Renaturation

Pendant longtemps, seules les questions économiques et sécuritaires ont été prises en compte en matière d’aménagement des cours d’eau. Cette perception a conduit à la canalisation et à l’enterrement de très nombreux tronçons de rivières et ruisseaux.

Les travaux de renaturation consistent dès lors à redonner à un cours d’eau fortement artificialisé les caractéristiques proches de son état naturel en restaurant au mieux son fonctionnement et son équilibre écologique.

Aujourd’hui, le regard porté sur les cours d’eau a changé. Cela se traduit notamment par l’adoption de nouvelles législations qui permettent de redonner une place aux cours d’eau dans notre société et rendre leur espace aux rivières.

Renaturation : bilan 2015 et perspectives dans le canton de Vaud (PDF, 8,80 Mo)

Un exemple de renaturation: le Grand Canal

Le réaménagement du Grand Canal, dans la basse plaine du Rhône, constitue un bel exemple des différentes étapes conduisant à la renaturation d'un cours d'eau.

Le premier épisode de cette série de vidéos s'arrête sur les démarches préliminaires en amont du chantier.

Le deuxième épisode retrace les principales phases du chantier.

Renaturation du Grand Canal, 2/3
Renaturation du Grand Canal, 1/3

Types d'intervention possibles

1) Redonner de l’espace au cours d’eau (JPG, 379 Ko)

L’élargissement du lit d’un cours d’eau permet de mieux absorber les fluctuations rapides du niveau de la rivière et assure ainsi une protection efficace contre le risque de crues. Un lit plus large offre aussi la possibilité à de nombreuses niches écologiques de se développer au gré des changements saisonniers de débits.

Un ruisseau renaturé retrouve une dynamique naturelle créant des milieux favorables à la faune et à la flore.

Les élargissements se font de manière raisonnée en prenant en compte la préservation de terres agricoles. L'emprise territoriale des projets de renaturation respecte, autant que possible, le rôle de production des terrains agricoles, ainsi qu'une économie des sols arables.

La valeur paysagère des cours d’eau renaturés et de leurs abords est améliorée tandis que les aspects sociaux (détente, loisirs) sont intégrés aux projets. Ces éléments permettent ainsi aux populations riveraines de se réapproprier leurs rivières.

Enfin, un cours d’eau naturel favorise une meilleure qualité des eaux car les processus d’autoépuration sont à nouveau rendus possibles.

Exemple de renaturation: avant (à gauche) et après (à droite)
2) Remettre à ciel ouvert un cours d’eau (JPG, 373 Ko)

Les collecteurs enterrés sont parfois en mauvais état et ne permettent plus leur fonction de passage de l’eau, ainsi que celle de drainage.

Un cours d’eau à ciel ouvert garanti le transit de l’eau, tout en remplissant un rôle d’amélioration de la biodiversité locale.

3) Aménager des ouvrages qui entravent la migration des poissons (JPG, 465 Ko)

Les seuils qui fragmentent encore les cours d’eau seront aménagés en priorité sur les rivières propices au bon développement de populations piscicoles (ou hébergeant des espèces dignes d'intérêt à l'échelle du canton).

4) Aménagement des embouchures (JPG, 425 Ko)

Les embouchures sont des milieux particulièrement riches en biodiversité puisqu’elles possèdent à la fois la faune et la flore lacustre et celle de la rivière. L’aménagement d’un delta favorise une diversification des milieux en en constante évolution, au gré des courants du lac et du débit de la rivière (banc de sable, roselière, berges boisées, dépôt lacustre).

Les embouchures les plus vastes constituent une importante place de repos et d’hivernage pour les oiseaux migrateurs.

Etat d'avancement

"La renaturation dans le canton Vaud (JPG, 2,11 Mo)" (Illustration: Studio KO)

Renaturation
Renaturation de l'embouchure de l'Arnon (à gauche) et de la Morvaz vers Cuarnens (à droite)

Depuis 2010, une cinquantaine de projets de renaturation ont été menés. Au total, 17 km ont été réaménagés dont 4.3 km remis à ciel ouvert (état juin 2018). Les principaux sont présentés sur la carte ci-dessus.

Aménagements piscicoles 
Passe à poisson sur le Nozon vers Romainmôtier (à gauche) et sur la Menthue vers Cronay (à droite)

Depuis les années 90, le canton de Vaud est actif dans l’exécution d’ouvrages piscicoles.
Une centaine de seuils ont été aménagés. Les seuils qui fragmentent encore les cours d’eau et qui empêchent la migration des poissons seront aménagés sur les rivières d’importance.

 

Planification stratégique

La modification de la législation fédérale sur les eaux (introduisant la notion d'espace réservé aux eaux) impose aux cantons de planifier à long terme la revitalisation des cours d'eaux ainsi que l’assainissement de l’utilisation de la force hydraulique.

Cet assainissement se décline en quatre domaines liés au fonctionnement des cours d'eau.

1) La renaturation proprement dite

La DGE met à disposition des communes et des usagers les cartes de la planification stratégique pour les rivières vaudoises (PDF, 29 Mo).  Ces documents non contraignants se veulent des outils de dialogue et d’échange avec les acteurs concernés (Rapport final, 2014).

Ils offrent une vision globale des travaux de renaturation pouvant être menés à l’échelle du canton pour les quatre-vingt années à venir, selon trois classes de priorité.

Tous les intervenants pourront ainsi bénéficier d’une base commune sur laquelle les futures interventions pourront se planifier et se construire.

2) La restauration de la migration piscicole

Les installations hydroélectriques représentent souvent des obstacles à la libre migration des poissons. Ce sont des ouvrages techniques tels que des prises d'eau, barrages, seuils, etc. qui fragmentent les cours d'eau, entravent les déplacements vers les zones de reproduction et/ou de croissance du poisson en fragilisant ainsi le maintien durable des populations piscicoles.  (Réduction des effectifs de poissons et risque de consanguinité à terme)

Le rapport final sur la migration piscicole, realisé en 2014, répertorie l'ensemble des obstacles liés à la force hydraulique qui entravent la migration du poisson (vers l'amont et/ou vers l'aval). Pour chaque obstacle, il établit la nécessité d'assainir (ou non), et détermine le degré de priorisation des assainissements à réaliser sur les cours d'eau propices au bon développement de la faune piscicole (Fiches détaillées par obstacles (PDF, 5,80 Mo)).

3) L'assainissement du régime des éclusées

Le mode d’exploitation de centrales hydroélectriques fonctionnant par intermittence peut provoquer des variations brusques et quotidiennes du débit d’un cours d’eau, ce qui influence négativement la morphologie de la rivière et son équilibre écologique.

Le rapport final, réalisé en 2014, établit la gravité des impacts en termes hydrologiques et biologiques du phénomène des éclusées, ainsi que des pistes de mesures d'amélioration. De cette analyse, seule l'Orbe ressort comme cours d'eau vaudois véritablement concerné par cette question.

4) L'assainissement du régime de charriage des matériaux

Un cours d’eau naturel maintien un équilibre entre les matériaux charriés qui transitent en permanence et les érosions qui rongent le fond du lit et les berges.

Les ouvrages tels que des barrages, des sites d’extraction de gravier ou des dépotoirs peuvent réduire la quantité de matériaux charriés. Faute d’un apport suffisant, le lit du cours d’eau perd ses amas de gravier meuble et tend à se colmater, rendant difficile le développement et la reproduction d’organismes aquatiques.

Le rapport final, réalisé en 2014, établit la nécessité d'assainir les cours d'eau concernés par un régime de charriage perturbé.

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