Moustique tigre : questions fréquentes

Questions sanitaires

Ce moustique représente-t-il un danger sanitaire pour la population ?

Le risque sanitaire reste très limité à l’heure actuelle. Le moustique tigre est indésirable car il peut transmettre certaines maladies tropicales comme la dengue, le virus zika et le chikungunya, dans les zones où ces maladies sont endémiques. A l’heure actuelle, la probabilité qu’un moustique pique une personne malade puis une autre non porteuse de ces maladies est très faible dans le canton. La stratégie fédérale, reprise par le Canton, est de maintenir le moustique tigre à un niveau très bas pour limiter ce risque de transmission de maladies.

Comment faut-il réagir en cas de piqûre ? Est-ce différent ?

Rappelons que le moustique tigre n’est pas encore installé dans le Canton et que nous cherchons surtout à limiter sa propagation à ce stade. Pour se prémunir contre le moustique tigre, les mesures à prendre sont les mêmes que face à un autre moustique et peuvent varier d’une personne à l’autre. Les habits longs et couvrants sont recommandés en extérieur. L’efficacité des crèmes anti-moustiques dépend de chaque personne. Pour les personnes qui font de fortes réactions allergiques, le recours à un médecin peut être utile pour une meilleure prise en charge.

Si je reviens d'un pays à risque, dois-je faire particulièrement attention ?

Chaque année, quelques voyageurs ramènent certaines des maladies qui peuvent être transmises par le moustique tigre (dengue, virus zika et Chikungunya). Bien que le risque sanitaire soit encore minime dans le canton, il est essentiel de signaler toute apparition du moustique mais aussi toute fièvre ou symptôme suspect au retour d’un pays à risque.

Lorsque le moustique tigre est présent et pour éviter qu’une personne infectée ne devienne un foyer actif,  les environs immédiats font l’objet d’un traitement.

Le moustique tigre peut-il transmettre le covid ?

Le virus du Covid n’est pas transmis par les piqûres de moustique. Selon l’OMS, il n’y a aucune évidence ou preuve scientifique qui suggère une transmission par les moustiques :

  • Les moustiques peuvent transmettre des virus, mais pas tous les types de virus
  • Les virus transmis par les moustiques appartiennent à la catégorie des arbovirus (dengue, chikungunya, fièvre jaune et zika, p.ex.), c’est-à-dire qu’il s’agit de virus capables de se répliquer dans le corps des insectes et d’être ensuite transmis via les piqûres. Le virus responsable du Covid-19 n’est pas considéré comme un arbovirus.

Les défis de santé publique vont-ils en s’accélérant avec le changement climatique ?

Il est vrai que le changement climatique entraîne de nouveaux défis. La santé est affectée de manière directe à travers les canicules et autres événements météorologiques extrêmes. Les changements climatiques peuvent aussi porter atteinte à la santé de manière indirecte, en affectant la qualité de l’air et de l’eau, en facilitant la propagation de maladies encore absentes chez nous ou en causant des accidents. 

Une partie des effets du réchauffement ne se laissera plus éviter et nous devons être parés. C’est pourquoi le Canton maintient et renforce ses programmes de prévention en portant une attention particulière aux personnes les plus vulnérables, comme les jeunes enfants et les personnes âgées, ainsi que celles qui souffrent de maladies chroniques. Les programmes de prévention comme la lutte contre le moustique tigre et contre les effets de la canicule s’inscrivent aussi dans ce cadre. 

Prévention et lutte

D’où vient-il ? Comment est-il arrivé ici ?

Le moustique tigre est considéré comme l’une des espèces invasives les plus redoutées. En effet, originaire d’Asie du Sud-Est, ce moustique a colonisé le monde en quelques décennies grâce à son adaptabilité écologique marquée mais aussi grâce aux activités humaines qui procurent un transport passif offert  dans les véhicules et le commerce. Il est actuellement présent dans toute l’Europe du Sud et avance actuellement vers le nord. Toutes les informations, y compris une carte de répartition sont sur www.moustiques-suisse.ch

Que peut faire le public ?

En tant que particulier, vous avez un rôle important à jouer pour l’empêcher de pondre et l’identifier s’il cherche à s’installer. Vérifiez toutes les petites collections d’eau (pots, coupelles, bâches, etc.) et videz-les ou remplissez de sable les très grosses coupelles. En second lieu, si vous pensez en avoir vu un, signalez-le sur le site www.moustique-suisse.ch avec si possible une photo. Tous les conseils sur www.vd.ch/moustique-tigre.

Un indice : si c’est un moustique tigre, il pique de jour !

Si je n’ai pas de jardin, comment puis-je participer ?

Le développement des larves du moustique tigre se fait dans toutes les petites collections d’eau en régions urbaines et périurbaines. Il peut ainsi s’installer sur un balcon, une entrée d’immeuble, une place de jeux, un arrosoir avec un fond d’eau, des coupelles sous les plantes de fenêtre, etc. Le public est appelé à vider l’eau stagnante de ces petites collections mais aussi, le cas échéant, à reconnaître et dénoncer un éventuel début d’installation.

