Réserve forestière de Denériaz-Tempêteries-Noirvaux

Végétation

Associations forestières fréquentes :

  • La pessière sur blocs (Asplenio-Piceetum 830*) est une association spécialisée des substrats rocailleux calcaires dépourvus de terre fine et recouverts d’une épaisse couche d’humus brut acide. Grâce à ses racines traçantes, l’épicéa est la seule essence capable de former un peuplement arborescent.
  • La pessière à érable du Jura (Aceri-Piceetum 770*) colonise des crêtes du Jura, généralement au-dessus de 1400 m. On trouve des peuplement d’épicéa sans hêtre ni sapin, avec quelques érables sycomores. Ces peuplements sont en général des stades de dégradation de hêtraies dus au pâturage.

Associations forestières particulières et rares dans le Jura

  • La hêtraie à seslérie (Seslerio-Fagetum 220*) est une forêt confinée aux gradins calcaires escarpés de l’étage montagnard où elle constitue un pôle xérophile des hêtraies. Sous une strate arborescente basse et discontinue, la végétation herbacée est abondante et riche en espèces héliophiles.
  • La pineraie de montagne à kernéra (Kernero-Pinetum 970*) est une association pionnière très ouverte qui colonise certains versants rocheux exposés et pentus.
  • La hêtraie à érable (Aceri-Fagetum 180*) est une forêt de hêtre, d’érable sycomore et de résineux (épicéa et sapin) caractérisée par un sous-bois riche en plantes herbacées de grande taille (mégaphorbiées).
  • L’érablaie à alisier (Sorbo-Aceretum 340*) colonise des éboulis ensoleillés situés au pied d’affleurements rocheux ou de pentes balayées par des glissements de neige. Elle forme un peuplement hétérogène constitué d’érable, d’alisier blanc, d’arbustes et d’une strate herbacée souvent luxuriante.
  • L’érablaie à orme (Ulmo-Aceretum 350*) colonise des éboulis ombragés et frais. Dans sa forme la plus typique, c’est une forêt ouverte de gros érables sycomores surplombant une strate herbacée luxuriante (mégaphorbiée).

(*le numéro des associations forestières correspond au système de codage des groupements forestiers vaudois de l’observatoire de l'écosystème forestier)

Érablaie à alisier (©Raymond Delarze)
Érablaie à alisier (©Raymond Delarze)
Pessière sur blocs (©Raymond Delarze)
Pessière sur blocs (©Raymond Delarze)
Paroi rocheuse calcaire avec pineraie au sommet (©Raymond Delarze)
Paroi rocheuse calcaire avec pineraie au sommet (©Raymond Delarze)
 

Flore particulière (liste non exhaustive)

  • Le cynoglosse d’Allemagne (Cynoglossum germanicum), vulnérable.
  • Le pommier sauvage (Malus sylvestris), potentiellement menacé.
  • La listère cordée (Listera cordata), une orchidée des tourbières potentiellement menacée.
  • La pulmonaire du Jura (Pulmonaria montana), potentiellement menacée.
  • L’épipogon sans feuille (Epipogon aphyllum), potentiellement menacé.

Des informations détaillées sont disponibles sur l’atlas en ligne du réseau suisse des centres d’informations et de données faunistiques, floristiques et mycologiques http://www.infospecies.ch/fr/atlas-en-ligne.html

Le statut de menace se réfère à la liste rouge de l’UICN www.uicn.org/fr/

Cynoglosse d’Allemagne (©Hugues Tinguy, Tela Botanica)

Faune particulière (liste non exhaustive)

Vertébrés

  • Le lynx (Lynx lynx).
  • Le chat sauvage (Felis silvestris), en danger.
  • Le chamois (Rupicapra rupicapra), abondant.
  • Le bouquetin (Capra ibex).
  • La bécasse des bois (Scolopax rusticola), vulnérable
  • Le merle à plastron (Turdus torquatus), vulnérable
  • La gélinotte des bois (Bonasa bonasia), potentiellement menacée
  • L’épervier d’Europe (Accipiter nisus), non menacé

Invertébrés

  • Le papillon gazé ou piéride de l’aubépine (Aporia crataegi), vulnérable
  • La papillon gorgone (Lasiommata petropolitana) vulnérable
  • La fourmi (Formica lugubris), potentiellement menacée
  • La veloutée des Alpes (Trochulus montanus), potentiellement menacée (escargot).

