Point séance

Séance du Grand Conseil du mardi 15 février 2022, point 30 de l'ordre du jour

Texte déposé

Deux études réalisées récemment par les villes de Genève et Lausanne montrent qu’il existe encore des inégalités femmes – hommes dans le domaine du sport.

 

L’étude lausannoise, publiée en mai 2021, révèle un déséquilibre à différents niveaux : gouvernance, financement des clubs et associations, sport collectif d’élite et utilisation des salles et terrains de sport publics et constate que ces inégalités sont particulièrement marquées dans le domaine de la gouvernance et des financements.

 

Elle montre que :

  • 72 % du personnel du Service des sports est de sexe masculin et que les femmes sont largement sous-représentées, en particulier dans les fonctions de cadre avec seulement une femme sur les neuf postes au total ;
  • 77 % des membres des associations et clubs sportifs lausannois (env. 32’000 licencié·e·s) sont des garçons et des hommes contre 28 % de filles et de femmes ;
  • le subventionnement est accordé quasi-exclusivement aux associations et clubs sportifs, et que la forte présence des garçons et des hommes dans ces organisations a pour conséquence qu’ils bénéficient de :
    • 69 % des ressources allouées aux associations et clubs sportifs ;
    • 93 % des terrains de sports et 60 % des salles omnisports gérés par le Service des sports ;
    • 96 % du montant des subventions octroyées aux associations et clubs sportifs pour le sport d’élite en équipe.

 

Les auteur.e.s de l’étude estiment toutefois qu'il convient de nuancer ce tableau, car certains programmes d’activités physiques et plusieurs manifestations sportives connaissent une forte représentation féminine, et il y a de nombreuses athlètes d’élite individuelles qui sont soutenues.

 

Le rapport présente les pistes d’amélioration suivantes :

  1. Œuvrer pour une gouvernance égalitaire dans les instances dirigeantes du sport en favorisant une représentation paritaire des sexes et en développant des indicateurs de l’égalité afin de suivre l’évolution des effets des mesures préconisées dans ce rapport ;
  2. Viser une répartition financière égalitaire, que ce soit en rééquilibrant les soutiens financiers au travers d’allocation de subventions aux associations et clubs sportifs et en soutenant des initiatives visant à la promotion de la pratique sportive auprès des femmes hors des structures organisées ;
  3. Développer la pratique sportive des femmes, que ce soit en encourageant leur participation au sein des structures organisées ou en soutenant la pratique actuelle dans des structures privées ou de façon autonome ;
  4. Sensibiliser les différents acteur·trice·s à l’égalité entre les sexes dans le sport en déconstruisant les stéréotypes de genre pour bâtir une société sensibilisée à ces questions et respectueuse des différences femmes-hommes.

 

Au vu de ce qui précède, j'ai l’honneur de demander au CE d’effectuer une analyse sensible au genre de sa politique du sport, notamment en :

  • incitant les instances dirigeantes du sport à viser une gouvernance plus égalitaire (p. ex. en majorant la subvention pour les organisations qui respectent la parité au sein de leur comité, en introduisant des conditions liées aux diverses aides attribuées, aux fonds, etc.) ;
  • augmentant les subventions attribuées au sport féminin afin de viser une répartition financière égalitaire, ce qui implique notamment la mise en place de statistiques idoines permettant  de suivre cette répartition ;
  • renforçant la médiatisation du sport féminin afin d’en accroitre sa visibilité au sein de la société ;
  • favorisant la formation des femmes pour les postes d’encadrement sportif (p. ex. incitatifs auprès des clubs pour les formations J+S ou les formations type CAS, voire même Swiss Olympic) ;
  • intégrant les spécificités du sport féminin dans les cursus de formation dispensés sous l’égide du SEPS.

 

Je remercie le CE pour la mise en place de nouveaux objectifs dans le domaine du sport afin de réduire les inégalités existant entre les femmes et les hommes dans le domaine du sport.

