Couleurs de la mort : un projet de recherche-action pour mieux aborder la fin de vie

Publié le 27.06.2022

Sous l’appellation « Couleurs de la mort », le DSAS et ses partenaires ouvrent un débat citoyen dans le domaine de la fin de vie. Le projet est partie intégrante de la politique vieillir 2030 menée par le DSAS en vue de façonner une politique publique adaptée aux attentes de la population et aux réalités démographiques. Il mobilise les professionnels, les politiques comme le grand public dans le but de promouvoir une démarche d’innovation sociale, participative et co-construite, à long terme et à l’échelle du canton.

Nos vies, nos morts : nos choix

Quel que soit notre âge, notre état de santé et notre rapport à la mort, ce dernier rendez-vous gagne à être préparé. Or aujourd’hui, dans les sphères professionnelles comme dans les sphères privées, cette préparation peut faire défaut. La mort fait souvent peur, elle est parfois tabou dans les familles. Il en résulte que nous nous y préparons tardivement. Les directives anticipées sont peu discutées, plus rarement rédigées et pas toujours appliquées. Pour celles et ceux qui en héritent, les décisions à prendre sont complexes, peu propices à la sérénité qui devrait accompagner ces moments.

De plus, la préparation à la mort n’a pas échappé à la spécialisation de nombreuses professions. La prise en charge des phases de vie, de la fin de vie et de la mort s’est peu à peu fragmentée : ces moments se vivent par étapes - d’un spécialiste à l’autre, d’une institution à l’autre.

Quatre jours d’échanges du 5 au 8 octobre

Comme point d’orgue de la démarche entreprise, palliative vaud, sur mandat du DSAS, propose 4 jours d’événements autour du thème de la mort, du 5 au 8 octobre 2022. Palliative vaud collabore avec l’Institut des humanités en médecine, le ColLaboratoire-UNIL, la Chaire de soins palliatifs gériatriques, la HETSL, la HEP et la Société d’études thanatologiques de Suisse romande.

La manifestation, qui s’adresse aussi bien aux professionnels qu’au grand public, est une invitation à l’échange et au partage. Sous l’appellation « Les couleurs de la mort : nos vies, nos morts, nos choix », l’événement a pour objectif de favoriser le dialogue entre la population, les professionnels et les représentants de l’Etat autour des questions relatives à la mort.

La programmation rassemblera l’ensemble des parties prenantes afin d’ouvrir le débat. Professionnels et profanes, philosophes, médecins, psychologues, mais aussi artistes, historiens, pompes funèbres et humoristes sont invités à donner des couleurs à la mort, selon un périmètre qui va des soins palliatifs au traitement des défunts, en passant par les conditions dans lesquelles on meurt, l’accompagnement du deuil et la recherche de sens à donner à sa vie. Plusieurs formats seront proposés, comme par exemple la mise en scène d’un « procès à la mort », des ateliers artistiques (poèmes aiku ; chanson Hip-hop avec les enfants) des projections de films, du théâtre, une cabane de la mort où le public pourra interagir avec des acteurs, de l’humour avec la présence de Thomas Wiesel, etc.

En amont, l’événement est précédé par une démarche de co-construction destinée à récolter des informations et du matériel de communi­cation, à lever freins et appréhensions liés à la thématique, et à impliquer les divers publics.

Sur le long terme, la thématique est intégrée à la politique vieillir 2030  menée par le DSAS, qui pourra bénéficier du matériel et de l’expérience remontée par cet événement. A terme, l’objectif est de contribuer à façonner une politique publique adaptée aux attentes des intéressés et aux réalités démographiques

Un ancrage politique

Le projet fait suite à l’interpellation du 12 décembre 2018, "La mort c’est tabou, on en viendra tous à bout" de Léonore Porchet, alors députée au Grand Conseil, qui offrait une estrade politique à la mort et :

  • Mettait en exergue la problématique d’une mort qui fait peur et reste "un puissant tabou".
  • Relevait les difficultés de se préparer à sa propre mort ou à celle de ses proches.
  • Pointait du doigt la quasi-impossibilité de simplement parler de la mort.

Pour en savoir plus 

www.couleurs-mort.ch

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