Dossier d'exposition

Fonds privés

Les fonds privés complètent à ce titre de manière heureuse les fonds officiels de l’administration cantonale. Ils proviennent essentiellement de familles armoriées, ou de particuliers qui ont réuni des collections et de la documentation thématique.

D’un autre côté, les Archives cantonales vaudoises sont les dépositaires des armoiries communales et conservent un fichier des blasons familiaux. A ce titre, ce sont elles qui procèdent à l’enregistrement des armoiries. L’exposition tente donc également de mettre en lumière cette part de l’activité de l’institution.

L’exposition s’articule de la manière suivante. Les quatre premières vitrines sont consacrées aux armoiries communales : la première explique le passage de compétence de la Commission des armoiries communales aux Archives cantonales vaudoises concernant la création et la modification d’armoiries; tandis que les trois autres vitrines expliquent un cas concret d’armoiries communales (Cudrefin et le poisson qui devient truite à la faveur d’une fusion de communes, Rovray et le tunnel autoroutier d’Arrissoules, lequel constitue un nouvel élément héraldique, Onnens/Montagny et la pince de l’écrevisse prise sur l’armoirie d’Onnens et que l’on retrouve sur le blason de Montagny).

Quant aux quatre vitrines suivantes, elles évoquent l’histoire de quelques familles par le truchement de l’héraldique: il s’agit alors des familles Moginier, Paschoud, Newton et Durussel.

Enfin, s’agissant des documents s’étalant sur les murs, un jeu vous est tout d’abord proposé sur la paroi carrelée en verre. Il consiste à identifier les familles dont les armoiries sont représentées. Tirées soit de l’ouvrage de Donald L. Galbreath soit de celui de François J. Rappard (voir bibliographie héraldique), il s’agit «d’armoiries parlantes», ce qui devrait faciliter la devinette… Les solutions vous sont néanmoins divulguées avec, le cas échéant, une brève explication.

Sur le mur en face du jeu figure un exemple d’utilisation des armoiries à des fins de connaissance historique. Des couteaux parvenus au Musée historique ont pu être identifiés par le biais des armoiries qu’ils portaient sur leurs manches. Celles-ci étant en effet celles de la famille de Rumine.

Le mur central est dédié aux liens unissant la généalogie à l’héraldique. Il présente l’ascendance de la famille de Joffrey par quartiers, soit 256 quartiers. On trouve aussi la généalogie de Neuchâtel par Jean Grellet (1888) lequel présente des branches rompues pour symboliser les enfants naturels, de même que la généalogie de Praroman par Samuel Olivier (1734), généalogie bordée des blasons des familles alliées.

En face, soit du côté de la salle de conférences, on peut découvrir les raisons des différentes mutations d’armoiries de la famille de Hennezel - de Gingins en partant d’une taque de cheminée, tandis que, derrière la paroi vitrée, un héraut aux armes de Morges vous informe de la durée de l’exposition, entouré des armoiries de la baronnie de Vaud, de celles de la famille de Blonay, d’un vitrail aux armes de la famille Mellet datant de 1722, et d’un vitrail inconnu jusqu’alors, daté de 1524, présentant saint Jacques et saint François recevant les stigmates d’un Christ-séraphin placés derrière un écu aux armes des Grandson.

Enfin, un blason identique se trouve à côté de ce texte de présentation. Comme il arbore des coquilles Saint-Jacques, nous vous invitons donc à faire votre pèlerinage à travers cette exposition.

Bonne visite!

Héraldique

Depuis le Moyen âge, les armoiries constituent un emblème propre aux individus, puis aux familles et aux institutions. Elles figurent aux endroits les plus variés. On les trouve ainsi sur des bâtiments, des objets, des publications ou des manuscrits, par exemple. Ces représentations symboliques appartiennent donc à notre patrimoine.

Les écus multicolores sont parfois curieusement meublés. «Meublé», voilà un exemple du langage héraldique, codifié, à la fois archaïque, déconcertant et savoureux, obéissant à certaines règles et rencontrant toujours un certain intérêt. En héraldique, le terme de «meuble» est ainsi «un nom générique donné aux figures dont la place dans l’écu peut être variable (animaux, plantes, objets, etc.) par opposition aux pièces et partitions dont la place est fixe».

