La Gazette

n°296
8 juillet 2019

À la une

Concours d’été: ExceptionnELLES

Cet été, La Gazette vous propose un concours autour de personnalités féminines ayant marqué le canton de Vaud. Sur la base d’énigmes, retrouvez qui sont ces femmes et photographiez-vous sur un lieu les symbolisant qu’il vous faudra aussi découvrir.

L’équipe de La Gazette a sélectionné 15 femmes, parfois méconnues, qui ont contribué au patrimoine vaudois, que ce soit d’un point de vue historique, artistique ou d’une toute autre nature. L’objectif est de les identifier grâce à des indices biographiques.

Une fois leur identité décelée, il vous faudra suivre la consigne indiquant où vous rendre pour vous y photographier. Les lieux choisis ont respectivement tous un lien avec leur protagoniste mais demandent eux aussi à être démasqués. La consigne peut par ailleurs s’avérer complémentaire à la question biographique et donner un élément d’information additionnel.

Les lieux, répartis dans tout le canton, se situent dans des cadres variés. Une fois sur place, profitez-en pour faire une visite, une balade ou explorer les environs.

Pour prendre part au concours, il est possible de résoudre une ou plusieurs énigmes, photo(s) à l’appui. Le délai de participation est fixé à dimanche 1er septembre à minuit.

En espérant que vous prendrez beaucoup de plaisir à participer, nous vous souhaitons bonne chance et un très bel été!

L’équipe de La Gazette

> Télécharger la feuille de route du concours avec les questions et consignes (PDF)

Comment participer?

  • Téléchargez la feuille de route du concours avec les questions et consignes (PDF).
  • Tentez de deviner l’identité des femmes sélectionnées.
  • Rendez-vous au lieu indiqué par la consigne, une fois cette dernière déchiffrée, pour vous y photographier (à l’exception d’un cas pour lequel une autre photo est demandée).
  • Envoyez les photos au fur et à mesure de leur réalisation à info.gazette@vd.ch.
    en indiquant de quelle femme il s’agit. N’oubliez pas de préciser vos nom et prénom, ainsi que l'entité de l'État à laquelle vous êtes rattaché.
  • Les images ne seront pas publiées. Elles serviront uniquement à vérifier la participation au concours.

Conditions de participation

  • Les gagnants seront celles et ceux qui auront envoyé le plus de noms de femmes corrects avec la photo associée. En cas d’égalité, ils seront départagés par tirage au sort.
  • Seuls les employé-e-s de l'État (au sein de l'administration, du CHUV, d'un établissement scolaire, de l'UNIL et de la Police cantonale) seront récompensés.
  • Délai de participation: dimanche 1er septembre, minuit.

Pour toute question, vous pouvez écrire à info.gazette@vd.ch (avec pour objet la mention «ExceptionnELLES»).

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Actualités

Fête des Vignerons: le canton de Vaud fermera le bal

Dimanche 11 août, le canton de Vaud sera hôte d’honneur de la Fête des Vignerons. Cet événement clôturera un mois de festivités, puisqu’il s’agit du dernier jour de la Fête. Il reste encore des billets pour cette ultime représentation. L'après-midi et le soir, toute une palette d’activités seront proposées pour les petits et les grands.

La dernière représentation du spectacle de la Fête des Vignerons 2019 aura lieu à 11h le 11 août. Pour la suite de la journée, le Conseil d’État vaudois a choisi de montrer le canton comme un pays de contrastes et d’inclusion, qui cultive le «vivre ensemble» et propice à l’innovation.

Après-midi festif

De 14h à 20h30, les quatre scènes installées à Vevey accueilleront des artistes du cru. La programmation a été faite en collaboration avec la Fête de la Musique de Lausanne.

La scène de l’aviron proposera des musiques actuelles, avec entre autres Billie Bird, Arma Jackson et Broken Bridge. Au Jardin Doret, des démonstrations et animations seront dédiées aux enfants: les écoles de cirque de Lausanne et Yverdon, une troupe de hip hop et une troupe d’improvisation seront présentes. Un bal populaire invitera à danser sur la scène du monde, entre jazz manouche et swing. Enfin, des happenings de 15 minutes se succéderont tout l’après-midi dans le jardin du Rivage. Ouinch ouinch, un collectif de quatre danseurs diplômés de la Manufacture, proposera des performances de voguing (un style de danse urbaine né dans les années 70). Les Majesticks Drum Corps et l’étonnant brass band hip hop Brassmaster Flash assureront aussi le spectacle.

Le mot de la fin en apothéose

Dès 17h, la grande parade vaudoise fera le tour de Vevey, jusque vers 18h30. Elle sera composée de quelque 700 participants de groupes représentatifs de la diversité du canton. Sous la direction de la Haute École de Musique (HEMU), elle réunira entre autres des fanfares traditionnelles, des sonneurs de cloches, un brass band hip hop et des écoles de cirques.

Finalement, à 21h21, sonnera l’heure du bouquet final qui se déroulera sur le lac, le long du quai Perdonnet. Une chorégraphie détonante entre feux d’artifices, percussions et ballets clora cette manifestation en beauté.

> «Journée vaudoise de la Fête des Vignerons». Événement à Vevey, le 11 août, dès 11h. Entrée libre l’après-midi et le soir

> Réserver des places pour le spectacle de la Fête des Vignerons du 11 août à 11h (de 80 fr. 90 à 360 fr. 90)

> Toutes les infos sur la journée vaudoise

> www.fetedesvignerons.ch

Les costumes de la Fête des Vignerons 2019: un Étourneau, une Cent pour Cent et une Fourmi| F. Merz/Lundi13.ch/Fête des Vignerons

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La valse des diplômes

Ces jours, des milliers de jeunes reçoivent leur certif’, matu’, CFC et autres titres. Ce moment marquant est l’aboutissement de plusieurs années de dur labeur. Mais que se passe-t-il de l’autre côté du rideau? Entre la fin des examens et la remise des diplômes, en seulement quelques jours, il faut imprimer des milliers de documents. Plongée dans l’atelier de confection des diplômes vaudois.

Les pochettes et papiers des diplômes vaudois sont fournis par la Division achats et logistique de l'État, sauf pour les CFC et les attestations fédérales de formation professionnelle (AFP) | F. Amitrano/BIC

En ce début de mois de juillet, plus de 6000 CFC, 2500 certificats de maturité et 8000 certificats de fin d’études sont délivrés. Mis en regard du temps à disposition pour tout imprimer, ces chiffres donnent le tournis. Au Gymnase de Burier par exemple, les résultats ont été connus jeudi 27 juin, la conférence des maîtres se réunissait lundi 1er juillet pour statuer sur les succès et échecs des élèves et tout devait être prêt pour les promotions, jeudi 4 juillet. Si l’annonce des résultats marque la plupart du temps le début des vacances pour les jeunes, au sein des établissements, la pression ne se relâche pas.