 

Des informations détaillées sont disponibles sur l’atlas en ligne du réseau suisse des centres d’informations et de données faunistiques, floristiques et mycologiques http://www.infospecies.ch/fr/atlas-en-ligne.html

Le statut de menace se réfère à la liste rouge de l’UICN www.uicn.org/fr/

Gazé (©gailhampshire from Cadley, Malvern, UK)
Gazé (©gailhampshire from Cadley, Malvern, UK)
Gorgone (©Harald Süpfle)
Gorgone (©Harald Süpfle)

Le carnet du promeneur

Vallon encaissé, dominé par des rochers, le vallon de la Dénériaz se distingue dans le Nord du massif jurassien par son caractère quasi alpin.

Parcourez-le en automne, lorsque les ors des feuillages tranchent avec l'azur du ciel et le vert profond des résineux. Et vous pourrez vous plaire à imaginer l'activité que connaissait le site aux XVII et XVIII siècles, lorsqu'un haut fourneau engloutissait le bois des environs et crachait sa fumée à chaque coulée. Les forêts étaient intensément exploitées, et les bergers profitaient déjà du défrichement pour mener paître des troupeaux de vaches laitières. Ou bien préférerez-vous l'aventure dans les Tempêteries à la recherche des nombreuses formations karstiques telles que grottes, gouffres et lapiaz ?

 

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Données générales

Statut : réserve forestière naturelle - créée en 2013

Surface : 192.71 ha

Territoires : Bullet, Fiez, Sainte-Croix   

Description : La réserve naturelle est composée de quatre sites distincts, mais suffisamment  proches pour former une entité en matière de protection de la biodiversité en forêt, soit les deux flancs du vallon de la Dénériaz, les roches de Noirvaux et les Tempêteries. Les sites se situent entre 1000 m. et 1600 m. d’altitude. Les sites se caractérisent d’une part par des secteurs escarpés (Noirvaux et Dénériaz) et des structures karstiques particulières auxquelles sont associés les éléments subalpins avec des érables et mégaphorbiées et des pessières sur lapiaz (Tempêteries).

Propriétaires : Commune de Bullet, Commune de Sainte-Croix, M. Martial Decrausaz

 

Visite

Accès routier et parking : parking du Chasseron, à l'orée de la forêt sur la route du Chasseron depuis les Rasses;  ou bien à la Deneriaz Dessous.

Accès en transport public : arrêt du bus « Les Rasses, village » de la ligne 615 depuis Sainte-Croix, prendre ensuite le sentier pédestre balisé jusqu’au Chasseron ou arrêt de bus « La Vraconnaz, Noirvaux-Dessus ».

Sentiers : la préférence du forestier est la visite depuis le Chasseron par le chemin pédestre balisé descendant à l’ouest du Chasseron. Au pt. 1349 dans le pâturage de la Merlaz, deux possibilités :

  • poursuivre la descente sur La Merlaz, puis La Dénériaz Dessous. Ensuite remonter vers La Dénériaz Dessus, puis le Chalet des Roches Eboulées et regagner le Chasseron ;
  • prendre le chemin en direction du Chalet des Roches Eboulées avant de remonter en direction du Chasseron.

Points marquants

  • La pierre de la paix, monument symbolique au Chasseron (en dehors de la réserve, mais sur le parcours proposé).
  • Paroi rocheuse calcaire avec pinède sous les Roches Blanches
  • Grottes et gouffres dans les Tempêteries.

Avertissements

  • Les points altitudinaux mentionnés se réfèrent à la carte nationale de la Suisse 1:25'000, N° 1182 Sainte-Croix.

Autres particularités

  • La réserve se trouve dans un réservoir (N° 503) des corridors à faune d’importance régionale.
  • La réserve inclut le territoire d'intérêt biologique prioritaire cantonal (TIPB N° 63) du réseau écologique cantonal.
  • Les entités de la réserve alternent avec des pâturages secs d’importance nationale (N° 6055 les Illars, N° 6061 Le Chasseron, N° 6062 Crêt des Gouilles).

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