26_INT_141 - Interpellation Martine Gerber et consorts au nom Les Vert.e.s - UN ÉLEVAGE POUR LA PROTECTION, UNE PROTECTION POUR L’ÉLEVAGE.
Séance du Grand Conseil du mardi 6 octobre 2026, point 2.3 de l'ordre du jour
Texte déposé
Le retour des loups pose des défis croissants à l’élevage du bétail. Les chiens de protection des troupeaux constituent un outil reconnu et efficace pour prévenir les attaques, réduire les pertes économiques, améliorer le bien-être animal et diminuer la pression sur les éleveurs et éleveuses.
Les données disponibles[1] au 5 octobre 2026 indiquent une nette diminution des prédations attribuées au loup dans le canton de Vaud durant la saison d'estivage 2026. Entre mai et septembre, 21 animaux de rente ont fait l'objet de constats où le loup est en cause ou où l'évaluation est encore en cours ; 19 sont actuellement attribués au loup et deux cas restent à clarifier. Ce niveau est très inférieur à celui observé lors des saisons précédentes, notamment en 2024 et 2025. »
Pour autant, avec ses importantes surfaces alpestres et ses nombreux troupeaux estivés, le canton de Vaud reste particulièrement concerné par les défis liés à la protection des troupeaux. Dans le contexte du transfert progressif de responsabilités vers les cantons depuis la révision de la LChP, le développement d’une filière coordonnée à l’échelle inter cantonale apparaît comme un enjeu stratégique pour garantir la pérennité et l’efficacité des dispositifs de protection des troupeaux dans le canton de Vaud.
Toutefois, l’offre actuelle de chiens de protection demeure limitée, hétérogène et insuffisamment coordonnée depuis le désengagement partiel de la Confédération en 2024. Plusieurs cantons et acteurs de terrain relèvent des difficultés d’accès à des chiens de protection suffisamment formés et reconnus.[2]
Dans ce contexte, un programme inter cantonal permettrait de mutualiser les ressources, d’assurer une meilleure disponibilité des chiens adaptés aux réalités locales et d’harmoniser les standards de formation, de suivi et d’accompagnement des détenteurs. Une telle approche contribuerait également à renforcer la cohérence des politiques agricoles et environnementales face aux enjeux liés à la présence croissante des grands prédateurs.
La Confédération définit les principes régissant les mesures de protection des troupeaux et les conditions auxquelles celles-ci sont considérées comme raisonnables, tandis que les cantons définissent les exigences en matière de faisabilité. En vertu de la révision de la LChP entrée en vigueur le 1er février 2025, les cantons disposent désormais de responsabilités accrues en matière de protection des troupeaux.
S’agissant des chiens de protection, la Confédération participe notamment aux coûts de planification, soutient l’élevage, la formation et l’évaluation de l’aptitude des chiens, tandis que le Service de Protection des troupeaux Suisse d’AGRIDEA assure le suivi technique et réglementaire du dispositif. Une coresponsabilité Confédération–cantons est ainsi de mise, alors même que les modalités de financement et de soutien restent variables selon les cantons.
Les organes inter cantonaux existants, tels que les commissions inter cantonales sur les grands prédateurs (CIC), la Conférence gouvernementale des cantons alpins (CGCA) ou encore la Conférence des directeurs cantonaux de l’agriculture (CDCA), jouent déjà un rôle de coordination et d’harmonisation des pratiques. Malgré cela, les dispositifs restent disparates selon les régions.
Nous remercions par avance le Conseil d’État de répondre aux questions suivantes :
- La mise en place d’un programme inter cantonal coordonné d’élevage, de formation et de mise à disposition de chiens de protection destinés à la sécurisation des troupeaux, afin d’assurer un élevage de qualité des chiens de protection, de garantir la pérennité des dispositifs de protection des troupeaux et de renforcer les collaborations régionales de terrain est-elle jugée opportune par les services et personnes concernés ?
- Les responsabilités, objectifs et effets du dispositif de chiens de protection actuels sont-ils actuellement partagés entre cantons et confédération de manière utiles et adéquats ?
- Les besoins actuels et futurs en chiens de protection liés à la présence croissante des grands prédateurs sont-ils jugés suffisants ?
- Les modalités d’un élevage structuré garantissant la qualité génétique, le comportement et l’aptitude au travail des chiens sont-ils garantis ?
- La mise en place de standards communs, pour la formation et le suivi des animaux, sauraient-ils être améliorés ?
- Les mécanismes de financement et de soutien aux exploitations agricoles, s’agissant de l’élevage et du maintien des chiens dans les exploitations à l’année sont-ils suffisants?
- Le renforcement des synergies entre cantons ainsi qu’avec les organisations agricoles et cynologiques existantes sont-elles suffisantes ?
[1] https://www.vd.ch/
[2] association CPT-CH
Conclusion
Souhaite développer
Liste exhaustive des cosignataires
| Signataire | Parti |
|---|---|
| David Raedler | VER |
| Yves Paccaud | SOC |
| Anna Perret | VER |
| Marc Vuilleumier | EP |
| Sébastien Humbert | V'L |
| Claire Richard | V'L |
| Nathalie Vez | VER |
| Laure Jaton | SOC |
| Felix Stürner | VER |
| Oleg Gafner | VER |
| Yannick Maury | VER |
| Sylvie Podio | VER |
| Claude Nicole Grin | VER |
| Kilian Duggan | VER |
| Nathalie Jaccard | VER |
| Andreas Wüthrich | V'L |
| Didier Lohri | VER |
| Pierre Fonjallaz | VER |