L'architecture de la Cathédrale

L'architecture de la Cathédrale

Plus vaste édifice gothique de Suisse, la cathédrale de Lausanne possède une architecture remarquable empreinte de nombreux chefs-d'œuvre du patrimoine artistique européen. Parmi ceux-ci, dont toutes les origines remontent au XIIIe siècle, l'extraordinaire rose du transept sud, le portail peint sur la même façade ou encore les splendides stalles.

Les vitraux de la rose

photo : Promenades Angéliques

Antérieures aux roses de la cathédrale de Chartres, les vitraux de la rose de Lausanne ont été réalisés entre 1205 et 1232, probablement par le maître Pierre d'Arras. Exceptionnel par sa polychromie et sa grande complexité formelle, la rose de Lausanne inscrit parfaitement sa géométrie complexe dans un écrin de pierre très sophistiqué. Magistrale et unique la rose de Lausanne fut notamment repérée et dessinée par Villard de Honnecourt lors de ses voyages d'études à travers l'Europe. Deux éléments déterminent la création de son concepteur. Il s'agit d'une part de l'influence artistique de la fin de l'Antiquité, transmises à travers des œuvres carolingiennes et sensibles au niveau de l'iconographie et de la forme. D'autre part, il est question d'une influence stylistique franco-flamande. 

Le parti pris d'insérer cette représentation du monde dans des figures géométriques vient de l'influence exercée par les ouvrages encyclopédique largement répandus à l'époque et qui donnent une image du monde et des différentes représentations de la cosmologie médiévale selon des figures géométriques dont le cercle est le principal élément. (Voir les exemples ci-dessous). C'est probablement dans ces aspects de construction géométrique et symbolique des images conceptuelles que réside l'intérêt que leur portait les bâtisseurs. 

Le thème principal de l'image du monde qu'illustre cette rose a rarement été aussi développé qu'à Lausanne, et il était également exceptionnel que des compositions de ce type renoncent à tout sujet religieux ou moral, comme les vertus ou les tempéraments.

Le carré central

La composition actuelle du carré central est une Création d'Edouard Hosch, maître verrier qui restaura les vitraux de la rose entre 1891 et 1899. On y trouve représenté cinq scènes de la création, alors qu'à l'origine ce carré central comportait certainement la figuration d'Annus (le dieu de l'année figuré par le Créateur), entouré de Sol (déplacé), Luna (déplacé), Dies et Nox (qui ne forment plus qu'un:Terra/Nox déplacé lui aussi dans la rosace).

Les mois

Les mois sont placés avec leurs saisons respectives dans les demi-cercles entourant le carré central. Le diocèse de Lausanne dont la Vierge était la patronne, observait le calendrier marial qui commençait l'an au mois de mars avec la fête de l'Annonciation.

Le zodiaque

Le zodiaque, tel que nous le connaissons est le résultat d'un long processus qui prit fin dans la seconde moitié du III e siècle avant notre ère. Les représentations du zodiaque ont été nombreuses jusqu'au VI e siècle et très tôt associées à d'autres cycles représentant le temps qui passe, tels les mois et les saisons

Les éléments

Au XII e siècle, l'intétêt porté aux quatre éléments connut un succès énorme. Chacun des quatre éléments de la Rose est personnifié par une femme, alors que, souvent, le feu et l'eau sont représentés sous les traits d'un homme. Ceux-ci sont entourés par trois signes du zodiaque et par une science divinatoire.

Les sciences divinatoires

L'art de prédire l'avenir en observant les quatre éléments dérivent de la tradition antique. Des quatre sciences divinatoires Géomancie, Hydromancie, Aérimancie et Pyromancie, seules les deux dernières sont présentes à Lausanne. Les deux autres ont été remplacées par Luna et Sol provenant du centre de la Rose.