«C’est une période très chargée, explique Mireille Perrin, directrice de l’Établissement primaire et secondaire de Crissier. Tout se concentre sur une période très courte!» Car en plus de boucler les examens et l’année, les directions préparent déjà la rentrée suivante et font la répartition des classes. «Entre temps, je dois aussi écrire mon discours pour les promotions!», glisse-t-elle avec philosophie.

Des documents commandés par milliers

Alors que l'activité atteint son pic à la fin du mois de juin, la Direction achats et logistique de l’État de Vaud (DAL), qui approvisionne les 92 établissements scolaires et 11 gymnases vaudois et le Gymnase intercantonal de la Broye, est à pied d’œuvre déjà en début d’année civile. «Les écoles ont une consommation annuelle de 6500 étuis de certificats et 500 étuis d’attestations de fin de scolarité», calcule Yves Croisier, responsable des achats de fournitures scolaires à la DAL. Certes, c’est «peu» par rapport aux 90'000 agendas nécessaires chaque année, mais les chiffres restent impressionnants.

L’entreprise spécialisée dans le soudage du plastique qui fournit les fameuses pochettes vertes des certif’s et des livrets scolaires est basée à Nyon. Ces étuis n’ont quasiment pas changé depuis des décennies, souligne l’acheteur. À l’exception de quelques fourres plastiques ajoutées dans les livrets scolaires, car depuis l’entrée en vigueur de la Loi sur l’enseignement obligatoire (LEO) en 2013, le nombre maximal de bulletins qui peuvent y figurer a augmenté.

Le papier filigrané, où l’on discerne en transparence l’écusson du canton pour marquer l’officialité de ces documents, est commandé par tonne pour plusieurs années. Tout l’art de l’équipe logistique consiste à acheter ces fournitures au plus juste, pour ne pas jeter des stocks trop importants si quelque chose change l’année suivante.

Un pour tous et tous pour un

Tandis que les établissements de la scolarité obligatoire gèrent chacun leurs stocks, les gymnases vaudois ont décidé d’unir leurs forces. Depuis des années, c’est le Gymnase de Burier qui commande les fournitures liées aux examens et aux titres pour tous les établissements vaudois. En mars, la directrice Agnès-Valérie Bessis a commandé 3270 papiers filigranés pour les certificats de maturité, 1950 pour les certificats de culture générale et 285 pour les CFC d'employés de commerce et les maturités professionnelles en orientation économie. La DAL envoie ces fournitures à chaque établissement. À Burier et dans tous les gymnases, ces documents, d’abord vierges, puis complétés, sont conservés dans des coffres très sécurisés. «Nous sommes très attentifs à garder ces titres en sécurité», souligne la directrice.

La pochette et le papier des CFC et attestations fédérales de formation professionnelle (AFP) sont quant à eux fournis par la Confédération. L’impression de ces certificats et attestations est centralisée à la Direction générale de l’enseignement postobligatoire, rue Saint-Martin à Lausanne. «Entre mi-juin et la première semaine de juillet, le travail tombe en masse», explique Jean-Pierre Delacrétaz, adjoint à l’Office de la formation professionnelle. Ces titres sont imprimés pour plus de 200 métiers différents. «Nous avons des renforts pour l’impression et la mise sous pli». Là aussi, ces documents sont conservés avec grand soin, car il existe un marché noir de faux CFC. Quand de tels documents sont identifiés, souvent sur un doute d’un futur employeur, ils sont systématiquement dénoncés, explique le chef adjoint.

Pic de fréquentation

Au niveau de la scolarité obligatoire, dès que les examens sont terminés, les enseignantes et enseignants saisissent les notes des écrits et des oraux dans le logiciel NEO (pour notes de l’enseignement obligatoire), où les résultats sont enregistrés tout au long de l’année. Cet outil calcule les moyennes et, après validation, les bulletins, certificats de fin d’études et attestations de fin de scolarité sont générés au format PDF.

NEO est un véritable tableau de bord de l’enseignement obligatoire et des 71’741 élèves (au 26 juin) qui reçoivent des notes ou des appréciations, c’est-à-dire entre la 3e et la 12e, explique David Tenthorey, en charge des projets informatiques pour l'enseignement obligatoire. Un record a même été battu en juin: près de 105'000 évaluations ont été saisies le même jour par les enseignants du canton dans le logiciel.

Lors de la mise en place du système, un des défis a été de pouvoir générer toutes les variantes possibles des bulletins ou du certificat et de son annexe, explique Philippe Linder de la Direction pédagogique. Les élèves suivent certains enseignements dans des niveaux différents, peuvent prendre des options ou des cours facultatifs. Si bien qu’ajouter quelques mots supplémentaires au bulletin, au certificat ou à son annexe, qui doivent chacun rentrer sur une page A5, n'est pas un exercice anodin et doit être anticipé.

Au-delà du papier, l’humain

Entre l’annonce des résultats et les promotions, les secrétariats travaillent d’arrache-pied. Les secrétaires préparent des enveloppes pour chaque élève contenant leur titre, attestation et prix avec minutie. Au Gymnase de Burier – un grand établissement –, plus de 330 maturités et 140 certificats de culture générale ont été imprimés en deux jours. «Cela ne paraît pas si long, mais c’est un moment très délicat», souligne Agnès-Valérie Bessis. «C’est une période extrêmement intense de contrôle pour les doyennes, les doyens et moi-même, car nous devons transmettre à nos élèves des résultats conformes à leurs résultats.» Dernière touche: les directrices et directeurs prennent leur plume pour signer à la main tous les diplômes.

