REP_658639 - Réponse du Conseil d'Etat au Grand Conseil à l'interpellation Josephine Byrne Garelli et consorts - Comment venir en aide au personnel enseignant en difficulté ? (18_INT_172).

Séance du Grand Conseil du mardi 12 janvier 2021, point 14 de l'ordre du jour

Document

Texte adopté par CE

Transcriptions

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Mme Josephine Byrne Garelli (PLR) —

Tout d’abord, je tiens à remercier le Conseil d’Etat pour sa réponse dans laquelle il brosse le tableau des pratiques actuelles de soutien au personnel enseignant. Mon interpellation donnait suite à la publication d’une étude empirique menée par le syndicat des enseignants romands - près de 5500 personnes. Sur ce nombre, 1081 enseignants vaudois ont participé à la recherche, soit 8 % du total des enseignants du canton, ce qui représente 465 personnes présentant des signes d’épuisement professionnel, soit 43 %. Cela signifie que le phénomène est légèrement plus prononcé dans le canton de Vaud, car le taux romand équivaut à 40 %. Avec 9000 enseignants à la Direction générale de l’enseignement obligatoire, 3150 à la Direction générale de l’enseignement primaire et 650 au Service de l’enseignement spécialisé, ce sont potentiellement 5500 enseignants en difficulté. Bien sûr, espérons que ce ne soit pas le cas sur le terrain.

Dans sa réponse, le Conseil d’Etat rappelle que l’inventaire utilisé pour l’étude Copenhagen burnout inventory n’est pas un instrument diagnostic. Il permet néanmoins, sur trois échelles distinctes, d’évaluer la présence ou non de signes d’épuisement professionnel chez un individu. Il nous informe aussi que de nombreuses recherches confirment une pénibilité spécifique dans les professions qui impliquent soit une relation d’aide et de soins, soit un risque corporel ou matériel, soit une responsabilité morale envers autrui. En font partie, entre autres, les infirmiers, les policiers et les enseignants. Selon le Conseil d’Etat, le cahier des charges des enseignants a été adopté en septembre 2013, mais il semblerait que de nombreux enseignants aient refusé de signer l’avenant de modification salariale de leur contrat ou le descriptif des tâches qui leur incombent à la suite de l’introduction de DECFO-SYSREM. Il a aussi été question du Concept 360°, qui se déploie actuellement dans les établissements, que le Conseil d’Etat se limite à appliquer pour apporter un soutien adéquat aux élèves aux besoins particuliers. Or, lors de la séance de commission sur la motion Nicolas Croci Torti dont nous parlerons tout à l’heure, la cheffe du département a mis en avant le Concept 360°, puisque les enseignants souhaitent de longue date des concepts d’établissement contenant du coaching et de la supervision. Dès lors, est-il aussi prévu d’utiliser le Concept 360° pour les enseignants ? Rien ne nous laisse le croire pour l’instant. Alors, pourquoi ne pas introduire un entretien d’évaluation, comme cela est prévu dans l’ordonnance sur le statut du personnel du canton de Berne ? Dans ce canton, il est prévu un entretien d’évaluation périodique. Ce dernier comporte les aspects suivants : examen et appréciation de l’accomplissement du mandat du corps enseignant, satisfaction au travail et utilisation des ressources personnelles, détermination d’objectifs et de mesures de formation continue, futur degré d’occupation, planification éventuelle des congés et de la retraite, conditions et climat de travail à l’école.

En fin de compte, la réponse du Conseil d’Etat à mon interpellation me laisse avec plus de questions qu’au moment de son dépôt. Je me réjouis de prendre connaissance des réponses que le Conseil d’Etat apportera à la motion Croci Torti, motion transformée en postulat, et je me réserve le droit de poser d’autres questions, le cas échéant.

Mme Sonya Butera (SOC) — Président-e

La discussion est ouverte.

Mme Cesla Amarelle (C-DFJC) — Conseiller-ère d'État

Cette interpellation pose la question importante de la gestion du personnel enseignant en difficulté. Madame la députée, j’aimerais vous rassurer sur ce point : des réflexions sont en cours pour améliorer le processus d’accompagnement des enseignants en difficulté. J’insiste sur la notion d’accompagnement, puisque c’est aussi une première réponse au postulat Croci Torti. Il est vrai que nous avons cherché, aussi par le biais du Concept 360°, à ne pas laisser les enseignants seuls dans leur classe vis-à-vis des difficultés qu’ils rencontrent, avec des élèves qui ont des besoins particuliers accrus. C’est aussi cette notion d’accompagnement qui fait actuellement l’objet de réflexion dans le cadre de la mise en place du Concept 360°. Il est vrai aussi que nous menons une réflexion, en termes de ressources humaines, concernant la question de l’entretien d’évaluation comme cela a été fait à Berne. Comme vous le savez, les chiffres sont impressionnants. En effet, dès que vous mettez en place de nouvelles mesures, notamment en lien avec les ressources humaines ou la question des entretiens d’évaluation, des ressources extrêmement importantes vont de pair. Ce sont précisément ces ressources que nous avons privilégiées pour asseoir la problématique de l’accompagnement. En d’autres termes, nous avons priorisé l’accompagnement plutôt que la mise en place de processus RH qui auraient aussi nécessité des ressources très importantes.

Enfin, depuis la réponse du Conseil d’Etat à votre interpellation, j’aimerais notamment insister sur le travail qui a été accompli sur le plan du tutorat pour les nouveaux enseignants. Ces mesures vont permettre de faciliter l’entrée dans la profession des nouveaux enseignants. A cet égard, des pilotes sont prêts à être lancés sur le sujet dès la rentrée 2021. En outre, la question du personnel enseignant en difficulté se rattache à une problématique plus générale. Vous l’avez dit vous-même, un certain nombre de métiers, en particulier dans le service public, sont soumis à une pénibilité accrue, notamment durant des périodes comme celle que nous vivons aujourd’hui. C’est avec la plus grande attention que nous allons suivre les travaux d’un certain nombre de groupes de travail au sein du département pour améliorer la situation, mettre en place des pilotes, notamment pour les nouveaux enseignants, et faire en sorte que nous puissions améliorer cette problématique identifiée et prise au sérieux.

Mme Sonya Butera (SOC) — Président-e

La discussion est close.

Ce point de l’ordre du jour est traité.

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