Surveillance mutuelle des habitations (SMHab)
Un idée qui avance
L'expérience a montré que la lutte contre les nuisances constituées par la petite criminalité (vols, cambriolages, vandalisme, etc..) était au coeur des préoccupations des citoyens. Non seulement ces petits délits contrarient les résidents d'un quartier ou d'une région, mais ils empoisonnent leur vie quotidienne, jusqu'à développer un sentiment d'insécurité permanent.
Une recrudescence de tels vols était observée au début des années nonante, dans la région de la Terre Sainte (district de Nyon). La police cantonale vaudoise estima nécessaire de lancer un concept de surveillance mutuelle basé sur les relations de bon voisinage.
A l'origine, ce mouvement est né chez les Anglo-Saxons où les bonnes relations entre voisins sont primordiales. Les expériences menées dans ces pays ont démontré l'efficacité du système.
Depuis 1992, année de son lancement, ce concept a essaimé dans plus de cinquante communes du canton. Le bilan positif confirme la conviction initiale : la relation de confiance police-population reste le moteur de toute action.
Non seulement cette collaboration a permis une baisse significative de la criminalité locale mais, en plus, les habitants de tout un quartier, de toute une commune ont redécouvert la solidarité : le temps de se parler, l'occasion de s'entraider.
La police a besoin de vous
Notre époque connaît une mutation rapide.
La crise des finances publiques a conduit au resserrement des moyens mis à disposition des forces de polices.
De nouvelles conceptions opérationnelles ont aussi conduit à la concentration des moyens et à la volonté d'associer la population à la prise en charge de sa sécurité. Oubliée la période des vaches grasses où l'opulence des moyens nous préservait de toutes les remises en cause. La crise mondiale actuelle touche aussi les états réputés pour leur solidité économique et la pérennité de leurs institutions. Placée devant un monde en perpétuel mouvement chamboulant les données migratoires, ethniques et culturelles, la police se trouve confrontée à une profonde remise en question.
L'évolution de l'environnement et de la délinquance amène donc à concentrer les forces en vue d'assurer une intervention souple et optimale. Et le combat contre le crime passe obligatoirement par l'aide et le concours du public.
Cette collaboration devient même une priorité.
Rapprochement avec le public
La police s'est rendue à l'évidence que les seules actions ciblées sur les effets des phénomènes (politique réactive) ne suffisent pas. Elle doit se préoccuper des causes de ces phénomènes en adoptant une politique proactive. Une vision centrée uniquement sur les problèmes de police doit peu à peu faire place à une vision intégrée réunissant, à la recherche de solutions, tous les partenaires concernés. Pourquoi un tel rapprochement est-il devenu nécessaire et dans quel but ? Voici quelques éléments de réponses.
- Mieux prendre en compte les besoins ressentis par la population.
- Répondre au sentiment d'insécurité croissant quand bien même les faits et la statistique criminelle dénotent, en Suisse, une certaine stabilité des délits depuis dix ans.
- Agir en collaboration avec les autorités et la population à la recherche de solutions aux problèmes de sécurité.
Même profondément ancrée dans une longue tradition, la police cantonale vaudoise reste consciente que l'immobilisme est condamnable. Elle a fait et fera encore la démonstration qu'elle sait se remettre en question.
Illustration de la mise en oeuvre de cette politique de dialogue dans le canton de Vaud : les campagnes d'information et de surveillance mutuelle des habitations, (SMHab), lancées avec succès depuis 1992
Criminalité et démographie
Dans plusieurs districts du canton de Vaud, la population a augmenté d'un tiers au cours de la précédente décennie. Si, d'une manière générale, la criminalité est restée stable au cours des 10 dernières années, le nombre des cambriolages d'habitations (villas et appartements) a presque doublé. Autre constatation : la criminalité vise pour l'essentiel l'arc lémanique (75 %) et elle touche plus durement les régions à forte concentration de maisons individuelles.