Finalement, arrive la cérémonie des promotions, un moment spécial. Car au-delà du papier, c’est surtout la remise du titre sur scène, devant les parents, profs et camarades, qui marque. «Dans ma fonction de directrice, je ne suis pas aussi souvent au contact des élèves que je le souhaiterais, raconte Mireille Perrin, de Crissier. Quand je le suis, c’est souvent dans des circonstances peu agréables et rarement pour les féliciter. Aux promotions, c’est chouette de les regarder sur scène, de leur serrer la main. Je sais le travail que certains ont fourni pour être là. Il y a de l’émotion». La directrice de Burier est également marquée par l’émotion de ce moment très humain, «qui signifie que ces jeunes ont bien travaillé et que l'institution scolaire a rempli sa mission.» (mm)

Un processus sécurisé à l’UNIL

À l’UNIL, la validation des grades s’effectue en trois temps. Cela permet de garantir l’exactitude des données et de sécuriser le processus. La faculté introduit dans le système informatique les résultats de l’étudiant, qui doit alors faire une demande informatique pour que son diplôme soit imprimé. Le bureau des immatriculations vérifie ensuite les données du diplômé. Enfin, le bureau des grades valide l’ensemble. «Chaque niveau de validation est réalisée par le service qui a les compétences pour», explique Mahassine Rahmou, du Bureau des grades de l’UNIL. C’est important pour l’université que les étudiants, après tout le travail qu’ils ont fourni, obtiennent un diplôme correct.»

Les titres sont imprimés sur un papier sécurisé. De manière générale, l’UNIL n’est pas confrontée à des problèmes de faux. Un employeur ou une université qui souhaitent vérifier la validité d’un diplôme de l’UNIL peuvent obtenir cette information grâce à un formulaire auprès du bureau des immatriculations. La demande ne peut être faite qu’avec l’autorisation de la personne ayant obtenu le diplôme.

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Félicitations à nos diplômées et diplômés!

Cette année, ils et elles sont 175 à avoir obtenu leur Certificat fédéral de capacité (CFC), leur attestation fédérale de formation professionnelle (AFP) ou leur maturité professionnelle intégrée au sein de l'administration cantonale. Le CHUV compte 74 diplômés et l'Université de Lausanne 8. Félicitations à toutes et tous et bon vent pour la suite!

skarin/Adobe stock

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Un apprentissage inédit réussi avec brio

Aurélie Asshocko a fait ce que personne n’avait encore jamais fait à l’État de Vaud: achever un apprentissage d’agente relation client au sein d’une administration publique, plus précisément à la Direction générale de la fiscalité. Malgré l’exigence du programme, elle conclut ce chapitre avec succès. Elle continue d’ailleurs cette aventure en tant que collaboratrice.

Aurélie Asshocko répond aux questions des contribuables à l'aide de son casque joliment personnalisé | F. Amitrano/BIC

C’est dans un imposant immeuble des années 2000 que sont situés les bureaux de l’Administration cantonale des impôts (ACI). D’apparence plutôt austère, l’édifice contraste grandement avec Aurélie Asshocko, souriante et chaleureuse, qui nous reçoit pour échanger sur son parcours hors du commun.

Cette Lausannoise de 28 ans décide très jeune de se lancer dans le monde du travail. Après plusieurs années dans la vente, elle fait le choix de se réorienter et d’obtenir un CFC. «Je voulais changer de vie. En consultant le site d’orientation professionnelle, je suis tombée par hasard sur l’apprentissage d’agente relation client, dont le rôle principal est de délivrer des informations et répondre aux requêtes du public de façon personnalisée, raconte-t-elle. J’ai pris contact avec une conseillère et nous avons discuté de mes expériences passées en tant que sondeuse téléphonique. Je suis arrivée à la conclusion que cet apprentissage était fait pour moi.» C’est auprès du centre d’appels téléphoniques (CAT) de l’Administration cantonale des impôts que se concrétisera ce nouveau départ.

«Ce n’est pas pour rien qu’on appelle cela un apprentissage»

Assez vite, la jeune femme se rend compte que le programme d’apprentissage demande non seulement de l’intérêt, mais également une grande rigueur. Durant son cursus, elle a travaillé à l’amélioration de son anglais et de son allemand, au travers notamment de séjours linguistiques et d’examens de niveau. Dans ce métier, la connaissance de langues étrangères est utile, le public cible n’étant pas toujours francophone.

La formation, dispensée à Bienne, exige également un excellent niveau d’allemand, seconde langue nationale mise en pratique en plus du français. Le domaine de la fiscalité, complexe par nature, ajoute un niveau supplémentaire de difficulté. Aurélie Asshocko confie avoir eu besoin d’une année pour adopter le jargon spécifique et atteindre l’objectif de résoudre plus de 80% des demandes dès le premier contact. «Il a fallu s’accrocher: ce n’est pas pour rien qu’on appelle cela un apprentissage, relève-t-elle. L’avantage, c’est que l’on a un réel métier et qu’à partir de là on peut pousser encore plus loin, aller dans des classes supérieures ou gravir les échelons au sein de l’entreprise pour devenir responsable de secteurs importants.»

L'art de communiquer

Aurélie Asshocko est ravie de son quotidien au sein de l’administration fiscale. «Le but est de trouver des solutions. Il est donc très important de comprendre et déterminer ce que l’on nous dit et ne pas se baser sur des impressions». L’écoute active et l’empathie font partie du quotidien de l’agente relation client. «On ne va pas parler de la même manière selon qu'il y a une réclamation, une information au contribuable ou une fidélisation à l’usage d’une e-prestation par exemple», poursuit Aurélie Asshocko.

Un futur aux possibilités multiples

Son apprentissage bientôt terminé et réussi avec succès, Aurélie Asshocko va désormais poursuivre son activité en tant que collaboratrice. «Cela nous arrive de prolonger un engagement professionnel avec nos apprentis», indique Monique Grin, directrice de la division administrative de la Direction générale de la fiscalité. Elle relève l’engagement exceptionnel d’Aurélie Asshocko et l’investissement des collaborateurs et des cadres du CAT pour initier et mener cette formation.

La nouvelle diplômée aura notamment pour mission de contribuer à la formation des apprentis suivant la même voie. «Former d’autres personnes m’intéresse. Et comme on dit, l’élève fait le maître. Donc je vais peut-être moi-même apprendre beaucoup de choses!», dit-elle enthousiaste. Quant à savoir ce qu’elle se voit faire à plus long terme, c’est dans la communication qu’elle désire évoluer. «J’aime ça depuis toute petite. Déjà, j’aime parler, je parle beaucoup», déclare-t-elle en riant. Aurélie Asshocko semble sereine quant à son futur. «On ne sait pas de quoi l’avenir est fait. Je ne savais pas que je serais là il y a cinq ans!» (om)

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Témoignages: au bord des routes, leurs vies sont en jeu

Le danger est le lot quotidien des 331 employés d’entretien de la Direction générale de la mobilité et des routes. Dans le cadre de la campagne sécurité 2019, ils témoignent, face caméra. Le but est de sensibiliser les automobilistes aux risques qu'ils encourent en travaillant aux abords des routes et les rendre attentifs à leur sécurité.

