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L'apprentissage, une base solide pour des études supérieures

Gaël Bernard, docteur en systèmes d’information, a su saisir les opportunités et tirer parti des circonstances pour construire pas à pas sa carrière dans un domaine de pointe. Chantal Dervey

L’apprentissage, une base solide pour des études supérieures.

Du CFC de médiamaticien, décroché en 2008, au doctorat en systèmes d’information, fêté en 2020, Gaël Bernard a construit son parcours étape par étape, sans s’être projeté au départ dans des études supérieures. «Si j’avais ressenti unepressionà15 ans pour faire un doctorat, je ne l’aurais sûrement jamais fait.» Cet ancien élève de VSB (aujourd’hui VP) a choisi de changer de voie après un an de stress scolaire. «Je préférais bien réussir ma VSG plutôt que vivre dans l’angoisse d’une VSB passée de justesse. Mes parents m’ont soutenu dans cette décision.»
Intéressé par l’informatique, Gaël Bernard a découvert le métier de médiamaticien au cours d'une séance d'information organisée par l'Office cantonal d'orientation. "Ce métier me semblait ouvert et varié." Il a choisi la formation proposée en école de métiers,offrant, selon lui, "une transition plus douce vers la vie professionnelle qu'un apprentissage en entreprise". Il a également préparé la maturité professionnelle en parallèle du CFC. "Nous avions beaucoup de projets à réaliser, et les cours de maturité étaient difficiles, relève Gaël Bernard. Je suis fier d’avoir obtenu ces deux diplômes.»
La troisième année de la formation est constituée de deux stages qui ont conduit le jeune homme à réaliser des créations multimédias pour une entreprise de cosmétiques, ainsi qu’à faire du développement informatique et du helpdesk chez un fournisseur de services multimédias.
Gaël Bernard a gardé des liens avec cette deuxième entreprise et y a obtenu un emploi de développeur à la suite de son apprentissage. «Je me suis posé beaucoup de questions, j’avais un métier, un salaire. Mais j’avais peur de m’ennuyer…Je voulais plus de challenge.»
Après avoir assisté aux portes ouvertes de la Haute École d’ingénierie et de gestion du canton de Vaud (HEIG-VD), Gaël Bernard s’est lancé dans la formation d’ingénieur des médias, des études de trois ans à plein temps dont un échange Erasmus en deuxième année, en Finlande. «J’ai vécu en colocation avec d’autres étudiants de diverses nationalités. Ça a été une expérience très enrichissante.»

Poursuivre des études
Son bachelor HES empoché en 2012, l’heure est au bilan: «Je ne souhaitais pas faire uniquement du développement informatique, mais également de la gestion de projets informatiques et du management.» Il s’intéresse alors au master en systèmes d’information de la Faculté des hautes études commerciales (HEC) à l’Université de Lausanne, accessible par une passerelle de six mois. Il se retrouve à suivre des cours de bachelor HEC qu’il n’a pas choisis, avec des étudiants plus jeunes que lui. «Pour moi, la passerelle a été plus difficile que le master», confie-t-il. «Pendant le master, mon parcours me donnait des avantages sur les autres étudiants. J’avais fait beaucoup de programmation et pouvais plus facilement lier ce que nous apprenions en cours à la réalité du métier.» Gaël Bernard a toujours travaillé pendant ses études dans son domaine de compétences. «Après mon master, une entreprise internationale m’a proposé un poste d’auditeur informatique.Mais j’aurais plutôt souhaité faire du consulting, ce que je ne pouvais pas faire à ce moment-là, par manque d’expérience.» Il a alors décidé de se lancer dans un doctorat en trouvant un professeur disposé à suivre sa recherche.«Ce qui me motivait, c’est le défi intellectuel.» Aujourd’hui docteur en systèmes d’information, Gaël Bernard est spécialisé dans l’analyse des parcours clients à l’aide de techniques particulières de traitement de données tels que le process mining et le machine learning. Le jeune chercheur est en attente d’une réponse à une postulation dans ce domaine et pourrait également commencer un post-doc en février prochain. Si Gaël Bernard a un conseil à donner, c’est bien celui de ne pas regarder trop loin et de faire le point au fur et à mesure, de tirer parti des circonstances et de valoriser son réseau pour construire sa carrière. «À 15 ans, je ne me voyais pas terminer mes études à 31 ans.»

Pauline Castella
Corinne Giroud
Office cantonal d’orientation scolaire et professionnelle - Vaud

Publié dans le 24Heures du 12 novembre 2020

Classes d’accueil

Dans le canton de Vaud, le secteur Accueil de l’Ecole de la transition offre aux jeunes de 15 à 20 ans récemment arrivés en Suisse et non francophones la possibilité d’être inscrits dans une classe d’accueil, en principe pour une durée de deux semestres. L’inscription se fait par le biais du Portail de la Migration (tél: 021 316 11 40). Le même type de classes d’accueil est également proposé à Genève par le Service de l’accueil de la scolarité postobligatoire (ACPO).

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