Réserve forestière des Rapilles-Covatannaz

Végétation

Associations forestières fréquentes :

  • La hêtraie à cardamine (Cardamino-Fagetum, sous-association xérophile 152*) indique la présence de calcaire à faible profondeur.
  • La hêtraie à pulmonaire (Pulmonario-Fagetum 120*) indique la présence de calcaire à faible profondeur.
  • La hêtraie à laîches (Carici-Fagetum 210*) est une forêt sèche dans laquelle le hêtre domine avec une vitalité réduite et en mélange avec diverses essences xérophiles : chêne sessile (Quercus petraea), pin sylvestre (Pinus sylvestris), érable à feuille d’obier (Acer opalus), alisier blanc (Sorbus aria).

Associations forestières particulières et rares dans le Jura

  • La chênaie buissonnante (Coronillo-Quercetum 610*) occupe les rochers ensoleillés. Elle constitue le groupement forestier le plus xérophile des étages submontagnard et montagnard inférieur. A cause de la sécheresse, les chênes (surtout des hybrides à dominante Quercus pubescens) et leurs essences compagnes, comme l'érable à feuilles d'obier (Acer opalus) ou l'alisier blanc (Sorbus aria), sont à peine plus hauts que les plus grands arbustes et ils forment une couverture discontinue, sous laquelle prospèrent de nombreuses espèces buissonnantes et herbacées.
  • La chênaie buissonnante montagnarde (Rhamno-Quercetum, sous-association mesophile 625*).
  • La Tillaie sur éboulis (Aceri-Tilietum, sous association mésophile 415*) occupe des pentes ensoleillées et sèches couvertes de blocs ou de cailloutis instables. La strate arborescente est dominée par le tilleul à grandes feuilles (Tilia platyphyllos)  et l’érable à feuilles d’obier (Acer opalus), dont des futaies de haut jet.
  • La Tillaie-frênaie sur rocher (Tilio-Fraxinetum 440*) occupe des affleurements rocheux calcaires irrégulièrement recouverts de terre fine. Le tilleul à grandes feuilles (Tilia platyphyllos) ou le frêne (Fraxinus excelsior) sont dominants dans la strate arborescente, toujours accompagnés d'autres essences xérophiles ou thermophiles, comme l'érable à feuilles d'obier (Acer opalus) ou le chêne (Quercus sp.). A cause de l'hétérogénéité du substrat (roche nue, placages de terre fine plus ou moins épais, poches d'humus), la flore de sous-bois est particulièrement variée, caractérisée par le voisinage d'espèces aux exigences différentes.
  • L’érablaie à alisier (Sorbo-Aceretum 340*) colonise des éboulis ensoleillés situés au pied d’affleurements rocheux ou de pentes balayées par des glissements de neige. Elle forme un peuplement hétérogène constitué d’érables, d’alisier blanc, d’arbustes et d’une strate herbacée souvent luxuriante.
  • La pineraie à moline (Molinio-Pinetum 910*) est une forêt ouverte qui colonise des pentes raides soumises à des glissements et à des phénomènes d'érosion. Des conditions extrêmes que le pin sylvestre (Pinus sylvestris) est la seule essence arborescente capable de supporter et qui favorisent la constitution d'un tapis luxuriant de molinie faux roseau (Molinia arundinacea). Tant que ces conditions perdurent, la pineraie à molinie se maintient, mais si le sol se stabilise et s'enrichit en humus, le pin fait progressivement place aux essences plus exigeantes et plus concurrentielles des hêtraies.

(*le numéro des associations forestières correspond au système de codage des groupements forestiers vaudois de l’observatoire de l'écosystème forestier)

Chênaie buissonnante (©Raymond Delarze)
Chênaie buissonnante (©Raymond Delarze)

Flore particulière (liste non exhaustive)

  • L’érable à feuilles d’obier (Acer opalus) non menacé
  • Le nerprun des Alpes (Rhamnus alpina) non menacé
  • La coronille en couronne (Coronilla coronata) non menacé
  • Le rosier agreste (Rosa agrestis) non menacé
  • Le cynoglosse officinal (Cynoglossum officinale), non menacé

Des informations détaillées sont disponibles sur l’atlas en ligne du réseau suisse des centres d’informations et de données faunistiques, floristiques et mycologiques http://www.infospecies.ch/fr/atlas-en-ligne.html

Le statut de menace se réfère à la liste rouge de l’UICN www.uicn.org/fr/

Nerprun des Alpes (©Dominique Iseli)
Nerprun des Alpes (©Dominique Iseli)
Erable à feuilles d’obier (©Mathieu Menand, Tela Botanica)
Erable à feuilles d’obier (©Mathieu Menand, Tela Botanica)
Rosier agreste (©Marie Portas, TeleBotanica)
Rosier agreste (©Marie Portas, TeleBotanica)
 

Faune particulière (liste non exhaustive)