«Nous commençons le travail et là… c’est le rideau noir» – «En l’espace de deux secondes, j’ai tout de suite compris que quelque chose de grave se passait» – «Tout s’est arrêté au bord de l’autoroute». En moyenne, deux accidents professionnels liés au trafic surviennent chaque année pour les employés de la Direction générale de la mobilité et des routes (DGMR). Bien que peu nombreux, ils ont souvent des conséquences graves, voire dramatiques, pour les personnes lésées et leur entourage, qui restent à jamais marqués par cet événement.

Dans le cadre de la campagne annuelle de sensibilisation «Respectez notre vie. Nous protégeons la vôtre», trois employés d’entretien et un chef de division se livrent, avec force et sincérité, sur des accidents dont ils ont été victimes ou témoins, aux abords des routes. Ces récits poignants rappellent à quel point la route reste dangereuse pour celles et ceux qui y travaillent.

> Retrouver les quatre témoignages: www.vd.ch/respecteznotrevie

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Reportage

À quoi servent les monnaies locales?

Aujourd’hui, il est possible d’acheter une prestation chez le vétérinaire avec des «Épis» à Échallens ou de payer son café en «Lémans» à Lausanne. Les monnaies locales se multiplient en Suisse romande. Cette année, la région du Pays-d’Enhaut-Gruyère-Saanenland aura sa propre monnaie, la «Grue». La ville de La Chaux-de-Fonds également. Mais quelle peut être leur utilité à une échelle locale comme un canton? L’avis de deux spécialistes.

Christian Arnsperger, professeur en durabilité et anthropologue économique, et Christoph Stamm, sociologue et politologue | F. Amitrano/BIC

Christian Arnsperger est professeur en durabilité et anthropologue économique à l’Université de Lausanne (UNIL). Ancien conseiller scientifique à la Banque alternative suisse (BAS), il est notamment spécialiste des alternatives économiques post-croissance. Sociologue et politologue à l’UNIL, Christoph Stamm est, entre autres, spécialistes des monnaies locales.

Avant toute chose, qu’est une monnaie locale?

Christoph Stamm: Officiellement, ce ne sont pas des monnaies, mais ce qu’on pourrait apparenter à des bons d’achat, puisque seule la Banque nationale suisse a le droit de frapper monnaie, selon la Constitution (art. 99). Néanmoins, en pratique, cela fonctionne comme une véritable monnaie, dont la valeur est équivalente à celle du franc suisse à l’achat, avec laquelle on paie des biens et des services. Sa spécificité est de circuler sur une aire géographique relativement restreinte, qui ne correspond pas nécessairement à un territoire administratif ou politique.

Comment cela fonctionne-t-il?

Christian Arnsperger: Le principe est le suivant: dès lors que des citoyens achètent des biens ou des services avec cette monnaie locale, le commerçant doit trouver des débouchés dans la région. Par exemple, il peut payer en partie ses employés avec cette monnaie ou trouver des fournisseurs qui se situent dans la même région. Cela devient aussi intéressant lorsque les infrastructures locales, les communes, voire les cantons acceptent cette monnaie locale, par exemple pour payer un ticket de bus, une amende ou l’entrée à la piscine municipale.

Pourquoi crée-t-on aujourd’hui des monnaies locales?

CS: Il existe différents buts. L’un des objectifs est de renforcer l’économie locale. Cela engage par exemple à soutenir les petits commerçants et artisans plutôt que d’acheter en ligne. Il y a souvent aussi un objectif environnemental: en créant des circuits plus courts, l’impact écologique pourrait diminuer. Des objectifs sociaux sont également visés: cela crée des liens au sein d’une communauté ou dans une région. Parfois, c’est une roue de secours presque vitale dans le cas d’une crise profonde du système économique et industriel, comme ce fut le cas en Grèce.

La Suisse est souvent citée comme un pays économiquement très stable. Quelle est l’utilité des monnaies locales dans notre région?

CS: Alors que le franc suisse peut sortir du territoire vaudois par exemple, la circulation d’une monnaie locale est limitée géographiquement. Cela permettrait de se focaliser sur des objectifs locaux de solidarité, de développement économique, de lutte contre le chômage ou d’insertion des personnes vulnérables.

CA: Les monnaies locales témoignent d’une envie de se réapproprier de façon démocratique la création, l’utilisation et les objectifs de sa monnaie. Il y a donc un aspect d’éducation et de conscientisation citoyenne aux enjeux de la monnaie et de l’argent.

Quel poids ont ces monnaies en Suisse romande?

CA: Actuellement, il n’y a pas vraiment d’impact mesurable sur les flux économiques. Pour le moment, l’impact est plutôt symbolique et citoyen, mais cela ne veut pas du tout dire qu’il est négligeable.

CS: L’impact peut être réel si l’existence de monnaies locales est associée à d’autres mesures ou politiques territoriales, qui contribuent à dynamiser les régions. (Propos recueillis par ljo)

Quand Vaud frappait monnaie

Pièce de 1 Batz frappée dans le canton de Vaud en 1811 | N. Jacquet/MCAH

S'il ne s’agissait pas de monnaie locale au sens moderne du terme, le canton de Vaud a frappé monnaie, de manière très officielle, au 19e siècle. Suite à l’acte de Médiation imposé par Napoléon en 1803, les cantons suisses récupèrent leur souveraineté et leur autonomie monétaire, auparavant détenues par la République helvétique. Dès 1804, le canton de Vaud nouvellement créé fait usage de son droit de frappe. «Le canton va frapper des monnaies de 40, 20, 10, 5, 1 et 1/2 Batzen et de 2 1/2 et 1 Rappen, explique Nicolas Consiglio, alors conservateur au Musée monétaire cantonal. Tandis que l’atelier de fonte des pièces est installé à l’emplacement de bâtiment du Parlement, l’atelier de frappe est situé dans une salle du château cantonal.» Aujourd’hui, les socles des balanciers sont visibles dans le sol de la «salle des monnaies», l’actuelle cafétéria, protégés par une vitre. En 1825, Vaud s’allie aux cantons d’Argovie, Bâle, Berne, Fribourg et Soleure pour unifier et stabiliser le système monétaire et ainsi faciliter les échanges. En 1850, les monnaies cantonales sont remplacées par le franc suisse. La production est dès lors centralisée à Berne.

Et l’État dans tout ça?

