26_INT_110 - Interpellation Mathilde Marendaz - Gravières dans le Canton : pour un meilleur suivi des milieux favorables aux amphibiens pionniers selon la Loi fédérale sur la protection de la nature (Développement).
Séance du Grand Conseil du mardi 25 août 2026, point 20 de l'ordre du jour
Texte déposé
Comme le problématisait un article de Camille Belsoeur dans la Revue de la Salamandre (août 2026), l'extraction de granulats – processus destructeur de la biodiversité et du climat, par la destruction d'écosystèmes et l'émission conséquente de gaz à effet de serre – crée, dans certaines conditions, des milieux favorables à la reproduction d'espèces menacées, dont certaines espèces d'amphibiens dites "pionnières", que l'artificialisation des cours d'eau a fait progressivement disparaître.
Dans les lieux d'extraction des graviers, des conditions de zones alluvionnaires sont recréées. Pourtant, un autre business lucratif des entreprises de gravières met des limites à cet ambivalent enthousiasme pour ce que génère malgré elle l’activité des gravières. En effet, le remplissage des carrières et gravières par les déchets de chantier permet aux entreprises de doubler leurs revenus. Par conséquent, si le bilan écologique lourd (émissions de CO2, perte de la biodiversité) des gravières semblait être légèrement compensé par le phénomène des nouveaux milieux, ces milieux sont aussitôt rebouchés. Selon un biologiste employé dans un bureau d’étude interviewé par la journaliste, les gravières rebouchées ne sont qu’un sous-sol qui a perdu en qualité. Pour lui, la renaturation réelle serait de laisser ouverts les trous où résident des milieux intéressants.
Selon la journaliste, une piste – dans l’attente d’une réelle revitalisation globale des rivières vaudoises – serait d'assurer un meilleur suivi dans le cas ou des amphibiens pionniers s'installent sur un site en cours d'exploitation : les entreprises devraient veiller à maintenir leurs points d'eau en période de reproduction, et compenser les milieux favorables qu'elles rebouchent en fin de chantier, ce qui serait par ailleurs obligatoire selon la Loi fédérale sur la protection de la nature (LPN). Dans ce contexte, il convient d'interroger le Conseil d'État sur sa gestion de la protection des amphibiens pionniers :
- Comment le Conseil d’État s’assure-t-il que l’obligation légale de protéger les espèces menacées (LPN) est strictement respectée par les exploitants de gravières en activité dans le canton ?
- Quels contrôles réguliers la DGE effectue-t-elle sur les sites d'extraction pour vérifier la présence d'amphibiens pionniers avant d'autoriser un remblayage ?
- Quelles mesures sont imposées aux exploitants pour maintenir les points d'eau essentiels à la reproduction des amphibiens durant toute la période de frais ?
- Existe-t-il des directives contraignantes obligeant les entreprises à adapter leur rythme d'extraction ou de remblayage en présence d'espèces protégées ?
- Le Conseil d’État envisage-t-il d'imposer, dans les plans de zone ou les autorisations d'exploiter, la conservation définitive d'une partie des "trous" ou excavations pour pérenniser ces milieux alluvionnaires reconstitués ?
- En attendant une revitalisation globale et plus rapide des rivières vaudoises, comment le Conseil d’État compte-t-il utiliser le réseau des gravières comme "biotopes passerelles" pour sauver les populations d'amphibiens en déclin ?
Conclusion
Souhaite développer
Documents
Transcriptions
Visionner le débat de ce point à l'ordre du jourCette interpellation se base sur un article de la revue La Salamandre paru ce mois d’août qui montrait comment l’extraction de granulats crée, dans certaines conditions, des milieux favorables à la reproduction d’espèces menacées, dont certaines espèces d’amphibiens dites pionnières, que l’artificialisation des cours d’eau a fait progressivement disparaître. Mais, malheureusement, un autre business lucratif des entreprises de gravière met des limites à cet ambivalent enthousiasme pour ce que génère, malgré elle, l’activité des gravières creusant de nouveaux milieux alluvionnaires. En effet, le remplissage des carrières et gravières par les déchets de chantier permet aux entreprises de doubler leurs revenus. Ce remplissage met finalement un frein à ces nouveaux milieux alluvionnaires qui sont donc aussitôt rebouchés. Pour mieux monitorer le fait que ces espaces menacés se nichent dans ces nouveaux milieux alluvionnaires, une piste consisterait à ce que, dans le cas où des amphibiens pionniers s’installent sur une gravière en exploitation, les entreprises devraient veiller à maintenir leurs points d’eau en période de reproduction et à compenser ces nouveaux milieux favorables, lorsqu’elles rebouchent en fin de chantier ; ce qui serait d’ailleurs rendu obligatoire par la Loi fédérale sur la protection de la nature (LPN).
Dans cette interpellation, je demande simplement au Conseil d’Etat sa gestion de cette nouvelle situation des espèces menacées qui nichent dans les nouvelles gravières, et comment il contrôle les sites d’extraction pour vérifier la présence de ces espèces avant d’autoriser un remblayage et sa gestion plus générale des ces nouveaux milieux alluvionnaires créés.
Retour à l'ordre du jourL’interpellation est renvoyée au Conseil d’Etat qui y répondra dans un délai de trois mois.