Les fleuves du Paradis

Placés à l'angle du grand carré de la Terre qu'ils irriguent, ces quatre fleuves, Ghéon, Tigre, Euphrate, Phison, proviennent tous les trois de la même source ayant son origine au Paradis. Ce dernier se trouve à l'Est au -delà des régions habitées par les hommes. Selon les auteurs médiévaux, les fleuves disparaissaient sous la terre aux confins du Paradis pour réapparaître et chercher leurs source dans les régions habitées par le genre humain.

Les monstres

Associés aux fleuves du Paradis, les monstres sont des êtres vivants dans les lointaines et inquiétantes contrées des Indes et d'Afrique. Le fait qu'ils se répartissent aux quatre points cardinaux symbolisés par les fleuves du Paradis, accentue le sens topographique et souligne en même temps la présence symbolique des continents.

Les vents

Tandis que les fleuves du Paradis et les monstres sont situés à la périphérie de la terre habitée, les vents occupent les régions aux confins du cercle cosmique. Dès l'Antiquité, ils sont représentés de deux manières: par des personnes entières ou comme à Lausanne, par des têtes humaines.

Les palmettes

De trois sortes, (palmettes, ecoinçons et rosettes) ces éléments décoratifs ne doivent pas seulement être considérés comme une décoration innocente, mais être vus également dans la représentation du temps et de la signification multiple de l'image du monde. L'art roman et le premier art gothique ne connurent pas la représentation naturaliste des plantes qui ne prit son essor que vers le milieu du XIIIe siècle.

Haut

Claude Bornand 2000

Le beffroi

La Tour du beffroi réalisée par le troisième maître d'oeuvre de la cathédrale, Jean Coterel, est située au-dessus de la partie sud du massif occidental du monument. La Tour inachevée marque dans sa partie nord l'asymétrie caractéristique de la façade d'entrée de la cathédrale de Lausanne. Rectangulaire et dotée d’un double étage de galeries percées de baies en ogives, la Tour du beffroi est flanqué sur chacun de ses angles par des tourelles circulaires au sud et carrées au nord. Elle renferme les sept cloches du monument.

Après la conservation des polychromies intérieures du portail peint, la restauration des tourelles de la nef et la réfection des combles du déambulatoire, le chantier du beffroi est la quatrième intervention d'envergure à avoir été financée par le crédit ordinaire de la cathédrale durant ces vingt dernières années. En été 1998, la tenue à Lausanne d'un colloque réunissant plusieurs spécialistes reconnus dans le domaine de la campanologie, inaugure l'intervention. Le chantier s’est déroulé en deux temps. Premièrement par la restauration de la flèche qui couvre la tour, puis par la réhabilitation de la charpente du beffroi proprement dit, ainsi que de ses sept cloches.

Informations sur les divers niveaux de la tour  (PDF, 26 Ko)

Le guet

Renato Hausler, le guet actuel - Photo : C. Bornand

Depuis plus de 600 ans, le traditionnel guet de la cathédrale crie les heures de 22h00 à 2h00 chaque jour de l'année.

C'est le guet... il a sonné dix...

Le portail peint

Dispositif latéral d'entrée dans la cathédrale, le portail peint était destiné dès son origine en 1235 à accueillir les pèlerins et à les faire transiter à travers un cycle remarquable de statues polychromes. L'importance, la finesse du détail, la qualité de la sculpture ainsi que la bonne conservation de cet ensemble médiéval font du porche peint un complexe patrimonial parmi les plus importants d'Europe illustrant à merveille l'esthétique et la théologie gothique.

Dès son origine vouée au culte de la Vierge, la Cathédrale de Lausanne invite ses nombreux pèlerins à traverser, au début de leur procession, un porche peint situé sur la face sud de l'édifice. Ce dernier, avec les stalles datant du XIIIe siècle et la rose du transept, représente l'un des trois éléments qui donnent à la Cathédrale de Lausanne sa réputation internationale. L'importance, la finesse du détail, la qualité de la sculpture ainsi que la bonne conservation de la polychromie médiévale font du porche peint un complexe patrimonial parmi les plus importants d'Europe illustrant à merveille l'esthétique et la théologie gothique. Désormais protégé, le portail peint a été rendu au public le 4 octobre 2007 au terme de 40 ans d’analyses et de travaux.

