Communications
Séance du Grand Conseil du mardi 1er septembre 2020, point 1 de l'ordre du jour
Transcriptions
Visionner le débat de ce point à l'ordre du jourRetour au Parlement et plan de protection sanitaire
Ce retour dans nos murs, conforme aux prescriptions sanitaires en vigueur en Suisse, a été rendu possible grâce à l’assistance d’une spécialiste Hygiène, Prévention et Contrôle de l’infection (HPCi) dans l’élaboration d’un plan de protection dont les détails vous sont parvenus récemment. Je saisis l’occasion qui m’est donnée pour la remercier, ainsi que toutes les personnes qui ont travaillé pour mettre en œuvre ce plan de protection et qui ont permis ce retour dans nos murs.
Je me permets de rappeler à chacune et chacun des élus présents que le dispositif sanitaire n’est pas limité aux seules séances plénières, mais qu’il englobe toute activité politique liée au Grand Conseil. Le but ultime étant de préserver les institutions et veiller à ce que le Grand Conseil puisse continuer à jouer son rôle de premier pouvoir cantonal, sans faire courir de risques aux différentes parties prenantes présentes lors des séances plénières ou des séances de commissions.
Le plan de protection repose essentiellement sur trois piliers préventifs :
1. le réflexe de mise en retraite et celui de se faire tester en cas d’apparition des symptômes. Il est assez évident que plus rapidement une personne porteuse diminue ses contacts, moins le virus à l’opportunité de circuler au sein de la population.
2. Maintenir les distances, aérer les locaux, ainsi que le port du masque en remplacement de la distance physique d’1,5 m, lorsque celle-ci ne peut être durablement maintenue, ce qui est le cas dans notre salle. Une exception est accordée aux membres du Conseil d’Etat, pour autant qu’ils soient moins que quatre à la tribune présidentielle et qu’ils maintiennent entre eux une distance d’1,5 m.
3. L’hygiène des mains. Un geste très simple qui a révolutionné la médecine et qui permet de diminuer le taux de transmission de germes divers et variés. Rien ne vaut l’eau et le savon et le mieux est de se sécher les mains par tamponnements. Bien entendu, à défaut d’un lavabo, les solutions hydroalcooliques sont d’excellents substituts.
Ces trois éléments seraient parfaitement inutiles sans une bonne dose de bon sens, ce que fort heureusement en tant qu’élues et élus vaudois, nous sommes — paraît-il — toutes et tous fort bien dotés.
C’est également avec plaisir que je vous donne les bonnes nouvelles sanitaires du jour : toutes les mesures d’isolement et de quarantaine concernant le personnel du Secrétariat général ont été levées. La personne malade est guérie. Je suis à nouveau bien entourée et les conditions pour que le Grand Conseil puisse travailler efficacement sont à nouveau réunies.
Nous retrouvons, pour l’instant, nos horaires habituels : nos travaux se termineront à 17 heures. Vos dépôts seront réceptionnés par voie électronique jusqu’à 16 h 30. Les questions orales pour la séance de la semaine prochaine peuvent également être déposées par voie électronique.
Réponses du Conseil d’Etat aux simples questions, résolutions, déterminations et pétitions
Durant la semaine écoulée, le Conseil d’Etat a transmis au Grand Conseil les réponses suivantes :
- Réponse du Conseil d'Etat à la simple question Hadrien Buclin – Projet de géothermie à Noville et risque environnemental (20_QUE_078)
- Réponse du Conseil d'Etat à la simple question Catherine Labouchère – Stages : à quand la reprise ? (20_QUE_080)
- Réponse du Conseil d'Etat à la simple question Chantal Weidmann Yenny – Quand et quelles communications et mises en garde de la part du Conseil d'Etat ont été faites auprès des cabinets médicaux sur l'évolution rapide de l'épidémie du COVID-19 ? (20_QUE_082)
- Réponse du Conseil d'Etat à la simple question Carole Dubois – Vive le vent ! (20_QUE_084)
Réponse du Conseil d'Etat à l'interpellation Philippe Vuillemin – Le secret médical toujours plus souvent mis en danger (19_INT_431)
Intervention personnelle de Mme Florence Gross sur la Grève du climat
Conformément à l’article 84, alinéa 3, de la Loi sur le Grand Conseil, un député demande l’introduction dans l’ordre du jour d’une intervention personnelle. Cette demande étant soutenue par au moins 20 députés, la présidente lui donne la parole après le point 16 de l’ordre du jour.
Mon intervention porte sur la Grève du climat organisée ce vendredi 4 septembre, dans à peine trois jours, et qui nous a été annoncée le 20 août.
Un peu plus d’une semaine après la rentrée scolaire, quelle est la position du Conseil d’Etat, notamment concernant les élèves et étudiants qui souhaiteraient y participer ? Y seront-ils encouragés, comme ils l’avaient été en 2019, alors que plus de deux mois d’école en présentiel ont été supprimés durant le premier semestre ? Avec le PLR, nous attendons une position du Conseil d’Etat concernant la participation des écoliers de l’école obligatoire et des étudiants de l’école post-obligatoire.
