Agriculture périurbaine

© j.-M. zellweger

Dans son rôle multifonctionnel, à la fois

  • de fourniture de denrées alimentaires,
  • d’entretien des paysages cultivés,
  • d’espaces favorables à la biodiversité,

l’agriculture est de plus en plus impliquée dans une relation de proximité et de coexistence avec le monde urbain, friand de nature et d’espaces de détente, mais aussi de produits de qualité de provenance locale ou régionale.

Des avantages…

En raison de centres de transformation et de distribution des produits agricoles souvent très éloignés des lieux de production, le consommateur peine parfois à comprendre ce qu’il mange.

L’agriculture périurbaine offre en revanche de réelles opportunités de rétablir des liens directs avec des citadins à la fois gourmets et soucieux de leur santé. En effet, lorsqu’il s’agit de bien s’alimenter, rien ne vaut la fraîcheur et la garantie de qualité ou d’origine des produits de la ferme et de la région.

… et des inconvénients

À côté des aspects positifs du rapprochement entre la ville et la campagne, certaines pratiques et comportements individuels peuvent cependant de part et d’autre devenir localement des sources de réelles nuisances.

À titre d’exemples, la proximité de terres cultivées va sans doute donner lieu à des apports de fumure organique, sous forme de purinages ou d’épandages de fumier, mal acceptés s’ils interviennent la veille de jours fériés ou à proximité immédiate de zones d’habitations. De même, l’abandon de déchets urbains et les crottes de chien peuvent transformer les prairies et les champs cultivés en de véritables dépotoirs et réservoirs infectieux, nuisibles tant pour les récoltes que pour la santé du bétail.

Le Code rural et foncier et certaines autres dispositions en lien à la police des constructions peuvent donner des pistes d’amélioration. Il en est ainsi de l’obligation de poser des clôtures pour empêcher la divagation du bétail, et des distances minimales à respecter pour l’implantation des bâtiments d’élevage susceptibles de produire des nuisances olfactives ou acoustiques.

Lorsqu’aucune législation spécifique ne permet de régler ces problèmes de voisinage, il revient à la commune de faire usage de sa compétence générale en matière de police rurale. Elle peut ainsi ajouter des dispositions à son règlement général de police ou établir spécifiquement un règlement de police rurale. Elle peut également réactiver la fonction de garde champêtre.

Les bonnes questions

  • Des mesures d’information peuvent-elles être entreprises localement pour rapprocher citadins et paysans ?
  • Existe-t-il une base légale applicable aux exploitants agricoles pour le problème rencontré ?
  • Existe-t-il une base légale applicable aux autres citoyens pour le problème rencontré ?

Recommandations

Inscrire par exemple dans le cadre d’un Agenda 21 des actions concrètes de rapprochement ville-campagne : soutenir les initiatives de vente directe par les agriculteurs locaux, privilégier les produits régionaux dans les manifestations officielles ou subventionnées.

Une bonne information du public et le rappel des règles de comportement peuvent être envisagés, soit par des avis à insérer dans les bulletins communaux ou régionaux, soit par la pose de panneaux didactiques aux abords des chemins vicinaux.

Aménager le territoire communal en prévoyant des cheminements pour les piétons, les randonneurs, les cavaliers ou les cyclistes, en tenant compte des interfaces potentiellement à risque ou conflictuelles avec l’exploitation des terres agricoles ou le pacage des animaux de rente.

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