Lutte contre les phytosanitaires dans les rivières

Contrôles dans les rivières

Depuis une quinzaine d’années, la DGE analyse régulièrement les concentrations en produits phytosanitaires dans les cours d’eau vaudois. Les résultats sont parfois préoccupants, la concentration de certains d’entre eux dépassant largement la valeur limite fixée dans la législation fédérale (100 nanogrammes par litre et par substance). Ce sont principalement les herbicides qui posent problème. Leur mode d’application (directement sur le sol) et la stabilité chimique (rémanence) de certaines substances sont les causes principales de leur transfert dans les eaux.

Résultats d’analyses chimiques

Les rivières auscultées ont fait l'objet de trois à huit prélèvements annuels. Excepté quelques études ponctuelles, des échantillons cumulés sur 24 heures sont prélevés généralement une fois par mois, entre mars et octobre, durant les périodes de traitement des cultures. Les prélèvements sont effectués à proximité de l'embouchure, où ils intègrent tous les rejets directs et indirects du bassin versant.

Des pesticides sont détectés dans tous les cours d’eau analysés. Certaines substances le sont relativement fréquemment, l'Atrazine présentant jusqu’à 74% de détections positives. Le seuil légal de 100 ng/l par substance a été dépassé au moins une fois dans tous les cours d’eau étudiés, sauf dans l’Orbe à la Frontière, la Lutrive à Lutry et la Paudèze à Pully.

Pour plus de détail, se référer aux rapports de l'ex SESA sur les  "Pesticides dans les cours d’eau vaudois en 2002, 2003 et 2004 (pdf, 2.1 Mo)" et 2005-2010.

Conséquences pour la microfaune

La petite faune vivant sur le fond des cours d'eau (faune benthique) est également influencée par une exposition à des produits phytosanitaires présents dans les eaux. Certains produits sont directement toxiques pour les organismes et d'autres peuvent agir sur leur cycle de vie.

Programme de lutte

Un projet pilote de réduction des concentrations en produits phytosanitaires a été initié dans le Boiron de Morges en 2005 avec l’appui de la Confédération. Il a pour objectifs de restaurer la qualité chimique et biologique du Boiron et de développer une stratégie de lutte applicable aux autres cours d’eau menacés en Suisse.

Les deux premières phases (2005-2016) ont permis, grâce à la participation de la moitié des agriculteurs du bassin-versant, de restaurer la qualité du cours d’eau sur les 2/3 de son tracé. Dans la partie aval, la qualité des eaux s'est également améliorée,  quoique dans une moindre mesure. Une troisième phase de 6 ans est en conséquence en cours (2017-2022), afin de consolider les résultats obtenus et d'atteindre les objectifs de qualité jusqu'à l'embouchure dans le Léman.

 

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