Est-ce que la pluie le gêne ?

La pluie complique la prévention, puisqu’il devient difficile de vider des coupelles, par exemple. Ce d’autant qu’elle ne le gêne pas vraiment : il peut se déplacer sous la pluie si nécessaire. La suppression des lieux où s’accumulent de petites quantités d’eau stagnante reste le seul moyen.

J’en ai attrapé un. C’est un moustique tigre. Que dois-je faire ?

Le fait que ce soit un moustique tigre doit être confirmé par un spécialiste. Il faut pour cela le notifier sur le site www.moustiques-suisse.ch si possible avec une photo de bonne qualité. Un spécimen peut être demandé par la suite pour permettre l’identification formelle par les experts. 

Ne serait-il pas mieux de traiter préventivement ? Puis-je le faire chez moi ?

L’utilisation de répulsifs peut être utile pour limiter le risque de piqûre de moustiques. Par contre, celle des insecticides, surtout avec des produits en libre-accès, n’est pas du tout recommandée en prévention. Les insecticides sont dans ce cas inutiles, très peu efficaces sur les moustiques et peuvent être nocifs pour l’environnement et certaines autres espèces animales.  Si nécessaire, un traitement avec un larvicide (un produit qui tue les larves) spécifique sera réalisé par les autorités, uniquement là où le moustique est identifié.  

Pour lutter efficacement contre le moustique tigre, il faut intervenir à l’avance, c’est-à-dire enlever tous les points d’eau stagnante et identifier toute tentative de ponte. 

Actions des autorités

Qu’est-ce qui a été fait pour empêcher l’arrivée et l’installation du moustique tigre ?

Toutes les mesures possibles et utiles ont été prises avant son arrivée déjà et continueront à l’être. En effet, l’arrivée du moustique tigre était attendue car elle est favorisée par le réchauffement climatique et il est déjà présent dans les pays et cantons voisins. Elle peut néanmoins être freinée et, surtout, il est possible de limiter son installation en étant très vigilant. C’est pourquoi, depuis 2019, le Canton agit par des actions de surveillance sur le terrain et de la prévention publique.

Quelles sont les actions de surveillance et prévention ?

Il s’agit d’actions de monitorage durant toute la période de ponte avec la participation de communes choisies pour leur position stratégique dans l’avancée du moustique, soit près de zones déjà contaminées en Suisse romande, à savoir Genève et le Valais (Nyon, Aigle et Bex), soit près de grands axes routiers (Yverdon) ou parce qu’une identification y a eu lieu (Nyon, Cully et Prilly).

Des pièges pondoirs, analysés toutes les deux semaines, sont placés dans des lieux propres à attirer d’éventuelles femelles prêtes à pondre. D’autres peuvent être posés en cours de saison en cas de signalement positif.

  • Le réseau autoroutier Suisse est surveillé de manière identique au niveau national.
  • Une plateforme nationale www.moustiques-suisse.ch rassemble les signalements et permet d’identifier d’éventuels moustiques tigres.
  • Le Canton informe les Communes et une formation des employés communaux est proposée
  • Le public est invité à participer avec la campagne publique « ne l’invitons pas à l’apéro et le site web www.vd.ch/moustique-tigre.
  • La prévention s’effectue en collaboration intercantonale et même transfrontalière : depuis 2021, les autorités franco-suisses autour du Léman se sont unies pour coordonner leurs efforts de lutte, autour du Conseil du Léman, le moustique tigre étant un problème partagé.

Le moustique va sans doute tenter de s’installer dans de nouvelles zones du canton. Les mesures pour freiner sont installation doivent continuer ; elles ont montré leur efficacité.

Que se passe-t-il lorsqu’une ponte est confirmée dans un lieu ?

Lorsque le moustique tigre est identifié par les spécialistes : 

  • le traitement est effectué immédiatement sur place à l’aide d’un biocide à action ciblée qui empêche le développement des larves. Ce traitement est d’une grande efficacité et permet d’éliminer les larves dans les lieux de ponte tout en n’ayant aucun impact sur le reste de l’environnement (faune, flore et humains).
  • le voisinage est prospecté à la recherche de zones de pontes
  • des pièges supplémentaires sont posés et régulièrement relevés
  • comme expliqué plus haut, un traitement préventif (en l’absence de ponte identifiée) n’est ni utile, ni efficace. L’usage par les privés de produits du commerce est fortement déconseillé car il peut être nocif pour l’environnement et certaines autres espèces animales. 

Après les traitements et les interventions en 2021, peut-on dire que le moustique tigre a été éradiqué ?

Non, il est trop tôt pour le dire. C’est durant le monitorage en 2022 que nous pourrons confirmer ou infirmer qu’il s’est installé. La découverte d’un moustique adulte ou d’un piège pondoir positif ne suffit pas à dire qu’une population est installée. En effet, on considère que c’est le cas lorsque des œufs sont recensés dans une même station lors de trois relevés consécutifs, dès deux années de suite. Ces découvertes signifient néanmoins qu’une surveillance accrue d’un éventuel développement de populations se justifie.  

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