Prévenir et traiter l'homophobie et la transphobie dans les lieux de formation

Afin de poursuivre la lutte contre toute forme de violence et le renforcement du climat scolaire, le Secrétariat général du DFJC a recruté l’année passée une déléguée aux questions d’homophobie et de transphobie dans les lieux de formation. Entrée en fonction en septembre 2020, elle a pour mission la consolidation d’une politique de prévention et de traitement de l’homophobie et de la transphobie d’une part, et de protection de l’intégrité des élèves et des professionnel·le·s LGBTIQ ainsi que des familles arc-en-ciel d’autre part.

Depuis l’automne passé, l’experte collabore avec les actrices et acteurs en place telles que les directions générales, l’Unité de promotion de la santé et de prévention en milieu scolaire (UPSPS) et la HEP Vaud. Elle coordonne la plateforme cantonale qui réunit notamment les associations, fondations et entités actives sur ces questions ainsi que l’Unité PSPS. Elle reçoit et accompagne différentes demandes provenant d’écoles comme de parents.

Homophobie et transphobie en contexte scolaire

Les élèves LGBTIQ sont davantage la cible de violences (dont le harcèlement-intimidation entre élèves) et leur taux de tentative de suicide est plus élevé que celui de leurs camarades, notamment en raison de la stigmatisation et du manque fréquent de facteurs de protection (école, famille, etc.).

Les violences homophobes et transphobes ainsi que les tabous relatifs aux personnes LGBTIQ engendrent davantage d’absentéisme et de décrochage scolaire ; dégradent les conditions d’apprentissage et les processus de socialisation, le climat au sein des classes et de l’établissement, la santé et l’estime de soi ; péjorent le sentiment d’appartenance et de sécurité à l’école ; enraient les aspirations scolaires et professionnelles.

En outre, plus du tiers des élèves se définissant comme hétéro sont la cible d’homophobie. Dans ce sens, les enfants et les jeunes qui ne se plient pas aux stéréotypes de genre subissent fréquemment du dénigrement, que ce soit par leurs camarades ou des adultes de l’école, ce qui est ressenti comme d’autant plus injuste.

Pour ces différentes raisons, l’élaboration d’un plan d’action s’est montrée incontournable, pour que chaque personne puisse apprendre et travailler dans un environnement serein, étant ainsi bénéfique à l’ensemble de la communauté scolaire.

Un plan d’action en trois axes

Afin de répondre aux besoins du terrain, d’identifier les lacunes et de valoriser les actions existantes, le plan d’action se base sur la littérature scientifique, sur des études réalisées avec des élèves ainsi que sur des entretiens de recherche menés auprès d’une diversité d’actrices et acteurs de la scolarité obligatoire et postobligatoire du canton de Vaud. Ce plan d’action comprend trois axes et dix mesures ; il a été présenté dans le cadre de la journée internationale contre l’homophobie et la transphobie.

AXE 1 : Garantir un environnement d’apprentissage et de travail exempt de discriminations et respectueux des personnes, quels que soient leur orientation affective et sexuelle, leur genre, leur configuration familiale
  • Expliciter la politique publique et renforcer le cadre institutionnel
  • Actualiser les documents administratifs et fournir un accompagnement juridique et pratique
  • Effectuer un suivi institutionnel de la politique publique de lutte contre l’homophobie et la transphobie
  • Doter tous les établissements d’un référentiel commun
    AXE 2 : Prévenir les violences homophobes et transphobes ; promouvoir le respect envers les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, trans*, intersexes, queer ou en questionnement (LGBTIQ)
  • Développer les compétences des professionnel·le·s de l’école
  • Intégrer ces questions dans les enseignements en fonction des degrés scolaires
  • Mutualiser et partager les pratiques professionnelles et pédagogiques
  • Promouvoir des activités de sensibilisation auprès des élèves et par les élèves
  • Consolider la communauté éducative (parents, partenaires, liens École-Culture)
  • Visibiliser le réseau et les ressources
  • Identifier une personne-ressources formée dans chaque établissement

    Visibiliser ces questions dans les pratiques éducatives, les enseignements et les projets
    AXE 3 : Réagir face aux situations d’homophobie ou de transphobie et les traiter
  • Renforcer l’intervention des professionnel·le·s face aux violences homophobes et transphobes
  • Consolider la prise en charge des situations d’homophobie et de transphobie

    Réduire le décrochage scolaire

    Ces mesures visent à remédier au manque de reconnaissance, aux violences et au silence. Elles répondent aux besoins des établissements et s’inscrivent dans le concept 360°, participant aux démarches de consolidation d’une culture professionnelle non discriminatoire et de promotion de la santé, de l’égalité et de la diversité.

    Dans le prolongement du dispositif vaudois de lutte contre les phénomènes de harcèlement-intimidation entre élèves, il s’agit de rappeler qu’il n’y a pas de place ni pour l’homophobie, ni la transphobie, ni toute autre forme de violence liée au genre ou à l’orientation affective et sexuelle dans les lieux de formation vaudois.

    Prochaines étapes

    À partir de la rentrée scolaire, le plan d’action s’étendra progressivement à l’ensemble des établissements du canton. La marche à suivre concernant l’accompagnement des élèves trans et non binaires (cadre juridique et cadre de vie ; prénom et pronom d’usage ; toilettes, vestiaires, camps ; etc.) sera précisée.

    La déléguée collabore avec l’Unité PSPS pour l’élaboration de la formation interdisciplinaire cantonale des équipes PSPS (janvier et février 2022) sur ces questions, dans laquelle elle interviendra. Elle dispensera une formation continue à la HEP qui aura lieu en mars 2022 et poursuit la coordination de la plateforme cantonale précitée. Cette dynamique continuera avec les Hautes écoles et l’Université de Lausanne.

    Les enjeux à venir consistent à systématiser et pérenniser des pratiques cohérentes afin que chaque personne puisse être elle-même et se sentir en sécurité, quel que soit le contexte de formation.

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