Divers manuels permettent de pénétrer dans ce monde fascinant et de le comprendre. Figurant dans la petite bibliographie que nous vous proposons ci-dessous, plusieurs d'entre eux se trouvent dans la bibliothèque des Archives. L’institution possède également dans ses fonds des armoriaux anciens, ainsi que des collections de sceaux et de moulages, pour la plupart touchant d'une manière ou d'une autre le Pays de Vaud.

Le XXe siècle, loin de voir s’étioler le goût des armoiries, comme cela avait été craint au cours du siècle précédent, l’a au contraire vu se démocratiser davantage, tout d’abord par la présence de blasons sur les plaques minéralogiques et des armoiries communales figurant à l’entrée des localités.

Les armoiries familiales

Mais, de plus, de nombreuses familles, jusqu’alors dépourvues de représentation héraldique se sont fait établir un blasonnement. Dès lors, si certaines armoiries sont anciennes, de nouvelles continuent d’apparaître, toutes les familles ne disposant pas obligatoirement d’armoiries. On relèvera donc que l’existence d’armoiries ne présage en rien de l'appartenance d’une famille à la noblesse. Il convient de signaler aussi que, dans les armoiries plus récentes, on remarque une modernisation qui se matérialise par l’apparition de nouveaux meubles (tunnel autoroutier, bateau, avion, etc.).

En 1934-1936, Donald Lindsay Galbreath publiait son Armorial vaudois en deux volumes, comprenant une étude minutieuse des diverses sources utilisées, allant des anciens armoriaux aux marques à feu. Ce magistral travail, demeuré inégalé, résumait des années de recherches sur les armoiries de très nombreuses familles vaudoises ou en relation avec le canton de Vaud.

Pour le compléter, Olivier Dessemontet élabora un fichier héraldique à partir de 1952, avec la collaboration des héraldistes vaudois. Il s’agissait de répertorier d’une part les armoiries ayant malgré tout échappé aux recherches de Galbreath et, d'autre part, les nouvelles créations qui voyaient le jour régulièrement. En 1996, François J. Rappard a repris les compléments de ce fichier pour en publier le blasonnement et le dessin dans son Armorial vaudois 1936-1996.

Le fichier est toujours alimenté à ce jour. De la sorte, quand elles sont communiquées aux Archives cantonales, les armoiries sont enregistrées gratuitement, leur blasonnement est contrôlé, et il est vérifié qu’elles respectent les règles héraldiques et ne sont pas déjà portées. Ce fichier remplit ainsi un double rôle: permettre l’identification d’armoiries existantes et permettre le contrôle afin d’éviter les appropriations d’armoiries et les erreurs de blasonnement.

A l’heure actuelle, le lecteur peut obtenir le blasonnement d’une famille en indiquant à la réception ou à l'archiviste de salle le nom et l'origine de la famille concernée. Il est possible d'obtenir un croquis en couleurs de ces armoiries moyennant un émolument de Fr. 20.-.

Il convient de signaler encore qu’un travail de numérisation des armoiries familiales et communales est en cours. Une base de données de leurs blasonnements est également en voie de réalisation. La recherche d’armoiries sera ainsi facilitée.

Les armoiries communales

Au début du XXe siècle, seul un quart des communes vaudoises possédaient des armoiries complètes. Sous l’impulsion d’une démarche du Conseil d’Etat datant de 1899, les communes ont alors entrepris de se doter d’armoiries communales conformes aux règles héraldiques. C’est la raison pour laquelle une Commission cantonale des armoiries communales a existé de 1921 à 1931, chargée d'abord de conseiller les municipalités sur la création ou la modification des armoiries de leur commune et de les répertorier, puis dès 1925 de fournir un préavis au Conseil d'Etat qui ratifie chaque création ou modification nouvelle. Finalement, toutes les communes ont été pourvues d’armoiries avant la Deuxième Guerre mondiale.

