Plus de 1300 places d’apprentissage sont encore à prendre dans le canton de Vaud

À la rentrée, les apprentis de 1re année rejoindront leurs camarades plus avancés dans les écoles professionnelles. Ici, le Centre d’enseignement professionnel de Morges. Christian Brun

Les jeunes visant une formation professionnelle poursuivent leurs démarches, avec l’appui des conseillers en orientation. Témoignages.

Anne-Laura connaît bien son fils. «Lorenzo est actif et créatif, il aime travailler de ses mains, avoir des activités variées.» Lors de sa dernière année d’école, Lorenzo a redoublé d’efforts et renforcé ses connaissances scolaires pour pouvoir envisager le rac I, à défaut de trouver une place d’apprentissage pour la rentrée. Une solution qui n’est plus d’actualité, puisqu’il vient de signer un contrat d’apprentissage avec une entreprise de la région. Après avoir expérimenté plusieurs métiers au cours de stages, il découvre que celui de ferblantier répond au mieux à ses aptitudes manuelles et à son besoin de mouvement. Lorenzo est tout sourire: «J’ai adoré fabriquer des objets et travailler en extérieur… Après mon stage, j’ai remercié l’entreprise, elle m’a rappelé et proposé un entretien!»

Remotivé par son succès, il envisage déjà de poursuivre sa formation après son apprentissage, de ferblantier-couvreur à contremaître. «Mon fils a de l’ambition», se réjouit sa maman avec fierté.

Fascinée par les montres
Débora, élève de la voie prégymnasiale, sait depuis toujours quel sera son futur métier: elle veut être horlogère, comme son grand-père, qu’elle n’a pas connu, sinon à travers les quelques objets conservés par son père. «Je suis fascinée par les montres et par les outils qu’il a fabriqués», confie la jeune fille de 15 ans. Débora aurait tellement aimé se former dans la manufacture où travaillait son grand-père! Mais, malgré un stage très positif pendant lequel elle a «beaucoup aimé monter et démonter un mouvement», elle a été recalée à l’entretien, «peut-être parce que je suis trop jeune», regrette la jeune fille. Par dépit, elle envisage de s’inscrire à l’école de maturité «dans l’idée de devenir pédiatre». Encouragée par ses parents, elle s’est en outre présentée au concours d’admission organisé par l’école d’horlogerie à plein temps. Cette fois, avec succès. Commentaire de l’intéressée : «Quand on fait ce qu’on aime, on se donne de la peine!» Ses recommandations aux candidats et candidates à un apprentissage? «En stage, il faut faire de son mieux. La tenue vestimentaire et l’attitude comptent aussi: pas de jeans troué! Et il faut oser poser des questions quand on ne comprend pas.»
«C’était une idée de mes parents. Chez nous, en Afghanistan, c’est la guerre, il n’y a pas d’avenir. » Wasiqullah est arrivé en Suisse en 2016, à l’âge de 13 ans.
Aujourd’hui parfaitement francophone grâce à une formidable volonté d’intégration, il est à la recherche d’une place d’apprentissage et enchaîne les stages. «Je suis intéressé par le domaine de la santé, surtout par le côté technique. J’ai fait des stages de laborantin en chimie et en biologie qui se sont très bien passés, mais je n’ai pas réussi le test d’admission. J’ai aussi fait un stage de technologue en production chimique et pharmaceutique, et là c’est l’entretien qui n’a pas marché.»
Le jeune homme a voulu en connaître la raison. «On m’a dit que je n’avais pas su quoi répondre à la question «Pourquoi moi et pas quelqu’un d’autre?». Quand on sort de l’école, on n’a pas la maturité pour répondre à certaines questions. Mais je suis prêt à travailler pour m’améliorer et combler mes lacunes.» Wasiqullah est inscrit sur une plate-forme en ligne et reçoit des alertes lui signalant les places disponibles dans les métiers qui l’intéressent: «Je cherche aussi une place d’assistant en pharmacie, mais je dois d’abord réussir le Basic-Check. J’attends mes résultats. » Philosophe, il considère ses stages comme autant d’occasions de se familiariser avec les attentes du monde professionnel et de s’améliorer dans les entretiens.

Soutien bienvenu
Pendant le semi-confinement, les psychologues conseillers et conseillères en orientation des établissements scolaires ont «poursuivi leurs activités à distance», relate Maud Raval, du Centre régional Nord. «J’ai notamment préparé des élèves à leur entretien d’admission en école de métiers en organisant des entretiens fictifs, par téléphone. Des tests d’intérêts ont pu être réalisés en ligne et les entretiens de restitution ont également eu lieu par téléphone.» Depuis la reprise des permanences dans les établissements scolaires (le 11 mai), les tâches d’organisation, de coordination et de suivi d’élèves occupent une bonne partie de l’agenda des psychologues conseillers en orientation. Maud Raval constate: «Toute la difficulté est de remotiver certains jeunes à faire des stages et à poursuivre leurs recherches après cette période particulière. Pourtant, les jeux ne sont pas encore faits. Comme chaque année, les entreprises recrutent dans de nombreux domaines. Il vaut la peine de ne pas relâcher ses efforts.»

 

Corinne Giroud

Office cantonal d’orientation scolaire et professionnelle - Vaud

Publié dans le 24Heures du 25 juin 2020

Initiatives cantonales
De nombreuses initiatives sont mises en place dans le canton pour aider les jeunes à trouver une place d’apprentissage durant l’été. Renseignements auprès des Centres régionaux d’orientation (adresses sur www.vd.ch/orientation ), actualité à suivre sur les réseaux sociaux.

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