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18.6. Pollution des eaux souterraines

Thème: Eau

Signification de l'indicateur

Le développement durable vise à minimiser la charge environnementale occasionnée par les déchets et les émissions dégradables (principe 17a) et à limiter les émissions de polluants non biodégradables (principe 17b). Les eaux souterraines sont susceptibles d'être exposées à de telles charges, car elles recueillent des apports de l'agriculture, de l'industrie et des ménages.

Les micropolluants ou polluants traces sont des substances qui peuvent porter atteinte à l’environnement même dans des concentrations très faibles – de l’ordre du microgramme ou du nanogramme par litre. Une présence de micropolluants synthétiques dans l’eau représente, à ce titre, un indicateur important de l'état de pollution de l’environnement.

Les eaux souterraines, dont une partie est utilisée à la production d’eau de boisson, contiennent différents résidus de pollution organique qui peuvent être détectés et suivis.

Cet indicateur présente les concentrations de l’herbicide atrazine (et son principal produit de dégradation), utilisé pour lutter contre les "mauvaises" herbes principalement dans les cultures de maïs, et interdit d'utilisation en Suisse depuis 2011, et de l’additif de l’essence méthyl-tertiobutyl éther (MTBE), un anti-détonnant qui a remplacé le plomb dès le milieu des années 1980. Ces substances sont analysées dans le cadre du réseau suisse NAQUA d'observation des nappes d'eaux souterraines et du réseau vaudois POLLorg.

Principes en rapport avec cet indicateur: 2b. Promotion de la santé, 12a. Production compatible avec l’environnement, 17a. Limitation des déchets biodégradables et des polluants, 17b. Arrêt des émissions de polluants non biodégradables, 18c. Précaution en cas d'incertitude.

Type d'indicateur: (C) capital.

Evolution

Pas de graphique

Sources :
SESA
 et SCAV.  

Données (xls, 43 Ko)

En bref

Tendance statistique :


Evaluation développement durable :


Commentaire

Commentaire statistique

Tendance: aucune conclusion possible (absence de tendance).

Commentaire développement durable

Évaluation : Les tendances attendues (diminution des teneurs en atrazine + deséthylatrazine après son interdiction et augmentation possible des teneurs en MTBE) ne sont encore qu’esquissées. L’évolution ne sera visible qu’au cours des décennies, ces deux marqueurs de pollution étant peu biodégradables dans l’environnement. Dans le cas du MTBE, des phases transitoires (augmentations puis diminution des teneurs) peuvent provenir d’évènements particuliers (accident routier, erreurs de manipulation, fuites, etc.)

Des concentrations à ne pas dépasser sont fixées pour des résidus tels que l’atrazine (et ses dérivés) et le MTBE qui se retrouvent dans les eaux souterraines et les eaux de boisson (voir la Méthodologie). Leur détection est indicatrice d'une vulnérabilité de la ressource.

Des traces de pesticides (herbicides, fongicides, etc.) et de leurs résidus ont été décelées dans près de la moitié des stations analysées en Suisse (réseau national d’observation NAQUA). Durant la période 2004-2006., pour 10% des stations helvétiques contrôlées, la teneur maximale admissible en pesticides dans les eaux souterraines est dépassée; cette teneur maximale étant de 0.1 microgramme par litre selon l'Ordonnance fédérale sur la protection des eaux (OEaux). L’herbicide atrazine ainsi que ses produits de dégradation, représentent 72% de toutes les détections. Le Plateau et les grandes vallées intensivement exploitées (plaine du Rhône, Tessin, Jura) sont les plus touchées: dans ces régions, 80% des stations analysées contiennent des traces de pesticides. Les pesticides sont employés majoritairement par l’agriculture intensive telle que pratiquée dans les grandes cultures, l’arboriculture fruitière, la viticulture et les cultures maraîchères. De surcroît, ils sont aussi utilisés dans les pépinières, les jardins privés, les installations sportives, les zones industrielles ou le long des voies de chemins de fer et des routes et l'environnement construit. Une fois parvenus dans les eaux souterraines, ces composés sont très persistants.

Des traces d’hydrocarbures (carburants, combustibles, etc., provenant du trafic, de l’industrie ou de l’artisanat) ont été décelées dans 30% des stations analysées. Un plus grand nombre de substances et des concentrations maximales plus élevées ont été mesurées dans les zones urbanisées. Parmi les stations d'analyse, 15% d'entre elles révèlent des traces de MTBE, mais les concentrations restent à ce jour nettement inférieures aux valeurs critiques (Source: OFEV).

Certains sites avec peu de pression humaine (anthropique) ne présentent pas de résidus, alors que des sites plus vulnérables peuvent révéler une concentration moyenne proche des normes. Ces résidus devraient à terme disparaître et il ne devrait idéalement pas apparaître de nouvelles substances dans les eaux souterraines.

D’après les données disponibles, la situation du canton de Vaud est relativement similaire à celle observée généralement en Suisse. Les nappes d’eaux souterraines situées dans les zones intensivement cultivées montrent la présence de produits pesticides et les nappes situées dans des zones densément habitées ou comprenant des activités industrielles sont marquées par des traces d’hydrocarbures ou d’additifs correspondants. Dans la plupart des cas, les teneurs mesurées sont faibles. La plaine du Rhône est plus marquée que les autres régions du Canton.