Toutefois, encore en vigueur actuellement, le mandat a par la suite été repris par la direction des Archives cantonales où se trouvent déposées les archives de la Commission. Un état de ces travaux a été publié par Olivier Dessemontet et Louis Nicollier dans l'Armorial des communes vaudoises en 1972.

Bibliographie sommaire consacrée à l’héraldique

Ouvrages généraux

  • Galbreath, Donald Lindsay; Jéquier, Léon: Manuel du blason, Ed. Spes, Lausanne, 1977. 344 p.
  • Neubecker, Ottfried: Le grand livre de l’héraldique. L’histoire, l’art et la science du blason, Bordas, Paris, 1993. 288 p.
  • Pastoureau, Michel: Traité d’héraldique, Picard, Paris, 1979. 366 p.
  • Pastoureau, Michel; Popoff, Michel (sld): Les armoiries. Lecture et identification, Association Etudes, Loisirs et Patrimoine, Paris, 1994. 104 p.
  • Théodore Cornaz (1856-1938), héraldiste vaudois, Archives de la Ville de Lausanne, 1988. 32 p.
  • Wenzler, Claude: Le guide de l’héraldique. Histoire, analyse et lecture des blasons, Ed. Ouest-France, Rennes, 2002. 223 p.

Armoriaux

  • Dessemontet, Olivier: Armorial des communes vaudoises, Ed. Spes, Lausanne, 1972. 269 p.
  • Galbreath, Donald Lindsay: Armorial vaudois, Baugy-sur-Clarens, 1934-1936. 754 p.
  • Rappard, François J.: Armorial vaudois, (1936-1996): blasonnements et illustrations des armoiries de familles vaudoises qui ont été complétées, modifiées, où [sic] créées depuis 1936, Slatkine, Genève, 1996. 132 p.

Généalogie

Science ancienne, la généalogie suscite toujours un engouement certain. Aux Archives cantonales vaudoises, elle représente environ un tiers des sujets de recherche. Restée longtemps l’apanage des élites sociales, elle s’est aujourd’hui démocratisée, comme si l’on prenait peu à peu conscience que toutes les familles ont une histoire. Même si les mouvements migratoires peuvent être plus ou moins importants selon les époques et les milieux, il n’y a pas – à proprement parler – de «vieilles familles» et de «nouvelles familles» puisque tout être humain a généralement une mère et un père. L’art du généalogiste consiste à les retrouver sur plusieurs générations.

Les recherches préliminaires

La première étape consiste naturellement à interroger ses proches. Une fois recueillis témoignages oraux et documents conservés par les familles, il convient parfois d’obtenir des informations intermédiaires auprès d’un office de l’état civil car les sources de ce type consultables aux Archives cantonales sont antérieures à 1876, date de la création d’un état civil fédéral.

Le Répertoire des noms de familles suisses, le Livre d’or des familles vaudoises et le «Répertoire Chastellain», constitué de cinq volumes dactylographiés regroupant  les mentions des familles dans les registres paroissiaux conservés aux Archives cantonales, permettent une première approche.

Divers travaux généalogiques non publiés, souvent communiqués par des chercheurs, ont été regroupés dans la série dite des «dossiers généalogiques», dont l'inventaire est périodiquement remis à jour. Cet instrument de travail donne également un accès par renvoi à plusieurs fonds d’archives constitués par des privés qui s’avèrent particulièrement utiles pour le généalogiste. Les inventaires de fonds d’archives sont disponibles en salle de travail.

En parallèle, la bibliothèque des Archives cantonales possède divers manuels relatifs à la généalogie, ainsi que de nombreuses monographies consacrées à des familles ayant marqué le Pays de Vaud de leur empreinte. Elle recèle également des publications consacrées à l'histoire générale ou communale.

