeunes pour leur avenir proche se traduit par des visites spontanées sur le site de l’Orientation à l’aide des ordinateurs de l’école ou de la maison, et par une recherche non moins intense en vue de trouver un stage si possible dans le domaine où ils aimeraient se former un jour.

Motivation payante

A dix jours du début du stage, seuls trois élèves n’ont pas trouvé de place et poursuivent leurs recherches. Parmi ceux-ci, Manon souhaite effectuer son stage dans la décoration d’intérieur. La jeune fille a cependant une solution de secours: "Si je n’ai pas de réponse d’ici la semaine prochaine, j’accompagnerai ma mère, qui est sage-femme."

Des intérêts variés mais des choix réalistes

A une année et demie des examens de certificat de fin d’études secondaires, les élèves de M. Liaudet ont des intérêts déjà bien définis et très variés. Les uns évoquent des professions accessibles par une formation professionnelle initiale, d’autres visent des formations supérieures ou universitaires comme gestionnaire de fortune, physiothérapeute, spécialiste des cétacés, criminologue ou encore maître d’éducation physique et de sport.
Les choix restent pourtant réalistes pour le stage en vue. Noé, par exemple, s’intéresse à l’archéologie, mais les conditions à remplir pour cette formation l’ont poussé à différer son projet: "Finalement je vais faire un stage de mécanicien". Anne-Laure, quant à elle, a cherché une place dans la médecine naturelle. Devant l’impossibilité de trouver un stage dans ce domaine, elle s’est tournée vers un magasin spécialisé dans la vente de matériel d’équitation. La majeure partie de leurs camarades a également choisi des professions accessibles dès la fin de l’école obligatoire, telles que dessinatrice en bâtiment, poseur de revêtement de sol, coiffeuse ou encore informaticien.

Du réseau au culot : les méthodes qui marchent

Les témoignages des élèves le confirment: le réseau des connaissances joue un rôle essentiel dans l’obtention d’une place. C’est en effet souvent grâce à un membre de la famille ou à un proche que les élèves de M. Liaudet ont décroché leur stage. Véronique a ainsi pu concrétiser son désir d’accompagner une éducatrice de l’enfance grâce aux relations de sa mère. Même chose pour Nathan, qui parle souvent d’informatique avec son père. Ce dernier, lui-même informaticien, lui a donné quelques adresses: "J’ai décroché mon stage au premier coup de fil !"
Le contact direct a également payé. Alors que plusieurs lettres sont restées sans réponse, nombreux sont les élèves qui ont trouvé leur stage en frappant à la porte d’une garderie pour l’un, d’une boutique pour l’autre, d’un salon de coiffure pour une troisième.

Curiosité mêlée d’appréhension

Les élèves interrogés sont enthousiastes à l’idée de découvrir un métier et le monde du travail en général, qu’ils ne connaissent que théoriquement: "Je suis curieuse de voir ce que ça fait de travailler" confie Maeva. "Je me réjouis, même si je n’ai pas trouvé une place dans le domaine qui m’intéresse", ajoute Manon.
Les quelques craintes évoquées par les élèves sont généralement liées à la perspective de travailler avec des personnes qu’ils ne connaissent pas. La profession elle-même suscite également des interrogations: va-t-elle leur plaire ou non? Correspondra-t-elle à l’idée qu’ils s’en font? Vont-ils changer leurs vues pour l’avenir?
Réponses à venir dans quelques semaines…


De retour en classe: quelques échos de la semaine de stage

 Les élèves de la classe de 8/VSG2 au Mont-sur-Lausanne livrent leurs premières impressions sur le stage qu'ils viennent d'accomplir (voir l'actualité "Décrocher un stage en 8e année"). (30.11.06)

Ambiance agitée et fous rires sont au rendez-vous: M. Liaudet a rendu visite à ses élèves pendant leur stage et réalisé des photos qui sont projetées sur grand écran pendant que chacun et chacune, à tour de rôle, raconte son expérience. Une bonne opportunité pour se préparer à l’entretien qu’ils auront un jour avec un employeur.

Dur, dur, le monde professionnel …

image stage en carrosserie

"Le téléphone n’arrêtait pas de sonner!", raconte Mélanie, stagiaire assistante médicale. "Certains clients ont été désagréables", renchérit Manon, future décoratrice. Hé oui, le monde du travail peut réserver quelques surprises… Sans compter le changement d’horaires: "De 7h30 à 17h45, c’est long!", s’exclame Raphaël.
Les professions manuelles nécessitent parfois un physique que ces jeunes n’ont pas encore. Patrice reconnaît ainsi que pour être carrossier-tôlier, il faut beaucoup de force: "J’ai trouvé dur de taper avec un marteau toute la journée!"

Découvertes, diversité, ambiance: que du bonheur!

image stage décorationTous relèvent l’attention qu’on leur a portée et l’atmosphère favorable au sein de laquelle ils ont pu travailler. "On s’est bien occupé de moi: j’ai pu passer du temps dans chaque secteur du bureau", témoigne Elora. "J’ai réalisé des bricolages avec les enfants et on m’a même laissé organiser une leçon de gym!", s’enthousiasme Eva.
La diversité des tâches auxquelles ils ont pu participer a également joué un grand rôle dans l’appréciation du stage: "Je me suis déplacé dans toute la Suisse: le Valais, Zurich, Bâle", se réjouit Eric, qui a accompagné un poseur de revêtement de sol. "J’ai pu faire le service des voitures, voir comment elles fonctionnaient et découvrir plein d’outils", explique Bryan.
D’autres enfin disent avoir enrichi leurs connaissances: "J’ai appris plein de nouveaux mots concernant l’équitation", confirme Anne-Laure. "On m’a expliqué comment faire des massages", ajoute Maeva.