Un autre message souhaite être passé, ici. Alors que nombre de manifestations ont été annulées, ce qui engendre des pertes financières pour des commerçants, artisans et sociétés locales, il est extrêmement difficile de comprendre qu’une telle manifestation, qui regroupera certainement plus de mille personnes, puisse avoir lieu. Comment s’assurer des normes, au vu des mille personnes autorisées dans les manifestations publiques ? Comment s’assurer du port du masque, sachant que la distanciation sociale ne pourra être assurée? Ce n’est pas le moment d’affronter un nouveau foyer d’infection. Nous ne souhaitons pas de double mesure, nous souhaitons que toutes et tous soient traités à la même enseigne et espérons être entendus par cette intervention.
Ce point de l’ordre du jour est traité.
Intervention personnelle de Mme Valérie Induni
Conformément à l’article 84, alinéa 3, de la Loi sur le Grand Conseil, un député demande l’introduction dans l’ordre du jour d’une intervention personnelle. Cette demande étant soutenue par au moins 20 députés, la présidente lui donne la parole après le point 22 de l’ordre du jour.
Intervention personnelle de Mme Valérie Induni sur le traitement d'une pétition
Comme nous pouvons le découvrir ce jour dans la presse vaudoise, le Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM) a refusé une nouvelle prolongation du délai de départ imparti à M. Sangar Ahmad et celui-ci n'a plus de statut légal dans notre pays dès aujourd'hui. Vous en souvenez toutes et tous, une pétition a été déposée devant notre Grand Conseil afin que M. Ahmad puisse rester dans notre pays. Elle était munie de plus de 10'000 signatures. J'émets ici le souhait que la pétition concernant M. Ahmad puisse être mise le plus rapidement possible à l'ordre du jour de notre Parlement. J'invite également la Commission des pétitions à prendre langue avec les pétitionnaires pour examiner si cette pétition pourrait être traitée publiquement, si cela devait être un souhait du principal intéressé. M. Ahmad n'a commis aucun délit dans notre pays. Il a rapidement trouvé un emploi, est autonome et bien intégré. Mieux, il s'est mis au service de notre communauté et a travaillé à nettoyer et désinfecter les locaux hospitaliers de notre canton, durant la pandémie de Coronavirus. Un travail exposé, d'une utilité indéniable pour notre système de santé et pour la population la plus fragilisée de notre canton. Lorsque nous traiterons cette pétition, j'invite donc l'ensemble d'entre vous à mettre de côté les idées partisanes et à prendre une décision forte et courageuse en faveur de la régularisation du statut de M. Ahmad afin que nous puissions montrer que nous sommes toutes et tous dignes de notre pays, berceau des droits de l'homme et que nous savons rendre à un homme ce qu'il nous a donné par ses actes. Nul doute qu'un vote déterminé de notre Parlement pourrait avoir un effet sur le SEM. D'autres pays ont décidé de régulariser des personnes ayant rendu des services essentiels à la communauté, en particulier dans le cadre de la crise sanitaire actuelle. Cela est donc possible, ce n'est qu'une question de volonté politique, d'humanité et de reconnaissance.
Retour à l'ordre du jourDémission de Mme Sarah Neumann, députée
Je vous donne lecture d’une lettre de démission de notre collègue Sarah Neumann :
« Prendre un verre de chasselas à la buvette ;
Traîner à la photocopieuse pour écouter une anecdote de vacances de sa collègue ;
Naviguer longuement sur internet pour documenter une interpellation ;
S’arrêter au toboggan sur le chemin de la maison ;
Aller à l’assemblée générale d’une association ;
Participer à une séance de commission qui nous tient à cœur, un jeudi matin ;
Reprendre un verre de chasselas à la buvette ;
Aller distribuer des roses à la gare à l’heure des pendulaires ;
Fignoler une note sur les conséquences financières d’une pandémie imprévue, à l’attention du Conseil de fondation de la Haute école ;
Faire une bataille d’eau puis panosser la salle de bains ;
Quitter son poste de travail pour assister à des travaux pratiques d’étudiants ;
Tester une idée de postulat en multipliant les apartés avec les élus des différents partis ;
Reprendre un dernier verre de chasselas à la buvette.
La marge, c’est ce qui fait tenir les pages ensemble, a dit un jour Jean-Luc Godard.
Madame la présidente, Chers et chères collègues députés et députées, Mesdames et Messieurs les membres du Conseil d’Etat,
Je vous présente aujourd’hui, pour le 2 septembre 2020, ma démission de mon mandat de députée, élue de l’arrondissement de Lausanne, sous-arrondissement Lausanne-Ville, sur la liste socialiste, le 30 avril 2017. Mon passage dans ce plénum m’aura permis d’ouvrir l’horizon sur mon canton, sur sa diversité, sur la pluralité des pensées et des projets qui le font vivre. J’exprime pour cela ma vive reconnaissance, aux électrices et aux électeurs qui m’ont amenée sur le siège 60 de ce beau Parlement, à l’ensemble des députés et députées, à mes camarades du groupe socialiste, au Conseil d’Etat pour les réponses qu’il a bien voulu apporter à mes dépôts, à toute l’équipe du Secrétariat général, et bien sûr, au personnel et aux fournisseurs de la buvette.
