Les stages de mobilité à l’étranger sont un premier pas vers l’emploi

Après un stage de mobilité en Angleterre, Ilyes Destraz a été engagé dans une entreprise spécialisée dans le multimédia, l’informatique et la réalité virtuelle.Patrick Martin

Les stages pendant ou après la formation des apprentis et des étudiants ES sont un atout certain pour l’insertion professionnelle

Mis en place depuis la rentrée d’août 2015 , le programme de mobilité proposé par le canton de Vaud et soutenu notamment par la Fondation Movetia a déjà bénéficié à plus d’une centaine d’apprentis, d’apprenties, d’étudiants et d’étudiantes ES. Il répond ainsi aux objectifs du canton d’encourager la mobilité internationale et l’apprentissage des langues nationales et étrangères. Ilyes Destraz et Endrit Nurcaj ont tous deux saisi l’opportunité d’effectuer un stage à l’étranger. Le premier en tant qu’apprenti diplômé et le second en tant qu’étudiant en école supérieure ES.

«Après l’obtention de mon CFC d’interactive media designer à l’ERACOM, raconte Ilyes Destraz, la doyenne de l’école m’a informé de cette nouvelle possibilité. Alors en recherche d’emploi, j’ai immédiatement fait part de mon intérêt.» Avec le soutien de la Direction générale de l’enseignement postobligatoire (DGEP), le jeune homme décroche un stage de cinq mois au sein d’une petite entreprise active dans le domaine de la réalisation de vidéos publicitaires à Manchester. «Mon objectif était notamment de découvrir d’autres méthodes de travail. J’ai énormément appris et mes progrès ont été conséquents: je suis passé d’un projet par jour à trois à la fin de mon stage. J’ai gagné en créativité et en efficacité, notamment parce que mes patrons m’ont fait confiance, ont pris en compte mes intérêts et m’ont laissé beaucoup d’autonomie et de liberté.» De retour en Suisse après cette expérience positive, Ilyes Destraz a rapidement été engagé dans l’entreprise où il avait suivi son apprentissage. «Pour des métiers créatifs comme le mien, c’est essentiel de sortir de la Suisse. Il y a beaucoup à apprendre.»

Intéressé par le domaine artistique, Endrit Nurcaj a, quant à lui, entrepris un apprentissage de polydesigner 3D, puis une formation en école supérieure ES en visual merchandising design à Vevey. Durant celle-ci, il a l’opportunité de suivre un cours faisant notamment référence à la directrice d’un bureau parisien de prévision des tendances. Il se rend ensuite à deux de ses séminaires à titre privé: «J’ai eu une révélation: c’était ça que je voulais faire». Endrit Nurcaj se renseigne alors sur les possibilités de stage. «Je voulais acquérir de l’expérience pratique durant ma formation pour pouvoir être directement employable une fois mon diplôme obtenu.» L’assistant de la directrice lui propose un stage de trois mois comme iconographe. «Grâce au soutien de l’école, j’ai eu droit à une bourse qui couvrait les transports, la nourriture et le logement. Sans cela, je n’aurais jamais pu réaliser ce stage.»

Travailler au cœur des tendances
À Paris, le jeune stagiaire effectue de longues recherches d’images et réalise des books pour l’industrie: choix de tissus, de photos, etc. «J’ai aussi pu rencontrer des clients et créer un style pour vendre leurs produits. J’ai beaucoup aimé évoluer dans le monde professionnel. C’était très dur de revenir sur les bancs d’école», relève Endrit Nurcaj. L’étudiant termine toutefois sa formation ES avec succès et est engagé peu après en tant que rédacteur en image pour un magazine «lifestyle» suisse. «Je suis responsable des images de la publication et je m’occupe de la production des shootings photos: trouver les modèles, les lieux, les photographes, les stylistes ou encore les coiffeurs. C’est mon job de rêve.»

Zoé Schneider
Office cantonal d’orientation scolaire et professionnelle - Vaud

Publié dans le 24Heures du 31 janvier 2020

En pratique

Les programmes de mobilité sont proposés aux apprentis (en formation duale ou en école de métiers) et étudiants des écoles supérieures vaudoises, pendant leur formation ou dans l’année suivant l’obtention de leur diplôme ou de leur maturité professionnelle. Les candidats doivent avoir atteint la majorité avant leur départ en stage. Ils peuvent bénéficier d’un soutien financier pour effectuer un stage d’une durée de 3 à 12 mois, en Suisse ou à l’étranger. Si nécessaire et en fonction du lieu de séjour, des compétences linguistiques (en principe de niveau B1) doivent être acquises.

Pour en savoir plus :
Direction générale de l’enseignement postobligatoire
Rue St-Martin 24
1014 Lausanne
Tél. +41 21 316 63 04
www.vd.ch/dgep
info.dgep@vd.ch

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