Plaquette d'informations sur le portail peint (PDF, 0,92 Mo)

Restauration du portail

Cela fait plus d'un siècle que l'on tente de soustraire aux influences du climat extérieur ce remarquable ensemble de sculptures. Cela fait plus longtemps encore que l'on tente de résorber les difficultés statiques agissant sur ce porche. En effet, à peine édifié au début du XIIIe siècle, celui-ci est très rapidement soumis à des désordres de structure liés aux charges des contreforts supérieurs et nécessite des renforcements d'urgence qui conduisent les constructeurs à obturer ses faces latérales, peu d'années après sa réalisation. Ces obturations trahissent toutefois la volonté initiale de disposer d’un porche pleinement ouvert à la vue des pèlerins.

A la suite de six siècles d'assombrissement, l'architecte français Eugène Emmanuel Viollet-le-Duc mandaté par le Conseil d'Etat en 1872 pour la conservation générale de l'édifice, veut retrouver le statut spatial d'origine du portail peint. Il décide ainsi la réouverture des baies latérales. Cette soudaine réouverture à la lumière entraîne immédiatement un retour en force des effets climatiques sur le Portail: des signes de dégradation apparaissent. Les trois dernières décennies ont été consacrées à la remise au jour des vestiges de la polychromie médiévale, la consolidation de la statuaire, l'amélioration statique du porche, la consolidation des parements extérieurs, la reprise de la toiture et de la couverture, la mise en place enfin de trois nouvelles baies vitrées chargées de la protection de la statuaire peinte. Tant d'années de recherche, tant d'efforts et de précautions, permettent aujourd'hui aux visiteurs et aux fidèles de la Cathédrale de Lausanne, d'apprécier et de redécouvrir un trésor peint désormais sous bonne sauvegarde.

photo : Jérémy Bierer

Les stalles du XIIIe siècle

Dix stalles, des quarante initialement existantes lors de la construction de la cathédrale, ont été restaurées. Vous pouvez maintenant les découvrir dans le nouvel espace muséal réalisé à l'intérieur de l'édifice, au premier niveau de la Tour du Beffroi.

Ces stalles ont été probablement fabriquées en lien avec la consécration solennelle de la cathédrale en 1275, comme le laisse penser la date d’abattage du bois. Elles faisaient partie du mobilier de l’ancien choeur capitulaire, un enclos réservé au chapitre et au clergé qui s’étendait du jubé au fond du choeur. Elles ont dû remplacer un mobilier provisoire. Elles étaient appuyées contre la paroi orientale du jubé dans la dernière travée de la nef et, à retour d’équerre, contre des clôtures dans la croisée du transept. Cet ensemble comprenait encore au début du XIXe siècle une quarantaine de stalles hautes, nombre qui doit correspondre approximativement à celui d’origine ; une série de sièges bas était peut-être disposée devant elles.

Aujourd’hui, après force tribulations, seuls subsistent deux groupes de cinq stalles hautes, délimités à chaque extrémité par des jouées. Deux d’entre elles présentent une face sculptée sur toute la hauteur, la troisième, dans sa partie supérieure seulement; ce sont des jouées principales situées en tête de rangée. La quatrième affiche, des deux côtés dans le registre inférieur, les feuillures et l’encoche qui permettait à l’abattant de pivoter, signe qu’elle occupait une position intermédiaire entre deux sièges. De par leur utilisation constante jusqu’au début du XIXe siècle, les stalles ont fait l’objet, au fil du temps, de nombreux ajustements et réparations, révélés lors d’examens attentifs de détail. Les modifications les plus radicales et les plus spectaculaires remontent à la fin du XIXe siècle.

Plaquette d'informations sur les stalles (PDF, 535 Ko)

Haut

Partager la page