Règles de féminisation des substantifs

 D'après : "Ecrire les genres" Guide romand d'aide à la rédaction administrative
et législative épicène  
 

Les règles de féminisation romandes sont incluses dans les grammaires françaises ; elles sont les suivantes :

a. Les dénominations passent de —TEUR en —TRICE lorsque la racine remonte à un substantif se terminant par —TE, —TION, —TURE ou par —TORAT, ou encore lorsqu’il s’agit d’une transposition directe du latin. En général, ce sont des mots de formation savante dont on ne peut tirer de participe présent en changeant —TEUR en —ANT : administrateur passe à administratrice parce que la racine remonte à administration ; auteur passe à autrice par transposition directe du latin qui fut à l’origine une transcription concurrentielle d’acteur, actrice ; collaborateur passe à collaboratrice parce que la racine remonte à collaboration ; recteur passe à rectrice par transposition directe du latin ; scrutateur passe à scrutatrice.

b. Les dénominations passent de —EUR en —EUSE lorsque la racine remonte à un verbe. On peut alors en tirer des participes présents en remplaçant —EUR par —ANT (chanteur, chantant). Cette règle s’applique également lorsqu’il s’agit d’une transposition d’un terme d’origine anglaise ; assesseur passe à assesseuse ; chauffeur passe à chauffeuse ; entraîneur passe à entraîneuse ; footballeur passe à footballeuse ; rapporteur passe à rapporteuse ; sapeur passe à sapeuse.

c. Les dénomination passent de —EUR en —EURE lorsque la racine remonte à un substantif se terminant en —EUR et exprimant étymologiquement une comparaison, ou lorsqu’il n’existe pas de racine directement sous la forme d’un substantif, ou encore lorsque la racine remonte à un substantif se terminant par —SSION, ou que l’usage a imposé le terme : ingénieur passe à ingénieure ; procureur passe à procureure ; professeur passe à professeure ; proviseur passe à proviseure.

d. Les dénominations épicènes, comme leur nom l’indique, restent invariables, le déterminant seul devenant féminin, lorsque la racine remonte à un substantif se terminant par un E muet : un ou une cinéaste ; un ou une fleuriste ; un ou une médecin.

e. Les dénominations se terminent en —ESSE lorsque le suffixe remonte au latin et est issu du suffixe grec —ISSA : maître devient maîtresse ; poète devient poétesse.

f. Les dénominations prennent un E final, avec dédoublement éventuel de la consonne qui précède pour les mots se terminant en —el ou en —eau ou encore les mots se terminant par —en, —on, —at. Les mots se terminant par —er prennent un accent grave au féminin. Le remplacement d’un F se fait par un V ou celui d’un X par un S : assistant devient assistante; avocat devient avocate; berger devient bergère; boulanger devient boulangère; candidat devient candidate; collégien devient collégienne; colonel devient colonelle; commis devient commise; écolier devient écolière; écrivain devient écrivaine; époux devient épouse; intendant devient intendante; préfet devient préfète; sportif devient sportive; Valaisan devient Valaisanne. La règle permettant de doubler la consonne, le vocable chef passe à cheffe pour des raisons d’euphonie, on calque donc le substantif sur le vocable chefferie.

g· Les substantifs sont remplacés directement par leur équivalent féminin ou masculin lorsqu’ils désignent explicitement la personne d’un sexe donné : homme-grenouille devient femme-grenouille ; prud’homme devient prud’femme.

h. La dénomination féminine ou masculine de la profession est remplacée par une dénomination féminine ou masculine d’une autre racine aussi approchée que possible lorsqu’une dénomination féminine ou masculine de même racine n’existe pas, a un autre sens, ou est tombée en désuétude : gouvernante donne gouvernant, mais on dira plutôt intendant et intendante ; moine devient moniale.

i. Les titres, grades ou fonctions électives suivent en général les règles énoncées plus haut ; dans certains cas, cette féminisation peut obéir à d’autres règles instaurées par l’usage ou par des prescriptions légales : agrégé devient agrégée ; confrère devient consoeur député devient députée ; maire devient mairesse ; préfet devient préfète.

j. Les termes étrangers suivent les règles de féminisation de la langue d’origine pour autant que ces termes n’aient pas été francisés : barman devient barmaid ; piccolo devient piccola.