On pourrait penser que la nécessité de resserrer les liens de bon voisinage s'est faite plus pressante... Il n'en n'est rien ! Pour de multiples raisons - peur du contrôle social, tendance à l'individualisme - ces notions d'entraide mutuelle se sont estompées. Les familles ont éclaté et le poste de télévision a remplacé la grand-maman de jadis.
Notre habitat nous offre des logements certes plus spacieux mais où les espaces de communication et de rencontres manquent. De plus en plus, les obligations professionnelles éloignent père et mère des logis.
Le concept de surveillance
L'ambition de ce programme est d'aider à prévenir les actes criminels en tous genres. L'objectif prioritaire visé reste le renforcement de la nécessaire collaboration entre police et population tout en respectant la vie privée de chacun.
Pour qu'une mobilisation efficace voie le jour, quelques conditions doivent cependant être remplies.
En particulier :
- qu'un sentiment d'insécurité prédomine
- que les voisins fassent connaissance
- qu'un concept soit mis en place et suivi par la police.
Certains citoyens sont-ils réfractaires à une telle idée ? Rien ni personne ne va les obliger à adhérer. L'expérience a toutefois démontré que certains habitants n'avaient pas attendu ce concept pour pratiquer une solidarité de bon aloi entre voisins.
Apprendre à détecter les situations à risques, mettre en place des barrières dissuasives, observer et signaler tout fait suspect à la police. Telle se résume la surveillance mutuelle des habitations. Une formule plus lapidaire dirait : "Des yeux et des oreilles". C'est tout.
Il ne s'agit ni d'un transfert des tâches ni de compétences policières que l'on ferait reposer sur les épaules des citoyens. Il ne s'agit pas non plus de la constitution de groupes de défense qui patrouilleraient dans la cité. Encore moins de milices armées faisant régner la loi du Far-West. La carabine de Joss Randal reste au vestiaire ! Les cas de flagrant délit exceptés, la surveillance mutuelle ne débouche en aucune manière sur des interpellations ou arrestations.
Civisme ou délation ?
Suite à un délit, la police constate tous les jours que des témoins d'actes préparatoires à la commission d'une infraction ont hésité, voire négligé de l'en aviser. Une fenêtre brisée sera mise sur le compte du vent, le coup de feu sera assimilé au débouchage d'une bouteille de Champagne. La faculté d'interprétation des témoins est vaste et, bien souvent, elle exclut la possibilité de l'acte criminel.
La police tient par-dessus tout à la paix des ménages. Ce qui revient à dire qu'elle n'est aucunement intéressée à connaître les allées et venues des particuliers dans le cadre de leurs relations privées.
Il arrive parfois qu'on lui signale la présence insolite d'une personne étrangère au quartier. Vérification faite, on découvre qu'il s'agit en fait d'un lointain parent en visite ou d'un vendeur de brosses à la sauvette. Requise pour un tel contrôle, la police fera son travail d'identification dans la règle de l'art, avec entregent et discrétion.
La confidentialité de la source sera dans tous les cas observée
Quant aux personnes contrôlées - à plus forte raison si elles ont la conscience tranquille - elles n'en prendront point ombrage !
Évitons de tout confondre !
La délation est un acte intéressé et méprisable. En revanche, signaler à l'autorité qu'un trio de malfaiteurs vient de s'enfuir à bord d'un véhicule portant telles plaques d'immatriculation, après avoir fracassé la vitrine du bijoutier, procède d'un acte élémentaire de civisme.
Comment le concept est-il implanté ?
Après entente avec la municipalité, un questionnaire-type est adressé à tous les ménages d'une commune. Il a pour but d'appréhender les sentiments d'insécurité de la population, de connaître le pourcentage de victimes et de dresser l'inventaire des attentes du public.
Après dépouillement, une séance générale d'information est mise sur pied. A cette occasion, la police cantonale explique son rôle, décrit ses tâches générales et particulières et présente les moyens mis en œuvre.
