Gestion intégrée des risques

Ces dernières années, dans le canton de Vaud comme dans le reste de la Suisse, les catastrophes naturelles ont causé des dommages pour plusieurs millions de francs. Ces événements ont provoqué une remise en cause de la politique de gestion des dangers naturels.

Désormais, ce n'est plus une simple politique de "défense contre les dangers naturels", mais une véritable "culture du risque" qui doit être menée: les autorités (cantonales et communales) et leurs partenaires (pompiers, police, protection civile, etc.) mettent en place une gestion intégrée des risques naturels

Celle-ci est fondée sur le principe d'une protection ne reposant plus uniquement sur la construction d’ouvrages de protection ou sur la mise en place d’un système d’alerte, mais qui intègre à l'amont des mesures préventives. Cette gestion intégrée devient alors un processus itératif visant à:

  1. réduire la vulnérabilité des personnes et des biens -> prévention et préparation;
  2. limiter l'ampleur d'un sinistre par un engagement adéquat et la remise en état -> maîtrise des événements;
  3. assurer la reconstruction après un événement pour rétablir la situation antérieure, voire l'améliorer -> rétablissement.

L'Unité des dangers naturels met à disposition un poster synthétisant l'ensemble des données, documents et outils à disposition pour élaborer une bonne gestion intégrée des risques. Il est téléchargeable ici (PDF, 6,49 Mo).

Schéma de la gestion intégrée des risques (Planat)

Processus de gestion intégrée des risques
Processus de gestion intégrée des risques

La gestion intégrée des risques crée un lien systémique entre la prévention, la maîtrise et la reconstruction. Le schéma ci-dessous montre, sous forme d’un cycle, les interactions de ces trois volets et les implications des différents partenaires.

La gestion intégrée accorde la même importance aux différents types de mesures, qui sont mises en œuvre isolément ou conjointement. Dans ce processus, l’évaluation des dangers et des risques occupe la place centrale, alimentée par des expériences vécues lors de catastrophes ou de situations d’urgence.

Les mesures de protection pour réduire le risque

Cependant, de nombreux outils impliquant plusieurs disciplines et appliqués de façon coordonnée permettent de minimiser les risques. Ils sont résumés dans le tableau ci-dessous.   

La prévention la plus efficace pour se prémunir contre les dangers naturels consiste d'abord à utiliser le territoire de manière appropriée, en essayant de le soustraire à la menace ->  mesures de prévention passives.

Lorsque cela est impossible, des mesures constructives (ouvrages de protection, mesures à l'objet) et/ou organisationnelles (systèmes d'alerte, plans d'intervention) sont mises en œuvre pour écarter le danger ou limiter les dommages -> mesures de prévention actives.

La diminution de la vulnérabilité des constructions et des installations revêt une grande importance. Mais la protection doit aussi être assurée sur le long terme, en entretenant dûment les cours d'eau, les plans d'eau et les forêts protectrices.

Tableau des outils

Ces outils prennent en compte les principes du développement durable et exigent une collaboration interdisciplinaire, en incluant les autorités locales et la population concernée dans les processus et les décisions.

Les acteurs de la gestion intégrée des risques

Aménagement du territoire

L'aménagement du territoire est une composante essentielle de la gestion intégrée des risques. Ses outils permettent de garantir une utilisation rationnelle et mesurée l’espace, compte tenu du risque de danger. Pour plus d'informations, se rendre sur la page du Service du développement territorial ici.

Objectif : réduire les risques existants à un niveau acceptable et éviter l’apparition de risques nouveaux.

1. Données de base

Les données de base sont disponibles auprès de la commune, sur le site www-geo.vd.ch ou par mail auprès de l'unité des dangers naturels. Ces données de base regroupent notamment les cartes de dangers naturels, les cartes indicatives de dangers naturels, les cartes d'intensité, les cartes avec mesures, le cadastre des événements etc.

 

2. Signification des degrés de dangers

Zone de danger rouge

Le danger est qualifié d'élevé. Il est en principe interdit de construire dans cette zone ou de créer de la zone à bâtir.

Zone de danger bleue

Le danger est qualifié de moyen. La zone à bâtir est maintenue sous conditions et les solutions alternatives étudiées. Le danger doit être diminué de manière acceptable par des mesures de protection individuelles ou collectives, préconisées dans une étude de risque.

Zone de danger jaune 

Le danger est qualifié de faible. La détermination de nouvelles zones à bâtir est autorisées sous conditions. Le danger doit être diminué de manière acceptable par des mesures de protection individuelles ou collectives, préconisées dans une étude de risque.

Zone de danger hachurée blanc et jaune

Le danger est qualifié d'imprévisible (ou résiduel). Le danger est très peu probable, mais son impact est réel. Ce danger doit être pris en compte si des objets dits "sensibles" sont présents ou à prévoir (Cf. Annexe 1 au guide pratique de transcription). 

3. Utilisation des cartes de dangers naturels

Lorsque l'objet de la recherche est détecté par une carte des dangers naturels, les communes la documenteront comme suit :

Mesures de protection

Mesures construites

Les ouvrages de protection sont des éléments importants de la gestion intégrée des risques naturels. Les dispositifs permettent de protéger des objets ponctuels ou de grandes surfaces.

Les surfaces affectées par les dangers naturels peuvent être divisées en trois parties : la zone d'arrachement (ou de rupture), la zone de transit (trajectoire) et la zone de dépôt (accumulation). Les ouvrages de protection sont spécifiques à chaque phénomène et, en fonction de leur emplacement, permettent d'empêcher le déclenchement, détourner, freiner ou stopper un phénomène.

Drain permettant l'évacuation de l'eau d'un glissement de terrain profond
Mur, filets et galerie de protection contre les chutes de pierre. (RC Vallorbe-Le Pont)
Herses retenant le bois et les pierres transportés par le cours d'eau. Herses de Toveyres sur la Veveyse

Mesures biologiques

Les mesures biologiques représentent une alternative aux mesures construites. Elles sont par définition durables, mais nécessitent tout de même un entretien rigoureux.

Les forêts sont des moyens de protection très efficaces contre les dangers naturels. Leur action est effective aussi bien dans les zones de départ que celles de transit. Elles permettent ainsi de prévenir les phénomènes dangereux (par exemple en empêchant le déclanchement des avalanches ou par l'absorption du surplus d'eau dans le sol) et d'en atténuer les effets (par exemple pour les chutes de blocs).

Un tiers des forêts vaudoises remplissent des fonctions de protection importantes contre les dangers cités. Pour des coûts annuels d’entretien très peu élevés, elles permettent d’économiser des centaines de millions de francs qu’il faudrait, en leur absence, dépenser pour des ouvrages de protection.

Beaucoup de cours d'eau ont été endigués et artificialisés, laissant peu de place à l'écoulement et ses variations naturelles. Le dimentionnement des mesures d'aménagement des cours d'eau sont souvent inférieures aux besoins. La renaturation des cours d'eau permet de leur redonner de bonnes conditions naturelles (pour la faune et la flore) tout en augmentant leur capacité hydrologiques.

Forêt de protection
Chute de pierres

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Forêts de protection

Renaturation des cours d'eau

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