Il est encore temps de chercher une place d’apprentissage

Trouver une entreprise formatrice? C’est fait pour Amaniel Negash, apprenti installateur en chauffage au sein du Groupe Alvazzi et Cheila Walter, apprentie électricienne chez Ciel Electricité. PATRICK MARTIN

La période de recherche d’une place d’apprentissage bat son plein: des milliers de places sont encore disponibles.

A l’approche de la fin de l’année scolaire, c’est la dernière ligne droite pour trouver une place d’apprentissage. Comme chaque année, beaucoup de places sont encore disponibles à cette période: plus de 1000 à Genève (env. 60% des places annoncées) et un peu moins de 2000 dans le canton de Vaud (env. 40% des places annoncées). L’offre est certes moins grande qu’au mois de décembre dans certaines professions, mais il est encore temps de trouver son bonheur.

Trouver une entreprise

Pour commencer un apprentissage, il faut trouver une entreprise formatrice. La Bourse des places d’apprentissage, disponible sur www.orientation.ch/apprentissage, publie une grande partie des places proposées par les entreprises. Cette plate-forme officielle et gratuite est mise à jour par les offices d’orientation ou de la formation professionnelle cantonaux. De nouvelles places peuvent encore être publiées durant l’été: il vaut donc la peine de la consulter régulièrement ou de s’abonner à l’alerte e-mail pour se tenir au courant des nouveautés. Certaines entreprises privilégient d’autres canaux pour annoncer leurs places: leur site internet, le bouche-à-oreille, les annonces emploi dans les journaux ou sur internet, etc. La formation en entreprise commence en août, et les cours professionnels à la rentrée scolaire. Il faut donc dans l’idéal avoir trouvé une place et signé son contrat d’apprentissage à fin juillet, mais des contrats peuvent encore être conclus après cette date.

Les domaines qui recrutent

La bourse vaudoise des places d’apprentissage annonce encore des places dans plus de 150 professions CFC ou AFP différentes. Commerce et vente sont largement en tête, ce qui n’a rien de surprenant puisque ce sont les domaines qui engagent le plus d’apprentis et d’apprenties. L’électricité et la restauration annoncent encore plus d’une centaine de places; l’intendance, les installations sanitaires, la ferblanterie ou encore la coiffure plus de trente. Il y a aussi des professions dont plus de 80% des places annoncées sont encore disponibles à ce jour: étancheur/étancheuse, opérateur/opératrice de machines automatisées, installateur/installatrice en chauffage, poêlier-fumiste/poêlière-fumiste, technologue en denrées alimentaires ou en assainissement, constructeur/constructrice métallique, etc. Ces métiers, parfois peu connus mais avec d’excellentes perspectives de formation, méritent d’être découverts. A Genève, ce sont les domaines du commerce et de la construction qui annoncent encore le plus de places disponibles. De manière générale en Suisse, les métiers du bâtiment sont particulièrement touchés par la difficulté à recruter des apprentis et apprenties, alors que les besoins en main d’œuvre dans ce domaine ne font qu’augmenter. Ces professionnels ont en effet un rôle important à jouer dans la transition énergétique du pays: assainissement des bâtiments, installation de panneaux solaires, de pompes à chaleur, etc.

L’apprentissage, une première formation qui mène à tout !

La formation professionnelle est un pilier du système éducatif suisse. Elle commence dès la fin de la scolarité obligatoire avec l’apprentissage, aussi connu sous le nom de formation professionnelle initiale. D’une durée de trois ou quatre ans, il débouche sur l’obtention d’un certificat fédéral de capacité (CFC). Il se déroule en entreprise avec des cours à l’école professionnelle, un à deux jours par semaine, et des cours interentreprises. Pour un petit nombre de métiers, il est aussi possible de suivre la formation en école de métiers à plein temps. Le CFC est un titre clé pour s’insérer dans le marché du travail. Le programme de formation étant élaboré par les organisations du monde du travail, il correspond aux besoins des entreprises.

Pour certains métiers, il est aussi possible de suivre une formation moins exigeante en deux ans, débouchant sur une attestation fédérale de formation professionnelle (AFP). Elle permet de trouver un emploi ou de rejoindre la filière CFC, en principe en 2e année.