Elle fait le point sur la criminalité relevée dans la commune concernée au cours des dernières années, explique la façon d'agir des malfaiteurs et incite le public à se prémunir contre les criminels au moyen de protections actives ou passives.
Le territoire communal est divisé en secteurs. Sur la base des questionnaires rentrés et des personnes intéressées, un ou deux responsables appelés "correspondants" sont nommés dans chaque secteur (quartier). Ces personnes font le lien entre les autorités de police (gendarmerie ou police municipale) et les habitants du quartier, appelés "partenaires". Ils constituent la base de la pyramide.
Comment se protéger ?
La police connaît le profil des voleurs ! De par son travail quotidien, les investigations qu'elle entreprend dans la recherche et l'identification des malfaiteurs, la police connaît leur façon d'agir. Les moyens qu'ils utilisent et les trucs qu'ils déploient en vue de parvenir à leurs fins n'ont plus de secret pour elle.
Fort de son expérience, elle peut mettre en garde le public et suggérer la prise de mesures concrètes, l'utilisation de moyens de protection efficaces ou de matériels de sécurité adaptés.
Faut-il informer la police ?
Il peut paraître étonnant que bien des gens hésitent à faire appel à la police pour signaler une activité suspecte dans leur entourage. Les raisons en sont multiples :
- peur de s'engager, de déranger
- gêne de se faire connaître
- impression de devenir un délateur
- sentiment d'avoir l'air ridicule ou de paraître trop méfiant.
Faire tomber les réticences à composer le 117 ou le 112 en cas de réel besoin ou de danger imminent est une démarche essentielle de la surveillance mutuelle (appel gratuit).
Comment se développe l'expérience ?
L'usage a démontré que les citoyens et citoyennes d'une région écumée par des cambrioleurs adhéraient en bloc au concept. L'enthousiasme initial passé, nous avons constaté que le niveau d'adhésion perdait de sa vigueur première. Cette usure naturelle s'explique de plusieurs façons :
- la criminalité stagne ou baisse : l'utilité de poursuivre la surveillance s'estompe
- le mouvement naturel des déménagements provoque des défections
- les nouveaux arrivés dans la commune ne sont pas contactés ou renseignés
- le cycle des rencontres entre adhérents s'espace, puis disparaît.
C'est la raison pour laquelle la police (cantonale et communale) a mis en place un lien permanent assuré par la diffusion mensuelle d'un bulletin d'information appelé la feuille du correspondant. Celle-ci regroupe non seulement la chronique des infractions commises au niveau local et/ou régional. L'évolution générale de la criminalité dans le canton peut-être consultée en ligne. La pérennité de l'action de surveillance mutuelle est également entretenue par des réunions informelles. Provoquées par les adhérents au concept (correspondants, partenaires ou policiers), elles renforcent le lien initial et apportent une résolution communautaire à nombre de problèmes soulevés.
Par ailleurs, une association fondée en 1997, le Club SMHab, a pour mission de nouer des liens entre membres du concept, d'organiser des visites et autres voyages d'études. Pour tout renseignement concernant le Club, s'adresse au gérant de la sécurité de votre région
Aide mémoire du responsable de quartier
Police urgence 117 ou 112
Annoncez-vous toujours comme membre de la SMHab = code bleu
Documents à télécharger et/ou imprimer
- La monnaie plastique [pdf 147 Ko]
- Surveillance mutuelle des habitations [pdf 650 Ko]
- Attention aux cambrioleurs du crépuscule [pdf 50 Ko]
- Engins assimilés à des véhicules sur la route [pdf 488 Ko]
- Affiche : "Attention aux voleurs!"
Principes de base
Comment le concept est-il implanté ?
Comment se développe l'expérience ?
Aide-mémoire du responsable de quartier
Police urgence 117 ou 112