Aujourd’hui, le Canton de Vaud n’est pas actif dans la promotion ou la distribution de monnaies locales sur son territoire. Interpellé au sujet des «Lémans» par la députée Claire Richard, le Conseil d’État a répondu en 2017 qu’il «n’entend pas devenir partie prenante de cette monnaie locale», rappelant que les cantons ont renoncé à toute compétence monétaire en faveur de la Banque nationale suisse. Le gouvernement indiquait toutefois partager des valeurs qui sous-tendent la création du Léman, comme le développement durable et la collaboration transfrontalière. Actuellement, on estime que 160'000 Lémans, soit 160’000 francs, sont en circulation.

En matière fiscale, les contribuables doivent faire figurer dans leur déclaration d’impôt les montants de la monnaie locale en leur possession, au même titre que les crypto-monnaies.

> Lire la réponse du Conseil d’État à l’interpellation de Claire Richard (PDF)

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Brèves

Cherche yeux de lynx pour géocaliser photos anciennes

Aéroport de Lausanne-Blécherette, meeting aérien de 1949 | Aéroport de Lausanne, ACV, PP 961/465/2

Les Archives cantonales vaudoises font appel au public pour géolocaliser des photographies aériennes du canton produites par l'aéroport de Lausanne entre 1930 et 1960.

Près de 1500 clichés ont été partagés sur l'interface participative Smapschot. Les volontaires peuvent choisir une photo et la placer sur la carte du canton pour y associer des coordonnées GPS. L'application superpose l'image ancienne sur un modèle actuel du territoire. Il suffit de valider l'angle de vue.

> Plus d'infos

> (Re)lire «Collègue passionné: l'aviateur photographe» (La Gazette n°283, février 2018)

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Réorganisation de la Direction générale de l'enseignement postobligatoire

Michel Tatti et Suzanne Peters | dr

Dès le 1er janvier 2020, l'Office d'orientation scolaire et professionnelle (OCOSP) sera rattaché à la Direction générale de l'enseignement postobligatoire (DGEP).

L'OCOSP dépend aujourd'hui du Service de l'enseignement spécialisé et de l'appui à la formation (SESAF), qui fusionnera avec la Direction générale de l'enseignement obligatoire (DGEO) à cette même date. Suzanne Peters est nommée directrice adjointe de la DGEP dès le 1er août, de même que Michel Tatti, en poste depuis le 1er juillet.

> Lire le communiqué de presse

> (Re)lire le communiqué sur la fusion de la DGEO et du SESAF

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Lausanne 2020 cherche des volontaires

Lausanne 2020

Les organisateurs des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ), qui auront lieu du 9 au 22 janvier 2020, recherchent 3000 bénévoles.

Sur la plateforme d'inscription, il est possible d'indiquer ses préférences pour l'un ou plusieurs des huit sites et les domaines d'activités. Il faut avoir 16 ans révolus au 1er janvier 2020 pour les personnes domiciliées en Suisse, 18 pour les autres et, dans la mesure du possible, s'engager pour l'entier des Jeux ou au moins six jours (consécutifs ou non).

> Infos et inscriptions: www.lausanne2020.sport

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Nouveau directeur des Établissements de la plaine de l’Orbe

Jean-Marc Boudry | dr

Jean-Marc Boudry prendra la tête des Établissements de la plaine de l’Orbe (EPO) le 1er novembre 2019.

Membre de la direction de Securitas SA depuis neuf ans, il succèdera à Raphaël Bossard, chef adjoint du Service pénitentiaire, qui assurait la direction ad interim depuis 2018. Jean-Marc Boudry a 25 ans d’expérience dans le domaine de la sécurité, le management et la conduite du personnel.

> Lire le communiqué de presse

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Nouveau préfet dans le district du Jura-Nord vaudois

Fabrice De Icco | Fl. Cella/24 heures

Fabrice De Icco deviendra préfet du district du Jura-Nord vaudois à partir du 1er octobre 2019.

Il succèdera à Évelyne Voutaz, qui prend sa retraite. Syndic de la commune de Romainmôtier-Envy depuis 2009, Fabrice De Icco est actuellement archiviste de la Ville de Renens. Il exerce plusieurs mandats intercommunaux, et s'est beaucoup investi dans diverses associations dans son district.

> Lire le communiqué

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Nouveau chef de l'Office de psychologie scolaire

Raphaël Gerber | F. Amitrano/BIC

Raphaël Gerber devient chef de l'Office de psychologie scolaire. Il entrera en fonction le 1er septembre 2019.

Raphaël Gerber est chef du Service de psychologie scolaire de la Ville de Lausanne depuis 2010. Depuis 2018, il est aussi responsable des prestations de psychologie, psychomotricité et logopédie pour l'État de Vaud. L'office qu'il dirigera chapeaute l’activité des ces trois professions.

> Lire le communiqué

> À (re)lire: à la rencontre d'une psychologue en milieu scolaire (La Gazette n°293, mars 2019)

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Instantané: des élues en visite au gymnase le 14 juin

Vendredi 14 juin, la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga est venue à Lausanne échanger avec des jeunes sur l'égalité en Suisse.

La conseillère fédérale Simonetta Sommaruga (en rouge au centre) et les conseillères d'État vaudoises dans une classe du Gymnase du Bugnon à Lausanne | J.-B. Sieber/ARC

En compagnie des cinq conseillères d'État vaudoises, elle a remis un prix à l'une des classes lauréates de l'opération «Toutes 1' histoire». Les classes vaudoises de tous les niveaux étaient invitées à participer à ce projet, qui avait pour but de réaliser une vidéo d'une minute sur le thème des inégalités de genre. Plus de 1500 jeunes y ont pris part.

> Voir toutes les vidéos produites: www.toutes1histoire.ch

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Pratique

Caisse de pensions: le rapport de gestion 2018 est disponible

Dans son rapport de gestion, les résultats et les activités de la Caisse de pensions de l'État de Vaud (CPEV) pour l'année écoulée sont présentés de manière détaillée. Pour consulter le rapport ou prendre connaissance en un coup d’œil des chiffres clés de l’exercice 2018, rendez-vous sur www.cpev.ch.

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La recette pour bien réussir ses réunions

Il arrive qu’on s’y ennuie, que l’on s’enlise dans d’interminables digressions. Parfois, l’idée du siècle en jaillit, ou l’on découvre qu’un collègue a la solution parfaite à notre problème. Professeure de comportement organisationnel à l’Université de Lausanne, Marianne Schmid Mast explique comment faire de nos réunions un outil efficace et puissant.

