Préparer un CFC en deux ans après le gymnase

«On a cette chance incroyable d’arriver au même but par plusieurs chemins.» Aujourd’hui technicien ES en systèmes industriels, Jérémie Dessauges a préparé un certificat fédéral de capacité (CFC) d’automaticien en deux ans après sa maturité gymnasiale.Odile Meylan

Un apprentissage de durée réduite ouvre l’accès à l’emploi et aux formations supérieures. Jérémie Dessauges en témoigne.

Gymnase ou apprentissage? La question du choix entre une formation générale au gymnase ou une formation professionnelle initiale se pose pour tous les élèves, quelle que soit la voie suivie. Pour Jérémie Dessauges, l’avenir passait par l’école de maturité. «Je me voyais au gymnase, puis à l’EPFL, sur les traces de ma soeur. À l’école, j’avais de la facilité, mais, avec le recul, pas forcément le goût des études.» Ses parents connaissaient aussi l’intérêt de leur fils pour les activités manuelles et l’ont encouragé à partir plutôt en apprentissage et à obtenir un CFC. «Mais je n’avais que l’EPFL en tête», se souvient le jeune homme de 29 ans.

Changement de cap
Sa maturité gymnasiale(maths-physique) en poche, Jérémie Dessauges se retrouve sur les bancs de l’EPFL, où il déchante rapidement. «C’est difficile de suivre les cours quand on est 300 dans un auditoire. Je ne me suis pas assez engagé dans mes études et j’ai dû refaire l’année.» Des problèmes de santé l’obligent à interrompre son cursus, avant de raccrocher l’année suivante. «Ça n’a pas marché, je ne me sentais pas à ma place. J’ai dû revoir mon projet.» Tout en travaillant dans une grande surface de sa région où il a trouvé un job d’étudiant, il cherche une alternative aux études polytechniques. Il se rend aux portes ouvertes de la Haute École d’ingénierie et de gestion où il découvre les projets pratiques menés par les étudiants HES, mais c’est au Salon des métiers que son intérêt se confirme pour le métier d’automaticien. «Un ami a fait cet apprentissage pendant que j’étais au gymnase et il m’en avait parlé. C’est un métier varié, qui touche à la mécanique, à l’électronique et à l’informatique. Je suis passionné par la technique.»

Deux ans au lieu de quatre
Inscrit au Centre professionnel du Nord vaudois (CPNV) pour suivre la formation d’automaticien à plein temps, il apprend que sa maturité gymnasiale lui vaut une réduction de la durée de l’apprentissage: deux ans au lieu de quatre. «Ma facilité de compréhension m’a permis de m’en sortir, et j’ai été très bien encadré parles enseignants. C’était idéal pour moi de suivre cette formation en deux ans. En quatre ans, je me serais peut-être ennuyé.» Jérémie Dessauges a obtenu son CFC en 2018, avec les meilleurs résultats du canton. «Quand j’ai commencé l’apprentissage, je pensais déjà à continuer après. Je me suis renseigné sur les possibilités et j’ai découvert l’École supérieure technique.» La formation de technicien ES en systèmes industriels, très orientée vers la pratique, lui semblait mieux répondre à son goût du concret que la formation d’ingénieur HES.«J’ai appris à utiliser des appareils, à assembler les pièces, à les faire fonctionner et à les programmer.» Il découvre la réalité d’un bureau technique lors de son stage de fin d’études dans une entreprise de la région où il réalise son travail de diplôme. «J’aurais aimé rester après l’obtention de mon diplôme, mais il n’y avait pas de poste libre en recherche et développement, le domaine qui m’intéresse.» Jérémie Dessauges s’est donc mis à postuler et n’a pas eu à attendre longtemps avant de trouver de l’embauche. «Je cherchais une place qui me corresponde. Le plus difficile a été de choisir parmi les réponses positives reçues. Il y a de l’emploi dans mon domaine, les spécialistes formés en Suisse restent difficiles à trouver.» Il a choisi de relever le défi de travailler dans une entreprise suisse alémanique spécialisée dans la fabrication de machines pour des lignes de production, où tout est à construire. «J’ai été engagé pour développer la clientèle en Suisse romande et programmer les machines, les capteurs, les moteurs, le système informatique,en vue de créer un prototype.»

Corinne Giroud
Office cantonal d’orientation scolaire et professionnelle - Vaud

Publié dans le 24 heures du 29 avril 2021

Partager la page