Vertébrés

  • La vipère aspic (Vipera aspis L.), au bord de l’extinction.
  • Le lynx (Lynx lynx)
  • Le chat sauvage (Felis silvestris), en danger.
  • Le chamois (Rupicapra rupicapra), abondant.
  • Le pouillot siffleur (Phylloscopus sibilatrix), vulnérable
  • Le faucon pèlerin (Falco peregrinus), potentiellement menacé
  • Le rougequeue à front blanc (Phoenicurus phoenicurus), potentiellement menacé
  • L’épervier d’Europe (Accipiter nisus), non menacé
  • Le pouillot de Bonelli (Phylloscopus bonelli), non menacé
  • L’autour des palombes (Accipiter gentilis), non menacé
  • La barbastelle (Barbastella barbastellus), en danger
  • Le grand murin (Myotis myotis), vulnérable
  • Le murin de Natterer (Myotis nattereri), potentiellement menacé

Invertébrés

  • La veloutée des Alpes (Trochulus montanus), potentiellement menacée (escargot).
  • la rosalie des Alpes (Rosalia alpina), en danger
  • le Lamia textor, potentiellement menacé

Des informations détaillées sont disponibles sur l’atlas en ligne du réseau suisse des centres d’informations et de données faunistiques, floristiques et mycologiques http://www.infospecies.ch/fr/atlas-en-ligne.html

Le statut de menace se réfère à la liste rouge de l’UICN www.uicn.org/fr/

La rosalie des Alpes (©Rita Bütler)
La rosalie des Alpes (©Rita Bütler)
Le grand murin (©Patrick Patthey)
Le grand murin (©Patrick Patthey)

Le carnet du promeneur

La réserve des Rapilles est visible de loin. Le large dévaloir pierreux et pentu sur le versant Sud du Jura qui descend de la forêt des Trois Villes jusqu’en plaine marque le paysage, mais n’est guère accessible. Cette partie de la réserve avec des forêts sèches et arides abrite des hôtes que l’on ne souhaite généralement pas trop rencontrer tels la vipère aspic. Le plus spectaculaire est sans doute la floraison très printanière de l'érable à feuilles d'obier, lorsque les boisés des Rapilles encore gris virent au vert clair. En longeant la réserve au pied de la pente, il est possible d’admirer quelques chamois dans les pierriers. Pour la promenade, on préférera parcourir les Gorges de Covatanne - une cluse complète et exemplaire du Jura. Les falaises qui bordent l'Arnon dans les gorges sont très impressionnantes.

Vue des Rapilles
 

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Données générales

Statut : réserve forestière naturelle - créée en 2013

Surface : 114.37 ha

Territoires : Vuiteboeuf, Baulmes, Sainte-Croix   

Description : La réserve comprend les Rapilles de Baulmes et les contreforts des Gorges de Covatannaz, entre 600 m. et 1000 m. d’altitude. Elle se caractérise par de fortes pentes avec des escarpements rocheux et de grands éboulis calcaires bordés de forêts spécialisées : frênaies des rochers, tillaies, chênaies, pinèdes. Les hêtraies sèches dominent.

Propriétaires : Commune de Baulmes, Commune de Sainte-Croix, Etat de Vaud, Travys (Transports Vallée de Joux, Yverdon-les-Bains, Ste-Croix SA)

Visite

Accès routier et parking : à Vuiteboeuf ou Sainte-Croix (Gare).

Accès en transport public : gare de Vuiteboeuf ou de Sainte-Croix de la ligne Yverdon-les-bains - Sainte-Croix ou car postal jusqu’à Vuiteboeuf collège.

Sentiers : Une très jolie et courte promenade permet de découvrir un très grand nombre d'arbres et de buissons au pied des Rapilles. On empruntera un sentier quittant la route de Baulmes à Vuiteboeuf en face de l'usine Moll SA et rejoignant cette route un peu plus loin au sein d'un groupe de magnifiques hêtres très anciens.

Le sentier le plus connu celle des Gorges de Covatannaz :  prendre le chemin pédestre balisé des Gorges de Covatannaz soit pour monter à Sainte Croix (pt. 604) ou descendre à Vuiteboeuf depuis la Gare de Sainte-Croix. Variante pour le retour par la Via Francigena (itinéraire international N° 70)

 

Points marquants

  • Sur l’itinéaire international N°70 : le sentier utilise d’anciennes voies à ornières uniques en Suisse. Le chemin des gorges est jalonné de blocs erratiques et de grottes à chauve-souris.

Avertissements

  • Les points altitudinaux mentionnés se réfèrent à la carte nationale de la Suisse 1:25'000, N° 1182 Sainte Croix.
  • Selon les saisons ou la météo, l’itinéraire peut être fermé ou discontinu.

Autres particularités

  • La réserve coïncide partiellement  avec les territoires d’intérêt biologique prioritaire (TIPB N° 55 et 65) du réseau écologique cantonal
  • La réserve se trouve dans un réservoir (N° 503) des corridors à faune d’importance régionale.
  • La réserve coïncide avec la liaison suprarégionale N° 410  du réseau écologique cantonal.
  • Une partie de la réserve est classée en forêt protectrice.

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