Drame familial à Montreux : la thèse du suicide collectif est privilégiée

Publié le 29.03.2022

L’enquête menée à la suite du drame survenu à Montreux le jeudi 24 mars, permet d’écarter l’intervention d’un tiers et laisse supposer que toutes les victimes ont sauté du balcon les unes après les autres. La famille vivait retirée de la société et devait craindre que l’autorité vienne s’immiscer dans leur mode de vie. Le fils est toujours hospitalisé, actuellement dans le coma.

Au terme de cinq jours d’enquête, à la suite du drame du jeudi 24 mars 2022 peu avant 07h00, la piste du suicide collectif est privilégiée par le procureur et les enquêteurs de la Police cantonale. A ce stade de l’enquête, les investigations techniques ne montrent aucun signe avant-coureur d’un tel passage à l’acte. Depuis le début de la pandémie, la famille était très intéressée par les thèses complotistes et survivalistes. Elle avait constitué un stock impressionnant de vivres en tout genre, très bien organisé, occupant la majeure partie des différentes pièces de l’appartement, devant lui permettre de faire face à une crise majeure. La famille vivait en quasi-autarcie, retirée de la société. Seule la sœur jumelle de la maman travaillait à l’extérieur du domicile. Ni la maman, ni la fillette de 8 ans n’étaient inscrites officiellement au contrôle des habitants, ce qui explique l’absence de scolarisation de cette enfant. Ces deux personnes avaient été annoncées partantes pour le Maroc en avril 2016, elles n’étaient pas censées vivre à Montreux. Quant au fils aîné, c’est sa scolarisation à domicile qui était précisément à l’origine de la procédure préfectorale dans le cadre de laquelle les policiers se sont présentés à l’appartement. L’ensemble de ces éléments suggère, chez les membres de cette famille, la crainte d’une immixtion de l’autorité dans leur vie.

Les investigations menées permettent d’exclure l’intervention d’un tiers. Les cinq personnes sont tombées d’une hauteur de plus de vingt mètres, les unes après les autres, peu avant 07h00, dans un intervalle de cinq minutes. Avant ou pendant les faits, aucun témoin, y compris les deux gendarmes présents sur place dès 06h15 et les passants se trouvant au bas de l’immeuble, n’a entendu le moindre bruit ou cri en provenance de l’appartement ou du balcon. Les policiers ont découvert un escabeau sur le balcon et aucune trace de lutte n’a été mise en évidence.

Les deux gendarmes qui sont intervenus dans l’immeuble de la rue du Casino pour exécuter un mandat d’amener en lien avec la scolarisation à domicile du fils de 15 ans, ont sonné à la porte et se sont annoncés. Faute de pouvoir entrer, ils sont, après avoir attendu quelques minutes et conformément aux règles applicables, repartis sans avoir pu mener à bien leur mission.

Toutes les victimes ont été formellement identifiées comme étant les membres d’une même famille de ressortissants français : le père de 40 ans, son épouse de 41 ans, la sœur jumelle de celle-ci et la fille du couple, âgée de 8 ans, toutes ces quatre personnes étant décédées. Le fils, de 15 ans, est toujours hospitalisé, actuellement dans le coma, son état est stable.

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