Pour Marianne Schmid Mast et Tristan Palese, auteurs avec Benjamin Tur de l'ouvrage «Leaderspritz», le management, c'est comme le spritz: un savant mélange de sensibilité, de compétence et d'expertise. | F. Amitrano/BIC

«Les réunions sont un très bon outil de management… si elles sont utilisées efficacement!», souligne Marianne Schmid Mast. Certains sondages indiquent que 50% du temps passé en réunion est inutilement gâché, relève-t-elle dans l’ouvrage Leaderspritz, un petit guide pratique à l’usage des managers, dont un chapitre est consacré aux réunions (lire encadré). On a tôt fait de l’oublier, mais beaucoup de choses ne nécessitent pas une réunion, rappelle la professeure. Tout un tas de petits points peuvent être traités en discutant à deux ou trois, avec un coup de téléphone ou un mail.

Certes, le but des réunions peut différer: partage d’information, formation de collaborateurs, brainstorming, résolution d’un problème, prise de décisions, ou sociabilisation (oui, les réunion servent aussi à ça!). Mais trois points sont essentiels pour maximiser leur efficacité et augmenter la satisfaction de tous: il faut les planifier, fixer des objectifs et gérer leur déroulement.

Avant la réunion

Première clé: une réunion se prépare. Il est préférable d’envoyer un ordre du jour à l’avance, explique Marianne Schmid Mast. On peut y joindre des annexes à lire avant la rencontre. On peut aussi demander à certains participants de récolter des informations, par exemple des chiffres ou les besoins des uns et des autres en vue d’un recrutement. «Le but est de raccourcir la durée de la séance», souligne la professeure. Car rien de pire qu’une réunion qui dure trois heures et au terme de laquelle rien n’a été décidé. Il faut également choisir avec soin qui l’on convie à la séance. Outre l’ennui possible pour certains, les réunions ont un coût: une séance d’une heure à laquelle assistent dix personnes représente dix heures de temps de travail cumulé… et ne laisse que six minutes de temps de parole à chacun!

Pendant la séance

Le jour J, il est important d’avoir un ordre du jour et une bonne structure, de fixer la durée maximale et d’expliquer qui est là et pourquoi, avec un rapide tour de table au début, souligne Marianne Schmid Mast. Celui ou celle qui dirige la séance, s’assied à l’une des extrémités pour présider. Avec ce schéma hiérarchique attendu, on évite que les participants se posent des questions durant toute la réunion.

Une fois la réunion lancée, celui ou celle qui l’anime doit avoir le «courage d’interrompre», précise la chercheuse. Il faut le faire en restant agréable: valoriser la contribution, mais indiquer que l’on fait le choix de ne pas creuser ce sujet. Il faut également veiller à faire tourner la parole. Lors d’une séance d’équipe, un timide efficace aura peut-être tendance à livrer un résumé rapide, tandis qu’un bavard moins performant, monopolisera la parole plus longtemps. «Un déséquilibre n’est pas sain, précise Marianne Schmid Mast. Il est important que chacun puisse raconter ce qu’il a fait». Ces moments d’échange sont très souvent l’occasion de découvrir des problématiques et solutions communes.

Enfin, il est important de ne pas dépasser le temps que l’on s’est fixé. Parfois on découvre un nouvel aspect que l’on n’avait pas anticipé et qui prendra plus de temps à traiter. La professeure conseille d’arrêter, résumer ce qui a été fait et ajouter une étape au processus de travail.

Après la réunion

À l’issue de la réunion, chacun doit savoir quoi faire, explique Marianne Schmid Mast. Un PV qui récapitule les points importants de la séance est également utile. «C’est bien d’avoir une trace, car on oublie vite», explique la professeure. Deux à trois lignes de résumé peuvent suffire.

Enfin, il faut en tout temps être prêt à… faire plus court! «Il ne faut pas avoir peur de raccourcir et éviter de papoter. On peut proposer à celles et ceux qui le souhaitent d’aller boire un café pour clôturer la séance. Ainsi, ceux qui ont des affaires urgentes peuvent s’en aller», indique la professeure.

À chacun son cocktail

Toutes les durées de réunion sont possibles. Marianne Schmid Mast conseille une à deux heures maximum. À titre indicatif, une période de cours à l’école ou à l’université dure 45 minutes, car c’est la durée pendant laquelle on estime que l’attention peut être gardée. De nos jours, c’est surtout la coordination des agendas qui détermine l’horaire de la réunion. La professeure recommande toutefois d’éviter les fins de journée, car les parents doivent aller chercher leurs enfants.

Une réunion n’a pas marché? Voyez-le comme un apprentissage, et pour la prochaine, vous avez dorénavant quelques pistes à creuser! (mm)

La checklist pour une réunion réussie

  1. Les objectifs sont-ils clairement définis et communiqués aux participants?
  2. Tous les participants ont-ils une raison valable d’être présents?
  3. L’environnement favorise-t-il la concentration et l’échange?
  4. La durée de la réunion a-t-elle été déterminée à l’avance?
  5. Est-il possible de réduire le temps nécessaire sans compromettre les objectifs?
  6. Durant la réunion, ai-je attribué un temps de parole adéquat à toutes les personnes présentes?*

*Leaderspritz, p. 103 et 138

Le leadership comme un verre de spritz

«Leaderspritz» (Presses polytechniques et universitaires romandes, 2019)

Ces conseils sur les réunions se retrouvent dans le petit livre Leaderspritz: le cocktail du leadership interpersonnel. Ce manuel de conseils pratiques qui rappelle qu’«être leader, c’est avant tout être un expert en interactions sociales», a été écrit par Marianne Schmid Mast, professeure de comportement organisationnel à la Faculté des hautes études commerciales (HEC) de l’Université de Lausanne, et deux doctorants, Tristan Palese, spécialiste des compétences sociales des managers, et Benjamin Tur, qui s’intéresse au charisme. Très facile et agréable à lire, il donne des exemples concrets et clairs.

La métaphore du cocktail sert de fil conducteur: tel un barman, tout bon chef doit savoir doser ses ingrédients pour composer son cocktail de management, dont il a seul la recette. Les éléments présentés s’appuient sur des études scientifiques. On apprend que le rôle de leader émerge dans toute forme d’organisation, que le leadership est un mélange d’inné et d’acquis, et que donc, oui, la formation paie. Des astuces sont données pour négocier, faire une bonne présentation ou gérer des conflits. À lire cet été sur un transat, un spritz à la main?

> Marianne Schmid Mast, Tristan Palese, Benjamin Tur, Leaderspritz. Le cocktail du leadership interpersonnel, Presses polytechniques et universitaires romandes, 2019, 22 fr., 160 p.