J’adresse également une pensée particulière aux députées de l’intergroupe F pour nos réflexions et projets élaborés dans une joyeuse entente interpartis. Aujourd’hui, il est nécessaire pour moi de remettre des marges dans ma vie. De pouvoir prendre part aussi aux à-côtés, aux apartés, à ce qui ne se compte pas en heures ni en minutes, mais qui donne du sens et du sel à une vie professionnelle, privée, associative ou politique, et à quoi j’ai le sentiment d’avoir souvent renoncé ces trois dernières années pour mener de front mes différentes activités. Plus tard, peut-être, que ce soit d’une autre façon ou dans un temps qui m’offre plus de disponibilité, je reviendrai à l’engagement politique. En vous quittant aujourd’hui, je salue le vôtre. Je vous souhaite de le poursuivre avec de la sincérité et des convictions, dans une attention permanente aux mouvements de la société et du monde dans lequel nous vivons, et d’y trouver personnellement et collectivement des joies et des succès — enfin, pour les succès, je les souhaite évidemment en priorité à celles et ceux qui sont assis du côté des fenêtres, j’espère que vous ne m’en tiendrez pas rigueur. En formulant le vœu de vous retrouver en d’autres contextes et occasions, je vous adresse mes bien respectueuses salutations. »
Madame la députée, chère Sarah, permettez-moi de vous remercier pour votre engagement depuis juillet 2017, date de votre entrée au Grand Conseil, dans le cadre des élections cantonales. Vous aviez été fort bien élue dans le sous-arrondissement de Lausanne, arrivant dans le sextet de tête des élus lausannois. Vous vous êtes aisément acclimatée au Parlement cantonal. Et pour cause, vous aviez déjà expérimenté la présidence du groupe socialiste du Conseil communal de Lausanne. Rapidement, vous vous êtes fait remarquer par un travail de réseau avec des élues et élus de tous bords, n’intervenant en plénum que lorsque vous aviez une contribution d’importance à apporter aux débats.
Vous n’aurez donc siégé que trois ans parmi nous, pour des motifs qui rappellent partiellement ceux déjà évoqués durant cette législature par d’autres députés démissionnaires, comme Mme Tafelmacher ou Mme Dupontet. La conjugaison des trois vies — ou des cinq dans votre cas si l’on y ajoute la vie associative et les marges — reste difficile. Chère Sarah, il vous plaira sans doute que je me permette d’adapter librement un auteur classique pour dire qu’on pourrait croire que le monde entier est un théâtre et que nous tous, hommes et femmes, n’en sommes que les acteurs et, notre vie durant, nous jouons plusieurs rôles, surtout nous les femmes. Comme l’a déclaré Jean-Louis Etienne, dans une récente interview, on ne repousse pas ses limites, on les découvre. Jean-Luc Godard pourrait à ce point vous faire du bien : « Je suis fier quand je me compare, humble quand je me considère. »
Pendant votre passage au Grand Conseil, vous vous êtes fait l’auteur de huit interventions parlementaires, trois questions orales, deux interpellations, deux postulats et une motion. Vous avez siégé dans quatorze commissions ad hoc, dont deux fois comme présidente. En matière de commissions instituées, vous avez siégé dans la Commission interparlementaire de contrôle de la convention scolaire romande, avant de rejoindre, en début d’année, la Commission thématique des institutions et des droits politiques où vous avez siégé aujourd’hui, à midi — engagée jusqu’à la fin.
Si la politique vous perd, nous espérons que cela ne sera pas forcément définitif et nous ne pouvons que nous réjouir que la culture vous garde. En prévision des temps difficiles qui s’annoncent, il est primordial que des personnes comme vous, ayant la confiance des milieux culturels, mais aussi des milieux politiques, puissent faire remonter aux membres du Parlement les situations qui nécessitent des correctifs. Par ailleurs, j’espère que vous pourrez, une fois que vous aurez retrouvé vos marges, prendre le temps de goûter les nombreux cépages, y compris blancs, que l’on cultive désormais dans le vignoble vaudois, et même d’y ajouter le chasselas de votre canton d’origine qui en produit aussi de très bons aux dires du Secrétaire général adjoint, « qui ne raient plus les vitres » comme aimaient à le dire les Vaudois il y a quelques décennies.
Je terminerai par une citation de Jean-Luc Godard sur les marges : « J’aime les marges parce que dans les marges des cahiers on peut écrire des notes, et écrire des notes, c’est écrire qu’on ne sait pas. » Vous pourriez peut-être également vous rallier à Coluche qui a dit : « J’arrêterai de faire de la politique quand les politiciens arrêteront de nous faire rire. »
Madame la députée, chère Sarah, je vous remercie au nom de tous nos collègues pour votre travail et nos relations pendant ces trois années. Je vous souhaite le meilleur pour la suite. (Applaudissements.)