Méthyltertiobutyl éther

Parmi les polluants générés par le trafic et l’industrie, le MTBE est la substance le plus souvent détectée dans les eaux souterraines. Cela n’est guère surprenant, si l’on considère son utilisation généralisée et ses caractéristiques. Sa fréquence de détection et sa concentration demeurent cependant relativement faibles comparés à celles des pesticides et des hydrocarbures chlorés. Un facteur-clé de la présence de MTBE dans les eaux souterraines est le degré d’urbanisation d'une région. En effet, la probabilité d’en trouver est d’autant plus grande que la région est très urbanisée, qu’elle compte un grand nombre de stations-service ou des routes très fréquentées, voire qu’un entrepôt d’hydrocarbures ou une raffinerie sont situés à proximité immédiate d’une station de mesure. En Suisse, des traces de MTBE ont été décelées dans 24% des stations du réseau NAQUA situées en dessous de 600 m d’altitude, mais dans 7.5% seulement de celles situées au-dessus de 800 m. Par ailleurs, les concentrations mesurées et leur répartition régionale permettent de déterminer sa provenance: la majeure partie de cette charge provient de pertes diffuses dans l'atmosphère (évaporation lors des opérations de remplissage et lors de la marche des véhicules à moteur, puis entraînement vers les eaux, notamment souterraines, lors des précipitations).(Source: OFEV)

Atrazine

Cette substance fait partie de la classe des herbicides, de la famille des triazines. Interdite en Suisse depuis 2011, elle était principalement utilisée comme herbicide dans la culture du maïs. L’atrazine et ses dérivés ne sont que peu dégradables. Par conséquent, une fois présents dans les nappes d’eaux souterraines, ces produits ou sous-produits y perdurent durant de longues années, voire des décennies.

Les pouvoirs publics ont la possibilité d'exercer une influence sur cette problématique, soit en termes de planification de l'organisation du territoire, en déterminant des secteurs Au (Aires d’alimentation des ressources d’eaux souterraine) et Ao (Aires d’alimentation des ressources d’eaux de surface) de protection des eaux selon la vulnérabilité de la ressource (et donc avec des restrictions, soit en déterminant les aires d'alimentation Zu (Zones d’alimentation préférentielle de nappes d’eaux souterraines) et Zo (Zones d’alimentation préférentielle de nappes d’eaux de surface) des ressources à assainir. Les pouvoir publics peuvent également agir en amont et interdire l'utilisation de certains produits.

Méthodologie

Cet indicateur présente les concentrations (ng/l) d'atrazine (et d'un de ses dérivés) et de MTBE détectées dans le cadre du réseau d'observation des nappes d'eaux souterraines.

L'annexe 2 de l'Ordonnance fédérale sur la protection des eaux, chiffre 22, stipule les exigences suivantes pour les eaux souterraines utilisées comme eau potable ou destinées à l'être: 0.1 µg/l par pesticide organique.

L'Ordonnance fédérale sur les substances étrangères et les composants (OSEC, 1995) fixe des concentrations à ne pas dépasser : 0.1 µg/l par composé et 0.5 µg/l pour la somme des composés.

Il est donc admis que les eaux puissent contenir des pesticides, mais moins de 0.1 µg/l par pesticide, et des substances étrangères ainsi que des composants, mais moins de 0.5 µg/l pour leur somme.

Les premières analyses relatives à certains micropolluants dans les eaux souterraines vaudoises remontent à 2003. A l'heure actuelle, il n'existe pas de base de données systématique sur ce thème. Les données disponibles sont collectées par le Service de la Consommation et des Affaires Vétérinaires (SCAV ex Laboratoire cantonal) lors de contrôles sur mandat (projet fédéral NAQUA, demandes particulières, etc.) ou après analyse de risques concernant des ressources en eaux potables (identification de sites pollués ou potentiellement pollués, vérifications, etc.) et par le Service des eaux, sols et assainissement (SESA), dans le cadre du réseau d’observation vaudois POLLorg de la ressource. Aussi, la consolidation de cet indicateur nécessitera du temps, notamment pour obtenir une vue d'ensemble et le choix de substances indicatives à suivre systématiquement au cours des prochaines années. L'élaboration de cet indicateur prendra en compte les connaissances acquises par d'autres cantons et par les offices fédéraux, pour qui ce type d'investigations est aussi relativement récent.

Calcul

Unité de mesure: les micropolluants sont quantifiés en nanogramme/litre (ng/l).

(1000 ng/l = 1 microgramme/litre = 1µg/l ; 1000 µg/l = 1 mg/l).

Pour que les résultats soient utilisables à l'avenir et qu’une évolution des teneurs en micropolluants puisse être établie, pour l’Atrazine et la Déséthylatrazine c'est la moitié de la limite de quantification (LQ) qui a été prise comme résultat si la concentration était inférieure à la limite de quantification, soit pour l’Atrazine (LQ = 3 ng/l) et la Déséthylatrazine (LQ = 6 ng/l). La Déisopropylatrazine, très rarement rencontrée (LQ = 20 ng/l), n’a pas été prise en compte.

Pour le MTBE, détecté dans 1 échantillon sur 5 environ, soit le produit est quantifié et la valeur moyenne inscrite, soit il est non quantifié (nq). 

Engagements à l'échelle nationale

Loi fédérale sur la protection des eaux (LEaux), Ordonnance fédérale sur la protection des eaux (OEaux)

Ordonnance fédérale sur les substances étrangères et les composants dans les denrées alimentaires (OSEC).

Glossaire

Le réseau de mesure NAQUA:le réseau national d'observation de la qualité des eaux souterraines (NAQUA) comprend environ 550 stations de mesure, dont 32 vaudoises, qui font en général l'objet d'un prélèvement de contrôle tous les trois mois. L'Office fédéral de l'environnement (OFEV) a commencé à mettre en place le réseau en 1997. Depuis 2002, NAQUA fournit les données nécessaires pour disposer d'une vue d'ensemble à l’échelon national.

Références

Site OFEV – Observation nationale des eaux souterraines NAQUA : www.bafu.admin.ch > Thèmes > Eaux souterraines > Observation nationale des eaux souterraines NAQUA.

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