25_REP_46 - Réponse du Conseil d'Etat au Grand Conseil à l'interpellation Céline Misiego et consorts au nom EP - Comment expliquer les éventuelles disparités salariales pour les métiers à majorité féminine au sein de l’administration cantonale ? (25_INT_22).
Séance du Grand Conseil du mardi 23 juin 2026, point 26 de l'ordre du jour
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Visionner le débat de ce point à l'ordre du jourJ’avoue une certaine frustration à la lecture de cette réponse. Je relève, en premier lieu, le choix méthodologique discutable de la réponse du Conseil d'État. L'interpellation définissait les métiers à majorité féminine comme ceux comptant plus de femmes que d'hommes. Le Conseil d'État retient, pour sa part, un seuil de 60 %, tout en excluant de l'analyse les emplois types comptant moins de 30 femmes et 30 hommes, ce qui exclut de fait deux tiers des emplois types de l'analyse.
De plus, je ne comprends pas pourquoi le CHUV est systématiquement exclu de ce type d'analyse. Que les infirmières ne fassent pas partie de cette étude, alors que l'interpellation porte sur les métiers à majorité féminine, est pour le moins caustique. Ces choix statistiques ont pour effet de réduire le périmètre observé et de rendre moins visibles certaines réalités professionnelles. Lorsqu'on s'interroge sur les inégalités structurelles, il convient de veiller à ce que la méthode choisie n'aboutisse pas à invisibiliser une partie du phénomène que l'on cherche justement à mesurer. En ce sens, j'estime que le Conseil d'État ne répond pas à la question n°1.
Concernant le reste de la réponse, je peux formuler le commentaire suivant. L'objet de cette interpellation concerne, au sens large, la place occupée par les métiers à majorité féminine dans l'administration cantonale et la manière dont ceux-ci sont valorisés. Or, la réponse du Conseil d'État illustre précisément ce que nous souhaitions mettre en lumière. Les chiffres présentés indiquent que les métiers qualifiés de féminins affichent un salaire médian standardisé de près de 96’000 francs, contre plus de 117’000 francs pour les métiers qualifiés de masculins. Cela représente un écart de 18,4 %.
À partir de là, deux lectures sont possibles. La première consiste à dire que cet écart s'explique statistiquement par des différences de fonction, de niveau de responsabilité ou de parcours professionnel, et qu'il n'y a donc pas de problème particulier : c'est largement la voie choisie par le Conseil d'État. La seconde consiste à s'interroger sur les raisons pour lesquelles les professions majoritairement exercées par des femmes continuent de se concentrer dans des niveaux de rémunération inférieurs, et sur la manière dont notre système d'évaluation des fonctions valorise certaines compétences plutôt que d'autres. C'est précisément cette réflexion que nous souhaitons ouvrir.
Je relève enfin qu'en 2025, le Conseil d'État répond encore sur la base d'une analyse réalisée en 2021, et nous annonce qu'une nouvelle mesure ne sera effectuée qu'en 2027, pour des raisons de ressources. Sur un sujet aussi important que l'égalité salariale, attendre six ans entre deux calculs paraît difficilement compatible avec l'ambition affichée par le Conseil d'État d'être exemplaire en la matière. Cette réponse confirme surtout qu'il demeure nécessaire de poursuivre la réflexion sur la valorisation des métiers à majorité féminine.
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