L’élan est donné

image stage coiffure

Très enthousiastes en général, les élèves tirent un bilan plutôt positif de cette semaine. A les entendre, ils comptent d’ailleurs faire à nouveau des stages, soit pour étoffer leur expérience, soit pour s’initier à d’autres métiers qui les intéressent: "J’aimerais trouver un stage de scieur dans une autre entreprise, pour voir si c’est vraiment ce que je veux faire", explique Fabian. "Ce métier me plaît, mais j’ai envie de découvrir aussi celui de diététicienne", raconte Christelle, qui a assisté un vétérinaire. "Le patron m’a conseillé de faire un stage dans un autre bureau d’architecte pour connaître différentes manières de travailler", termine Lou.

Cette première étape dans le monde du travail a donné l’occasion aux élèves d’élargir leur réseau de connaissances et leur a permis d’ouvrir des portes vers l’avenir. Pour l’heure, la vie scolaire reprend ses droits: après l’exposé oral, place à la rédaction ! Soupirs: "C’était trop court, ce stage!"

 


La préparation au choix professionnel, un travail d’équipe

Dans un an et demi, l’école obligatoire ne sera plus qu’un souvenir pour les élèves de la classe 8VSG2 du Mont-sur-Lausanne. C’est depuis l'entrée en 7e que chacun et chacune se prépare à cette échéance. Zoom sur les interprètes d’une partition bien orchestrée.

Choisir un métier, encore à l’école

La transition entre la vie scolaire et la vie professionnelle prend du temps. Trois ans ne sont pas de trop pour "entamer une démarche réelle de fond sur l’avenir". François Liaudet, titulaire de la classe 8VSG2 du Mont, souligne que le succès d’une telle démarche repose sur le concours de plusieurs partenaires: les parents qui, très tôt, sont informés des temps forts de chacune des années du cycle secondaire; le conseiller ou la conseillère en orientation qui accompagne les élèves dans l’élaboration d’un projet; enfin l’enseignant lui-même et, bien entendu, les élèves. "Les élèves et le maître ont ensemble un grand intérêt à initier cette recherche. Plus tôt les élèves auront effectué un choix et trouvé une motivation à apprendre un métier, mieux se déroulera l’apprentissage scolaire." Pour François Liaudet, il n’y a pas l’ombre d’un doute: "Un élève motivé dispose d’un atout majeur!"

Un appui à l’orientation

Mais que faire quand l’élève rencontre des difficultés à choisir une voie, peine à s’investir dans un avenir trop incertain ou ne sait pas trop quoi faire? C’est là qu’intervient le conseiller ou la conseillère en orientation. Ce psychologue spécialiste aide le jeune à trouver son chemin. Aux élèves qui sollicitent un entretien individuel parce qu’ils ne savent pas dans quel métier faire un stage, Noémie Crosa, la conseillère de l’établissement, suggère de choisir un domaine qui les intéresse et d’en tirer le meilleur profit. "Je peux aussi leur proposer des tests d’intérêts." Parfois l’élève vise l’Ecole de culture générale et ne comprend pas l’utilité d’un stage: "La difficulté est de l’amener à envisager une alternative et à explorer les métiers. C’est souvent l’ignorance qui met des œillères."

Découvrir un métier et y prendre goût

Au soulagement d’avoir trouvé une place de stage peut succéder l’inquiétude, constate encore la conseillère. C’est que le stage confronte l’élève à la réalité d’un métier, à des horaires contraignants, à un environnement nouveau. C’est la rencontre avec des personnes inconnues, la découverte d’outils ou de machines complexes. Mais le stage de 8e année est exploratoire: les élèves se frottent à un métier pendant une semaine, c’est sans engagement. "L’idée est d’ouvrir des portes." Le déclic a parfois lieu pour des raisons qui n’ont rien à voir avec le métier lui-même! "L’atmosphère de travail peut jouer un rôle décisif dans le choix d’une profession. Les jeunes sont très réceptifs à l’esprit dans lequel se déroule le travail", sourit François Liaudet.

Le dialogue pour comprendre

Il arrive que le stage soit une source de déception. "Ce n’est pas très fréquent", tempère Noémie Crosa. Lorsque c'est le cas, la conseillère essaie d’amener l’élève à rebondir et à tirer profit de cette expérience. Comment? "Je l’invite à voir que ce qu’il n’a pas aimé tient à des points précis, à une situation ou au contexte par exemple, et que cela ne concerne pas forcément la réalité du métier." Il peut à l’inverse y avoir un décalage entre l’impression enthousiaste de l’élève et le rapport de stage rempli par l’employeur, plus nuancé. "C’est l’occasion de réfléchir avec le jeune et de faire le point sur ses qualités." Le rapport de stage est une première attestation de travail. Un conseil de pro? Il vaut la peine de le conserver soigneusement pour, le moment venu, le glisser dans les annexes à une lettre de postulation, à côté du CV: c’est parfois la bonne clé pour obtenir une place d’apprentissage.