LEG_685131 - EMPD Exposé des motifs et projet de décret accordant au Conseil d'Etat un crédit d'investissement de fr. 5'000'000 pour financer la construction du stade de football de La Tuilière (226) (1er débat).

Séance du Grand Conseil du mardi 16 février 2021, point 25 de l'ordre du jour

Documents

Rapport de la commission - Sébastien Cala

Texte adopté par CE - EMPD

Transcriptions

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M. Sébastien Cala (SOC) — Rapporteur-trice

L’objet du présent décret porte sur l’octroi d’une subvention de 5 millions de francs au bénéfice de la ville de Lausanne pour la réalisation du stade de football de La Tuilière. Au vu de l’importance de cette infrastructure, elle est, à l’image de la piscine de Malley, éligible à l’article 27, alinéa 1, de la Loi sur l’éducation physique et le sport (LEPS). Plusieurs membres de la commission se sont étonnés de voir cette demande de crédit arriver à l’automne 2020, alors que les travaux du stade ont débuté en 2016 et qu’il a déjà été inauguré. Les discussions de la commission se sont tout d’abord portées sur des éléments techniques, notamment sur la surface choisie — à savoir un gazon synthétique — ou sur la capacité du stade. Un projet de centre d’entraînement du Lausanne-Sport (LS) a également été évoqué. Dans un second temps, les membres de la commission ont discuté de la conduite du chantier, qui n’était pas de la responsabilité du canton. Il a notamment été relevé que, à l’avenir, il serait bien que le canton, avant d’allouer une subvention, demande au maître d’ouvrage de mettre en œuvre la Charte éthique vaudoise des marchés publics et le Guide pratique pour le respect des aspects sociaux. Ces riches discussions ont amené les membres de la commission à déposer une résolution dont nous discuterons au point suivant de l’ordre du jour. Finalement, les membres de la commission vous encouragent à soutenir ce projet de décret par 6 voix et 1 abstention et vous recommandent d’accepter l’entrée en matière à l’unanimité.

Mme Sonya Butera (SOC) — Président-e

La discussion sur l’entrée en matière est ouverte.

M. José Durussel (UDC) —

M’intéressant particulièrement à cette construction, j’ai lu l’exposé des motifs. J’ai lu que, en séance de commission, il a été discuté de la pelouse synthétique ou du nombre de places qui serait insuffisant. Je pense que 12 000 places, pour le LS, c’est suffisant. En Suisse, quatre équipes de la Super League jouent sur une pelouse synthétique et il y en aura bientôt une ou deux de plus. C’est donc en train de rentrer dans les mœurs. En revanche, une thématique n’est pas du tout abordée — et je déclare mes intérêts, je suis un supporter du LS depuis de nombreuses années : lorsqu’on vient voir un match à Lausanne en fin d’après-midi ou en début de soirée, il n’est pas possible pour tout le monde de venir en transports publics. Souvent, on organise donc du covoiturage. Or, j’ai remarqué que le parking est vraiment petit. Je ne sais pas où les gens iront se parquer lorsqu’ils iront voir un match. Faudra-t-il descendre au Vélodrome et remonter avec un bus à La Tuilière ou parquer à Romanel ? Après la pandémie, le jour où le LS marchera bien et qu’il attirera entre 5000 et 10 000 spectateurs, je ne sais pas où les spectateurs iront se parquer. Cela va peut-être même décourager les mordus de football de se rendre à La Tuilière. C’est dommage !

M. Philippe Leuba (C-DEIS) — Conseiller-ère d'État

Je crois tout d’abord qu’il faut se réjouir des infrastructures sportives qui sont construites. Vous avez plébiscité la patinoire et la piscine de Malley ; je souhaite que vous plébiscitiez aussi bientôt le nouveau stade de football de La Tuilière. A cet égard, j’aimerais rappeler que nous ne sommes pas le maître de l’ouvrage, nous sommes l’autorité de subventionnement. Les questions du dimensionnement du stade — 12 000, 15 000 ou 60 000 places — et la matière choisie pour la pelouse relèvent du maître de l’ouvrage, autrement dit, des autorités communales — conseil communal et municipalité — de Lausanne. Ils ont fait une appréciation de la situation, une analyse de la question des transports publics, du parking et du développement à venir des transports publics dans ce quartier. Au moment de la discussion de la subvention, vous ne pouvez pas conditionner cette dernière à la création de ceci ou de cela. C’est une infrastructure qui sera nécessaire à l’ensemble du canton, cela ne fait pas l’ombre d’un doute. Il y a longtemps que nous attendons une infrastructure comme celle-ci, comme d’ailleurs la précédente. Je ne peux dès lors que vous inciter à accepter cette subvention et à vous réjouir de cette nouvelle infrastructure et des succès futurs du LS. S’il y aura quelques bouchons, c’est qu’il y aura du monde au stade de La Tuilière et il faudra s’en réjouir.

M. José Durussel (UDC) —

Je n’ai pas encore pu visiter cette construction, mais je ne doute pas que ce stade est nécessaire pour notre canton et nos sportifs, les footballeurs en premier lieu. Si je résume, nous donnons une subvention, mais la ville de Lausanne a déjà mis en place sa future politique pour freiner, voire exclure les voitures du périmètre de l’agglomération lausannoise… Cela m’inquiète fortement ! Il y a déjà eu des interventions à ce sujet, mais je ne m’attarderai pas plus longtemps sur ce parking. Ne vous inquiétez pas, nous nous débrouillerons pour venir voir jouer le LS.

Mme Sonya Butera (SOC) — Président-e

La discussion est close.

L’entrée en matière est admise avec 1 abstention.

Le projet de décret est adopté en premier débat avec 1 avis contraire.

M. Sébastien Cala (SOC) — Rapporteur-trice

Je propose un deuxième débat immédiat.

Mme Sonya Butera (SOC) — Président-e

Le deuxième débat immédiat est admis à la majorité des trois quarts.

Deuxième débat

Le projet de décret est adopté en deuxième débat.

La discussion générale est ouverte.

M. Didier Lohri (VER) —

Je me suis abstenu lors du vote. En effet, je me demande si cette unanimité de notre Parlement est bien le reflet de ce que le peuple vaudois souhaite. Je ne suis pas opposé au sport, j’y suis même favorable, mais il y a quelques commentaires à apporter. Cette subvention va-t-elle à Ineos qui a payé le terrain synthétique ou directement à l’entreprise qui a réalisé ces travaux ? Dans le rapport de la commission, je n’ai pas lu le détail. Entre la lecture de la presse qui vante les mérites d’Ineos et la réalisation de ce stade, j’aimerais lever un doute : je n’aimerais pas que les subventions cantonales partent dans les salaires des joueurs de football, mais qu’elles partent bien dans l’infrastructure mise au bénéfice de toute la population et des jeunes vaudois.

M. Philippe Leuba (C-DEIS) — Conseiller-ère d'État

La subvention est octroyée au maître de l’ouvrage, c’est-à-dire à la commune de Lausanne. C’est cette dernière qui va l’encaisser. Si vous refusez ce crédit en vote final, c’est la commune de Lausanne qui sera appauvrie de 5 millions… et personne d’autre.

Mme Sonya Butera (SOC) — Président-e

La discussion est close.

Le projet de décret est adopté définitivement avec 15 avis contraires et 5 abstentions.

Comme vous aurez pu le constater, il y a un problème technique avec les votes. Je prononce donc une suspension de séance, le temps d’y remédier.

(La séance, interrompue à 15 h 45, est reprise à 16 h 20.)

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