L'éditorial du chancelier

Le 14 avril est une date importante dans l’histoire du canton. C’est en effet le 14 avril 1803 que le Grand Conseil vaudois, création de l’Acte de Médiation paraphé par Bonaparte, s’est réuni pour la première fois. En fêtant chaque année cet événement, les Vaudoises et les Vaudois célèbrent l’entrée officielle de leur canton dans la Confédération. Ce n’est donc pas un hasard si le choix du jour de l’entrée en vigueur de la nouvelle Constitution cantonale de 2003 s’est porté sur le 14 avril, marquant par ce symbole fort la continuité de l’histoire institutionnelle de la collectivité vaudoise.

Dix ans, c’est donc aujourd’hui l’âge de la nouvelle Constitution vaudoise. La révision totale d’une charte fondamentale reste un événement peu banal et un exercice peu ordinaire. L’avant-dernière remonte en effet à 1885. Si le processus issu du vote de principe du corps électoral le 7 juin 1998 s’est en quelque sorte fait attendre, il est survenu à un moment particulièrement propice au changement, soit à une période de profonde transformation de la société vaudoise tout entière, car, faut-il le rappeler, les années nonante furent pour le canton un temps de crises, de remises en question, de mue; il était logique qu’un tel moment de l’histoire s’accompagnât d’une révision totale de la Constitution.

Les auteurs de la Constitution du 14 avril 2003 ont modifié les institutions cantonales et communales; ils en ont créé de nouvelles; ils ont posé avec un grand souci de précision les tâches de l’Etat et des communes; ils ont fixé des principes clairs pour l’action publique; ils se sont enfin montrés explicites et exigeants sur les droits individuels. Ouverts et pragmatiques, ils ont donné au canton une Constitution digne du nouveau siècle qui s’ouvrait alors. Le présent anniversaire est l’occasion de témoigner à l’Assemblée constituante une profonde reconnaissance.

Le tiré à part que vous avez entre vos mains vous le montrera: nous célébrons aujourd’hui non pas un document figé dans une expression bien éloignée de la vie quotidienne, mais un texte vivant, évolutif, en prise directe avec la réalité. Gardons- nous de l’oublier: pour une population, disposer de sa propre Constitution est une chance, le signe qu’une part de son destin est entre ses mains.

 

Vincent Grandjean, chancelier de l’Etat de Vaud

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