Les sources

L’état civil cantonal vaudois (1821-1875) et les registres paroissiaux qui le précèdent sont consultables aux Archives cantonales. Dans le Pays de Vaud, ces registres peuvent être particulièrement anciens, remontant parfois jusqu’au milieu du XVIe siècle. Ils peuvent aussi se révéler lacunaires voire inexistants. D’autres séries permettent à la fois de combler les trous et d'étoffer les informations (registres de notaires, cadastre, manuels des consistoires, ceux des autres cours de justice, recensements, rôles d'étudiants, etc.). Les testaments et contrats de mariage consignés dans les registres notariés constituent, par exemple, des sources de très grand intérêt pour le généalogiste car ils contiennent habituellement le nom des membres de la famille à un moment donné. Les terriers ou registres de reconnaissances de biens, en quelque sorte le cadastre médiéval et d'ancien régime, permettent souvent d’établir les filiations manquantes.

Certaines de ces sources ont fait l’objet d’instruments de recherche très élaborés.  Ainsi, l’inventaire des registres paroissiaux vaudois vient d’être complètement mis à jour. Plusieurs d’entre eux sont munis de répertoires permettant d’accélérer considérablement la recherche. Il existe également des fichiers de dépouillement d’archives (individus ou noms de famille cités, pasteurs, mariages et décès, lieux-dits, etc.).

Suivant les séries, la consultation des documents se fait sur microfilms (état civil, registres paroissiaux, notaires, répertoires, fichiers de dépouillement) ou directement sur l'original (cadastre, cours de justice, terriers). Les lecteurs de microfilms permettent à l’usager d’établir des copies.

Mentionnons pour mémoire que des sources complémentaires importantes peuvent aussi se trouver dans les Archives communales.

Le Cercle vaudois de généalogie

Fondé en 1987, le Cercle vaudois de généalogie a son siège aux Archives cantonales. S'il ne se livre pas lui-même à des recherches, il a été constitué pour venir en aide aux généalogistes, faciliter les contacts et mettre à leur disposition des outils de travail. Il publie donc annuellement à l'intention de ses membres un Bulletin généalogique vaudois, contenant notamment des articles scientifiques, des inventaires de fonds généalogiques, des travaux sur les familles vaudoises et des Nouvelles du Cercle, plus fréquentes, agent de liaison entre les membres, contenant notamment une rubrique «questions et réponses» provenant du courrier des lecteurs. Le Cercle organise des conférences et des sorties, ainsi que des stamms en hiver pour débattre des divers thèmes touchant à la généalogie.

Bibliographie sommaire consacrée à la généalogie

  • Chastellain, Henri: Répertoire des noms de familles extraits des registres de l'état civil du canton de Vaud (soit des registres paroissiaux), dit Répertoire Chastellain, Lausanne, 1926-1928. 5 vol. dactylographiés consultables aux Archives cantonales
  • Comment réaliser sa généalogie. Histoire de la famille. Origine des patronymes, Ed. Cabédita, Yens, 1991. 153 p. (Coll. Archives vivantes)
  • Delédevant, Henri; Henrioud, Marc: Livre d'or des familles vaudoises, Spes, Lausanne, 1923 (rééd. Slatkine, Genève, 1979). 435 p.
  • Diesbach-Belleroche, Benoît de: « La recherche généalogique en Suisse », in: La généalogie. Histoire et pratique, Larousse, Paris, 1991, p. 217-234
  • Levallois, Marie-Pierre (éd.): Larousse de la généalogie, Larousse, Paris, 2002. 318 p.
  • Mergnac, Marie-Odile: Débuter une recherche généalogique, Autrement, Paris, 2004. 112 p. (Coll. Autrement. Généalogies)
  • Moos, Mario von: Bibliographie généalogique suisse, Société suisse d’études généalogiques, Bâle, 1994 (2e éd.). 2 vol. (Coll. Arbeitshilfen für Familienforscher in der Schweiz Nr. 6)
  • Répertoire des noms de famille suisses, Schulthess, Zürich, 1989 (3e éd.). 3 vol.
  • Bulletin généalogique vaudois, Cercle vaudois de généalogie, Chavannes-près-Renens, 1988->
  • Nouvelles du Cercle, Cercle vaudois de généalogie, Chavannes-près-Renens, 1989->

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