Près de 3000 ans d'occupation

Sans contact avec l'air, le bois résiste très bien à l'usure du temps, même s'il est colonisé par les algues. © Archéologie cantonale
Vue aérienne de la maquette du village du Bronze ancien (en 1635 av. J.-C.). © MCAH, maquette H. Lienhard, photo Fibbi-Aeppli

C'est dans une ancienne baie aujourd’hui comblée que plus de vingt villages préhistoriques successifs ont été mis au jour entre novembre 1995 et mars 2000. Les fouilles ont livré près de 8000 pilotis, vestiges de villages construits entre le Néolithique et l’âge du Bronze (4300 à 1570 av. J.-C.).

Les villages
L’ampleur des interventions, à savoir la fouille extensive d’une surface de 4700 m2 environ, a permis d’appréhender l’organisation spatiale des vestiges et d’en préciser l’évolution architecturale, du Néolithique à l’âge du Bronze.
Les études sont en cours pour l’architecture de la période Néolithique, mais résultats préliminaires montrent pour les premières occupations des petites maisons isolées, aménagées sur le rivage. Elles cèdent la place à des maisons avec un plancher surélevé qui s’organisent en petits hameaux. L’apparition de palissades autour des maisons marquent le début d’un phénomène de pérennisation du village caractérisé par de nombreuses réfections.
Au Bronze ancien, les villages montrent en revanche des organisations très régulières, visiblement bien planifiées, qui laissent penser à des changements dans la structure sociale des populations qui les occupaient.

Mobilier, faune et macro-restes végétaux
L’analyse de l’extraordinaire mobilier - céramique, métallique, organique - livré par les fouilles permet d’aborder le vaste sujet de l’économie des sociétés du Néolithique et de l’âge du Bronze ancien: l’utilisation des ressources végétales, la gestion de la forêt, l’alimentation, l’approvisionnement carné, les pratiques pastorales et l’agriculture. Les analyses spatiales permettent de rechercher des zones d’activités spécifiques pour comprendre la structuration de l’espace villageois. L’abondance  du mobilier a par ailleurs donné la possibilité de travailler de manière quantitative sur les outils et les déchets, afin d’aborder la question des chaînes opératoires de fabrication des objets, en plus des aspects typologiques. Signalons enfin que les datations par la dendrochronologie et la typologie céramique ont permis de revoir la chronologie du Bronze ancien régional.

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