> Site de l’éditeur

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Culture

Pense te voir: senailler, un verbe sonore et violent

La chronique «Pense te voir» accueille historiettes, anecdotes, étymologies et autres coups de cœur lexicaux et linguistiques à sonorités vaudoises. Une collaboratrice de l’État nous dit utiliser régulièrement le verbe «senailler», dans un sens qui s’éloigne de sa signification originale.

Habitués depuis des années à se rencontrer en fin de journée au café de la Charrue, ces quatre retraités avaient un jour décidé de se retrouver à l’enseigne de la Couronne le mercredi après-midi. «On en a marre de ces jeunes qui senaillent ce machin!», expliquait l’un d’eux à la patronne. Car depuis qu’elle avait fait installer un flipper dans un coin de la salle, la jeunesse s’était mise à fréquenter assidûment l’établissement, passant des heures aux manettes de cet appareil, le secouant parfois, lui donnant des coups de genou, le frappant du plat de la main. Oui, ils le senaillaient bel et bien! La machine en elle-même était généreuse en tintements, claquements, cliquetis. Ce flipper émettait toute une gamme de sons et bruits divers, provoquant subitement la joie ou la colère des jeunes joueurs, qu’ils exprimaient par divers jurons, des vociférations et imprécations, usant la patience des vieux joueurs de cartes – eux-mêmes plus discrets dans leurs manifestations de joie ou de dépit…

D’autres sonneries, plus agrestes, plus prévisibles, s’entendent aux alentours du bourg. Dans les prés, les vaches n’ont pas d’horaire pour faire tinter leurs cloches. Elles se déplacent dans la pâture en fonction de la disponibilité de l’herbe. En circulant, en broutant, elles font tinter les sonnailles qu’elles portent au cou.

Qu'est-ce qui cloche avec ce bruit?

Car c’est bien de cloches dont il est question, au fond, quand dans le canton de Vaud, on entend le verbe senailler . En patois, sonnaille se dit senaille. Le sens premier du verbe senaillî est donc l’action de faire tinter une sonnaille. La senaillà (la sonnée, entendrions-nous plutôt dire aujourd’hui) est, en patois, le mot qui désigne le choc, le coup – dont celui du battant qui frappe l’intérieur de la sonnaille. Dès lors, le verbe senailler (senaillî) s’emploie également dans le sens de secouer une porte close – ou un flipper, ou tout autre objet opposant une résistance («Arrête de senailler cette machine, tu vas finir par l’ ébriquer !»)

Notre lectrice fait référence à un sens encore plus étendu. «Arrête de me senailler!», dira-t-elle à quelqu’un qui lui répète sans cesse les mêmes choses, où quand ses enfants lui font la meule pour obtenir quelque chose.

Mais puisqu’à Vevey, la Fête à Vignerons accueillera bientôt ses premiers spectateurs, il faut encore signaler, tout à propos, ces paroles (en patois fribourgeois), du célèbre Ranz des vaches :

«Lè chenayirè van lè premirè / Lè totè nère vant lè dêrêrè…»

Dans ce passage du chant, l’armailli décrit l’ordre de défilement de ses vaches lors de la poya (montée à l’alpage). En français: «Les sonnaillères (celles qui portent une cloche) vont les premières / Les toutes noires vont les dernières…» (lj)

Une superbe vache «chenayirè», parée pour la désalpe, sa sonnaille accrochée à un collier décoré. | J.-B. Sieber/ARC

Proposez-nous un mot vaudois!

Jean Villard Gilles, qui affectionnait l'expression «Pense te voir!», a été le premier contributeur de la rubrique | ALS/Fonds B. Moulin

Un mot, une expression vaudoise que vous employez à tout bout de champ? Qui vous rappelle un souvenir vague ou précis ancré ici ou là dans le canton? Irremplaçable à vos yeux? Intraduisible? Qui vous fait sourire? Ou dont vous aimez tant les chantantes sonorités?

Écrivez à info.gazette@vd.ch (mention: «Pense te voir!») et proposez un mot ou une expression seuls ou, si la muse vaudoise vous emporte, un texte bref de votre cru. Sans omettre de préciser ce qui vous a fait choisir ce mot ou cette expression. On en parlera ici!

> Dernière chronique: l'art délicat d'enmoder son boguet sous la pluie (avril 2019)

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Lecture: à la découverte du potentiel poétique de la Suisse romande

Quand on ouvre «Le Poème et le Territoire», on voyage. Tout à côté de chez nous, par les mots. Dirigé par Antonio Rodriguez, professeur de littérature française à l’Université de Lausanne, et Isabelle Falconnier, déléguée à la politique du livre à Lausanne, cet ouvrage grand public rédigé par des spécialistes montre que la Suisse romande est un terreau poétique étonnant.

Cela peut surprendre, mais nos cantons romands ont inspiré bien des poètes: beaucoup y sont nés, comme Gustave Roud, Jacques Chessex, Anne Perrier, première femme à recevoir des mains de François Mitterand le Grand Prix national de la poésie en 2012, ou encore les librettistes de la Fête des Vignerons. D’autres, de passage, ont trouvé l’inspiration face à la brillance du Léman, aux Alpes haut perchées, ou au château de Chillon et l’histoire de ses prisonniers, comme Victor Hugo ou le poète allemand Rainer Maria Rilke.

Ce livre offre 20 chapitres sous forme d’itinéraires de balade liés à un ou deux poètes. Chacun s’ouvre sur une carte et présente en une ou deux pages le poète ou la poétesse et sa rencontre avec la région qui l’a inspiré. Quelques brefs extraits de poèmes, avec quelques mots d’explication, jalonnent ensuite les étapes du parcours proposé. Avec Alphonse de Lamartine, poète français du 19e siècle, qui se réfugie tout jeune dans le canton de Vaud pour ne pas être enrôlé dans l’armée de Napoléon, le lecteur part de Gilly, longe les quais de Rolle et se rend (pourquoi pas en bateau CGN durant l’été, propose le rédacteur du chapitre, qui se transforme en guide) à Coppet, pour visiter le château de Germaine de Staël.

Invitation au voyage... local

Le joli chapitre consacré à Jean Villard-Gilles invite à sinuer le long de la Venoge sur tout ou partie de son cours, de L’Isle à Saint-Sulpice. 20 km tout de même, pour les plus audacieux! Le chansonnier relevait d’ailleurs la difficulté de l’exercice: «Faut un rude effort entre nous / Pour la suivre de bout en bout; / Tout de suite on se décourage, / Car, au lieu de prendre au plus court, / Elle fait de puissants détours, / Loin des pintes, loin des villages.» Ces méandres sont aussi une métaphore de la Vaudoise ou du Vaudois, explique l’auteure du chapitre. Qui nous apprend – qui l’eût cru –, que c’est en contemplant la mer en Bretagne que Gilles eut l’idée de ce poème.

