Ecobilan du papier

Ecobilan du papier

Impact environnemental total

Ce graphique présente l'impact environnemental total (en points, selon la méthode IMPACT2002+) pour le papier blanc (0.00122 points), le papier recyclé avec désencrage (0.00103 points) et le papier recyclé sans désencrage (0.0005 points)

L'impact environnemental du papier recyclé est inférieur à celui du papier blanc. Cette différence est encore plus marquée lorsque le papier recyclé n'est pas désencré.


Écobilan du papier

L’écobilan est une méthode d’évaluation de l’impact environnemental d’un produit, d’un service ou d’un système en considérant toutes les étapes de son cycle de vie. La fiche Méthodologie explique en détail les principes de base de la méthode.

Variantes considérées

La comparaison entre les deux produits s'effectue en fonction de l'usage auquel ils sont destinés. On définit ainsi une unité fonctionnelle (voir fiche Méthodologie) qui sert de point de comparaison pour les deux scénarios.

Unité fonctionnelle :
L'utilisation de 1 kg de papier, soit 200 feuilles A4 ou 400 pages A4 en recto verso.

Inventaire du cycle de vie

L’inventaire du cycle de vie (ICV) consiste à recenser tous les flux sortants et entrants du système étudié : les émissions dans l’air, l’eau et les sols, la consommation des ressources énergétiques et de la matière première.

L'inventaire complet n'est pas présenté ici, remarquons toutefois que :

L'énergie non-renouvelable utilisée dans le cycle de vie d'un kilo de papier (blanc) est d'environ 20 mégajoules d'énergie primaire. Par déduction, une feuille de papier A4 nécessite 0.1 mégajoule, ce qui correspond à l'énergie primaire employée par une lampe à incandescence pendant 13 minutes ou une lampe fluorescente pendant plus d'une heure.

Impact environnemental

L’évaluation de l’impact du cycle de vie a pour but de transformer l’inventaire de flux en une série d'impacts clairement identifiables. Suivant les méthodologies utilisées, les impacts environnementaux sont exprimés en unités spécifiques ou en "points" pour chaque catégorie d’impact. Le graphique ci-dessous illustre ces impacts environnementaux, les résultats sont exprimés en pourcentage par rapport à l'impact du papier blanc non recyclé. Les barres bleu clair et bordeaux clair représentent respectivement les émissions de CO2 provenant de la biomasse (catégorie "Émissions") et la consommation en ressources énergétiques renouvelables (catégorie "Ressources énergétiques).

Ce graphique à barres compare les impacts environnementaux du papier blanc et du papier recyclé avec et sans désencrage selon 4 critères : Santé humaine, Qualité des écosystèmes, Émissions de CO2, Ressources énergétiques

Pour chaque catégorie d'impacts, le papier recyclé sans désencrage bénéficie de meilleures performances environnementales. Les résultats sont par contre plus contrastés dans le cas du papier recyclé avec désencrage. Dans ce cas, l'écobilan présente une aggravation de l’impact sur le réchauffement climatique et une augmentation de la consommation de ressources fossiles, liées aux étapes supplémentaires de désencrage. Si l'on ajoute la consommation en ressources énergétiques renouvelables - principalement utilisation de la biomasse - et les émissions de CO2 dues à la biomasse (couleurs pastel), on constate cependant que le bilan du papier blanc est très dépendant du renouvellement effectif des forêts exploitées.

On admet généralement que le CO2 fossile contribue à l'effet de serre, alors que le CO2 biogénique a un bilan neutre car il provient d'une ressource renouvelable (la biomasse).
En effet, les végétaux en fin de vie libèrent naturellement une grande quantité de carbone dans le milieu (la plupart du temps sous forme de CO2) lors de leur dégradation. Ce processus s'inscrit dans un équilibre naturel où le CO2 émis par les processus de respiration et de dégradation est réabsorbé par les végétaux grâce à la photosynthèse. Lors de son élimination, le papier produit donc des émissions de CO2 qui sont analogues à celles issues de la dégradation naturelle de la biomasse.

Cette affirmation n’est valable que si le papier blanc provient de forêts exploitées selon les principes du développement durable (tel que l'exigent le label FSC ou le label Q Swiss Quality). Dans le cas contraire, la surexploitation des forêts (en particulier la destruction des forêts anciennes) amoindrit la capacité d’absorption du CO2 par la photosynthèse et l’équilibre naturel du CO2 « biogénique » n’est plus assuré.

Complément d'explication: Les résultats de cet écobilan se basent sur les informations collectées dans la base de données environnementales "ecoinvent". Cependant, il est à noter que l'évaluation environnementale du cycle de vie du papier a fait l'objet de nombreuses autres études et publications. De manière générale, les études récentes présentent des résultats encore plus favorables au papier recyclé (1).


Références

1. Tiedemann, A.  et al. (2000). Ökobilanzen für graphische Papiere, Umweltbundesamt. Texte. 22/00. Berlin

2. Commentaire sur l'écobilan du papier, sur le site de Ecopaper - Service suisse d’information sur le papier et l’écologie

Partager la page