Conclusion

Renvoi à une commission avec au moins 20 signatures

Liste exhaustive des cosignataires

SignataireParti
Valérie InduniSOC
Jean-Claude GlardonSOC
Christine ChevalleyPLR
Sylvie Pittet BlanchetteSOC
Jean TschoppSOC
Muriel Cuendet SchmidtSOC
Isabelle FreymondSOC
Marc VuilleumierEP
Léonard Studer
Eliane DesarzensSOC
Anne-Sophie BetschartSOC
Olivier Epars
Jean-Louis RadiceV'L
Vincent JaquesSOC
Carine CarvalhoSOC
Elodie LopezEP
Hadrien BuclinEP
Yves PaccaudSOC
Delphine ProbstSOC
Sébastien PedroliSOC
Amélie CherbuinSOC
Julien EggenbergerSOC
Stéphane MontangeroSOC
Salvatore GuarnaSOC
Cendrine CachemailleSOC
Céline MisiegoEP
Claire Attinger DoepperSOC
Denis CorbozSOC
Sergei AschwandenPLR
Florence Bettschart-NarbelPLR
Alice GenoudVER
Alexandre DémétriadèsSOC
Stéphane BaletSOC
Cédric EchenardSOC
Graziella SchallerV'L

Documents

RC - 21_POS_31

21_POS_31-Texte déposé

Présentation Mme Froidevaux_Sport et femmes_111021

Transcriptions

Visionner le débat de ce point à l'ordre du jour
M. Sébastien Cala (SOC) — Rapporteur-trice

La commission traitant du postulat de notre collègue Muriel Thalmann s’est réunie le 11 octobre dernier. En préambule aux travaux de la commission, nous avons pu assister à une présentation de Mme Solène Froidevaux ­­– docteure en sociologie, spécialiste des questions de sport et genre. Le rapport reprend les détails du propos de Mme Froidevaux que je résumerai ici brièvement en quelques points. Les inégalités entre les hommes et les femmes par rapport aux activités physiques et sportives sont persistantes, que ce soit au niveau de la représentation féminine au sein des instances ou du Service du sport, au niveau de la pratique en club qui est essentiellement masculine, au niveau de l’utilisation des infrastructures qui est également essentiellement masculine, ou encore au niveau de la médiatisation du sport.

Mme Froidevaux a émis quelques propositions pour remédier à ces problématiques. Parmi ces dernières, il y a notamment la mise en place d’un plan d’action avec des objectifs réalisables et vérifiables, ou encore une bonne coordination entre les différents organes gouvernementaux et non gouvernementaux liés au sport. En fin de présentation, Mme Froidevaux a rappelé l’ouverture par le canton de Vaud, l’Université de Lausanne, la Ville de Lausanne et l’UNESCO de l’Observatoire mondial pour les femmes, le sport, l’éducation physique et l’activité physique. Les discussions au sein de la commission sont vite orientées sur les mesures mises en place par le Conseil d’Etat. A ce stade, à l’exception de l’Observatoire mondial précédemment cité, et d’un module de formation pour les dirigeantes et dirigeants sportifs vaudois, il s’agit de mesures de l’ordre du symbole, notamment en soutenant de manière particulière des compétitions sportives féminines internationales ou en promouvant des femmes à des postes d’importance dans le sport. Il a par ailleurs été rappelé que, à la suite d’une décision du Conseil fédéral, Swiss Olympic a pour l’obligation d’avoir à moyen terme 40 % de femmes dans les fonctions dirigeantes au sein de ses comités, sous peine d’impact sur le versement des subventions. M. le Conseiller d’Etat s’est dit ouvert à la mise en place d’un programme destiné à la promotion d’égalité entre femmes et hommes dans le sport et considère que la thématique mérite que les efforts mis en place soient poursuivis. La commission vous propose donc de renvoyer ce postulat au Conseil d’État par 4 voix et 3 abstentions.

Mme Laurence Cretegny (PLR) — Président-e

La discussion est ouverte.

Mme Muriel Thalmann (SOC) —

Les chiffres sont têtus : les différentes études réalisées dans différentes villes le montrent, les inégalités persistent dans le domaine du sport. Elles se retrouvent au niveau de la gouvernance, au niveau des subventions et des moyens financiers attribués, au niveau de l’accessibilité des infrastructures, ou dans le cadre de la médiatisation des sports. Ces études montrent qu’il est possible d’améliorer cette situation et que le canton peut agir à son niveau. En effet, le rapport conclut, je cite : « M. le Chef de service a souligné que la réflexion concernant la thématique abordée dans le postulat est à peine initiée et qu’il y a passablement à faire dans ce domaine, cela d’autant plus qu’à l’exception de la Ville de Lausanne, peu de mesures concrètes ont été prises dans le Canton. » Je vous invite donc à renvoyer ce postulat au Conseil d’Etat et à suivre la prise de position de M. le conseiller d’Etat, Leuba.

Mme Laurence Cretegny (PLR) — Président-e

La discussion est close.

Le Grand Conseil prend le postulat en considération avec quelques avis contraires et abstentions.

Retour à l'ordre du jour

Partager la page

Partager sur :