Tant la ville que les paysages de campagne ou de montagne ont inspiré les poètes. De très belles illustrations, réalisées par l’artiste Marco De Francesco, représentent des lieux que l’on reconnaît. Les férus de poésie retrouveront des lignes qu’ils ont peut-être déjà lues. Pour celles et ceux qui voudraient découvrir, l’ouvrage se lit facilement, grâce aux petites introductions. À celles et ceux qui se laisseront séduire par la balade, bon voyage dans notre «vallée lyrique» locale. (mm)

Référence et tarif préférentiel

Le Poème et le Territoire. Promenades littéraires en Suisse romande, sous la dir. d’Antonio Rodriguez et Isabelle Falconnier, Éditions Noir sur Blanc, 2019, 224 p., 34 fr.

Un tarif préférentiel de 29 fr. est proposé aux collaboratrices et collaborateurs de l’État de Vaud. Les personnes intéressées peuvent adresser leur commande par mail à info@noir-sur-blanc.ch , mention «Le Poème et le Territoire: collaborateur VD»). Les volumes seront envoyés par courrier, frais de port offerts.

> Site de l’éditeur

Quatre questions à Antonio Rodriguez

Antonio Rodriguez | F. Imhof/UNIL

Antonio Rodriguez a co-dirigé, avec Isabelle Falconnier, la rédaction de l’ouvrage Le Poème et le Territoire. Il enseigne à l’Université de Lausanne et est lui-même poète.

Avec ce volume, vous faites l’hypothèse que la Suisse romande est propice à la poésie. Pourquoi cette région a tant inspiré, selon vous?

Antonio Rodriguez: Le patrimoine transnational de cette région est exceptionnel. Rilke y écrit ses plus beaux textes; Borges choisit d’y mourir; Byron, Mickiewicz ou Hugo célèbrent à la fois le sublime du paysage et le modèle politique. La Suisse occidentale représente un haut lieu pour les poètes européens en diverses langues, mais aussi pour plusieurs générations d’auteurs romands.

À qui s’adresse cet ouvrage?

À tous ceux qui veulent découvrir la poésie par un territoire ou un territoire par la littérature; à tous ceux qui aiment marcher, lire, explorer. C’est un ouvrage grand public, avec une riche iconographie.

Comment imaginez-vous que ce livre peut être lu?

Il est possible de le lire sur les lieux ou chez soi. Peu importe comme on lit, l’ouvrage devrait apporter un peu de rêve sur les espaces touristiques ou du quotidien.

Parler de poésie aujourd’hui, n’est-ce pas un peu désuet?

Sans doute, certaines manières d’en parler sont un peu vieillies, mais ce n’est pas le cas de la poésie elle-même. Elle se montre au contraire à la pointe des changements entre l’imprimerie et le numérique, pour les nouvelles formes de démocratisation. Dans ce cas, elle devient vraiment passionnante.

Entre les lignes, les paysages

Cette vue de Lausanne illustre le chapitre consacré à Anne Perrier, qui y est née et y a presque toujours vécu | Marco De Francesco/Éditions Noir sur Blanc

«Toute la vie quotidienne / Est là / Un visage sous les persiennes / Qui se rabat / Le doux soleil / S'en va mourir la tête en bas / Et le jour se débat / Comme une fine abeille / Entre deux doigts» (Le Petit Pré, Anne Perrier)

Au fil des mots

Les sources de la Venoge à L'Isle, au pied du Jura vaudois | Marco De Francesco/Éditions Noir sur Blanc

«Elle offre aussi des recoins charmants, / Des replats, pour le pique-nique. / Et puis, la voilà tout à coup / Qui se met à faire des remous / Comme une folle entre deux criques, / Rapport aux truites qu'un pêcheur / Guette, attentif, dans la chaleur, / D'un œil noir comme un œil de doge. / Elle court avec des frissons. / Ça la chatouille ces poissons, / La Venoge!» (La Venoge, Jean Villard-Gilles)

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Le Musée de l'Élysée sort de sa réserve

M. Olmi

Le Musée de l'Élysée prépare son déménagement vers Plateforme 10. Près d'1,2 millions d'objets qui couvrent l'histoire de la photographie doivent être déplacés.

Un espace aménagé dans les combles présente de l'intérieur les étapes de ce chantier. Une cloison vitrée permet notamment d'observer les techniciens, documentalistes et conservateurs à l'œuvre. Jusqu'à sa fermeture provisoire en octobre 2020, l'entrée au musée est gratuite.

> «Le musée sort de sa réserve.» Exposition au Musée de l'Élysée à Lausanne, jusqu'au 25 août: ma-di: 11-18h.

> Entrée libre

> www.elysee.ch

> Plus d'infos sur le déménagement

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Durables arbres

Comment pourrons-nous faire face aux changements environnementaux? Au Musée et jardins botaniques, les arbres montrent la voie.

L'exposition présente le fonctionnement des écosystèmes forestiers et des solutions pour une cohabitation durable avec la nature. Des collages et des peintures soutiennent le discours scientifique. Au jardin du Pont-de-Nant, des photographies d'arbres et des illustrations de l'avenir des paysages des Préalpes se répondent.

> «Durarbrilité. Des arbres et des humains face aux changements globaux.» Exposition au Musée et jardins botaniques, à Lausanne et au Pont-de-Nant, jusqu'au 27 octobre: lu-di: 10-18h.

> Entrée libre

> Plus d'infos

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La médiation fait la une du patrimoine

La revue «PatrimoineS» consacre un numéro à la médiation culturelle et scientifique sur sol vaudois.

Plusieurs actions sont racontées, comme un escape game au Musée de zoologie. À chaque fois, le but est d'adapter les approches aux besoins et intérêt du public, pour garantir l'accès à la culture. Tous les numéros de PatrimoineS peuvent être commandés gratuitement, dans la mesure des stocks disponibles.

> Commande gratuite: patrimoine.serac@vd.ch

> Consulter la version numérique du dernier numéro (PDF)

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Éditeur: État de Vaud. Rédacteur responsable: Laurent Koutaïssoff. Ont contribué à ce numéro: Fiona Amitrano, Luc Jaccard (lj), Léa Joanneton (ljo), Marie Minger (mm), Olivier Muller (om), Florence Perret. Contact: info.gazette@vd.ch
Copyright(c) La Gazette n°296 - 8 juillet 2019