Le certificat de maturité professionnelle complète le CFC avec un approfondissement des connaissances en culture générale. Il se décline en cinq orientations et peut s’obtenir parallèlement à l’apprentissage (voie intégrée) ou après le CFC, en une année à plein temps ou deux à temps partiel. Il permet d’accéder aux hautes écoles spécialisées (HES). Ces écoles de niveau tertiaire délivrent des bachelors et masters dans un grand nombre de domaines: ingénierie, architecture, design, économie, social, santé, etc. Le CFC ouvre aussi les portes des écoles supérieures ou permet, après quelques années d’expérience, de se préparer aux examens des brevets et diplômes fédéraux.

Les titulaires d’une maturité professionnelle peuvent même accéder à l’université ou aux écoles polytechniques fédérales, à condition de réussir un examen complémentaire passerelle, dont la préparation dure en général une année.

Comment réussir sa postulation 

Après avoir trouvé une ou plusieurs entreprises proposant une place dans le métier visé, il faut préparer son dossier de candidature. Voici quelques règles de base à respecter afin d’éviter qu’il ne finisse au bas de la pile. Un mot d’ordre valable en tous les cas: éviter les erreurs d’orthographe. Une relecture du dossier par quelqu’un de son entourage est souvent très utile.

Chercher une place d’apprentissage implique généralement de postuler auprès de plusieurs entreprises simultanément, soit notamment: écrire des lettres, faire plusieurs copies de ses bulletins de notes et rapports de stage, téléphoner à différentes personnes de contact. Une bonne organisation s’avère alors indispensable : garder une copie des documents envoyés, noter les différentes démarches effectuées, les délais de postulation, etc.

Le CV est une sorte de carte d’identité, qui répond à la question: qui suis-je ? Il résume l’essentiel de la scolarité suivie et les intérêts personnels du candidat ou de la candidate. Il doit tenir sur une page A4 et être lisible facilement. Joindre une photo n’est pas obligatoire, sauf si l’entreprise le demande dans son annonce. Dans ce cas, choisir une photo passeport de bonne qualité.

La lettre de motivation est la partie la plus importante du dossier de candidature, car elle permet de montrer son intérêt à occuper la place d’apprentissage proposée. Elle répond à la question: qu’est-ce que je veux ? Il est donc important de rédiger une lettre personnelle plutôt que de recopier un modèle. Une lettre de motivation bien mise en page reflétant une conviction personnelle peut faire toute la différence.

Des copies des rapports de stage et des derniers bulletins scolaires complètent en général le dossier de candidature. Certaines entreprises demandent également d’autres documents, par exemple les résultats d’un test d’aptitudes. En tous les cas, il est important de fournir tous les documents demandés par l’entreprise.

Envoi du dossier par e-mail? Par courrier? Là aussi, s’en tenir aux exigences de l’entreprise. Certaines n’acceptent que les postulations en ligne, d’autres préfèrent recevoir les dossiers par e-mail ou par courrier postal. Dans certains domaines, notamment les métiers manuels, les entreprises apprécient les visites spontanées de candidats et candidates ou le contact par téléphone. N’ayant pas toujours le temps nécessaire pour répondre aux demandes écrites, ce contact direct leur permet de sonder l’intérêt et la personnalité des jeunes.

Trouver de l’aide

De nombreux conseils sur les démarches de postulation sont disponibles sur les sites d’orientation suisse (www.orientation.ch) et cantonaux (www.vd.ch/orientation, www.citedesmetiers.ch). Les élèves de l’école obligatoire peuvent également faire appel au conseiller ou à la conseillère en orientation de leur établissement pour les aider dans leurs démarches, se rendre dans le centre d’information sur les études et les professions de leur région (CIEP) ou à la Cité des métiers pour les genevois ou encore participer aux recrutements en direct (voir encadré). A noter, pour finir, que des vidéos de conseils sur les démarches de recherche d’une place d’apprentissage réalisées en collaboration avec Yoann Provenzano sont à découvrir sur le site www.zoom-vd.ch

Recrutements en direct

Les cantons de Vaud et de Genève organisent différentes actions pour favoriser la rencontre entre les entreprises et les jeunes à la recherche d’un apprentissage. Dans le canton de Vaud, la Nuit de l’apprentissage a eu lieu le 9 février de cette année avec plus de 600 entretiens fixés. Cette action s’est prolongée avec 3 sessions de recrutement en ligne de mars à mai. A Genève, les jeunes à la recherche d’une place d’apprentissage peuvent participer au Printemps de l’apprentissage en mars, ainsi qu’à de nombreuses sessions de recrutement en direct, de décembre à août. Une occasion unique d’avoir un premier contact avec les entreprises, sans sélection préalable sur dossier.

Catherine Fleury Ruckli

Office cantonal d'orientation scolaire et professionnelle

Publié dans le 24 heures du 25 mai 2022

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