Recenser et gérer les sites archéologiques

Recenser et gérer les sites archéologiques

La densification du territoire entraîne des impacts toujours plus grands dans le sous-sol. Entre le futur siège du CIO, les fouilles de Boulodrome, en marge du projet Métamorphose et d'autres projets, la zone de Lausanne-Vidy, en plein coeur de la Lousonna romaine, fourmille de chantiers.
© M. Vogt

La définition de "site archéologique" englobe assez largement toute occupation humaine identifiée, sur un territoire donné. Le canton de Vaud passe pour détenir le dixième du patrimoine national, tous sites et périodes confondus.
Si les sites romains tels Avenches, capitale des Helvètes, Nyon, colonie césarienne, les cités prospères d’Yverdon et Lausanne ou les nombreuses riches villae comme celles d’Orbe, d’Yvonand ou de Pully constituent la plus prestigieuse des cartes de visite, le canton recèle aussi des trésors d’autres époques: ensembles mégalithiques ou tombes en ciste du Néolithique, tumuli et nécropoles de l’âge du Bronze, sites fortifiés de l’âge du Fer.
Enfin, des nécropoles du haut Moyen âge, ainsi que des édifices religieux ou des villes fortes médiévales complètent le très riche patrimoine archéologique vaudois.

La carte archéologique

La carte archéologique constitue l'outil de base de la prescription.

En matière de biens culturels, le Canton de Vaud est un pionnier, puisqu'il est le premier en Suisse à s'être doté, en 1898 déjà, d'une loi sur la protection du patrimoine.
Dès le 19e siècle, les trouvailles archéologiques ont été recensées dans des dictionnaires historiques. Ceux-ci ont longtemps constitué l'outil de travail central des archéologues vaudois.

Les informations archéologiques ont été compilées et complétées au fur et à mesure des nouvelles découvertes issues des fouilles et des prospections. Depuis une trentaine d'années, toutes les données existantes ont été informatisées, donnant naissance à la Carte archéologique.

Elle se présente sous la forme d’un Système d'information géographique (SIG) qui permet d’allier une base de données à des informations cartographiques. Elle recense actuellement environ 1650 régions archéologiques, 3600 sites et près de 10000 références bibliographiques. Toutes les interventions sur le terrain y sont intégrées, qu’elles aient livré ou non des vestiges.

Des sites réputés

Aujourd’hui, dans le canton de Vaud, seule une trentaine de sites archéologiques sur quelque 3450 recensés à ce jour sont accessibles au public. Après avoir été fouillés, la majorité sont détruits pour laisser place à des constructions modernes dont certaines finiront peut-être à leur tour par appartenir au patrimoine archéologique du canton, dans quelques siècles.

Les sites présentés ici sont répartis en deux rubriques:

 

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AVENCHES - la ville et le musée romain

La muraille d'Avenches © AVENTICVM – Site et Musée romains d’Avenches, photo Paul Lutz

Au cœur du territoire helvète, la cité romaine d’Aventicum, élevée au rang de colonie par l’empereur Vespasien vers 71/72 apr. J.-C., est l’un des sites archéologiques les plus riches de Suisse.

Après l’annexion par les Romains des territoires constituant la Suisse actuelle, en 15 av. J.-C., Aventicum devient le chef-lieu politique et administratif de la cité des Helvètes. Un port est attesté sur le lac de Morat dès 5/6 apr. J.-C., tandis que la ville commence à se développer autour de rues perpendiculaires, caractéristiques des cités romaines. Avenches connaît une longue période faste jusqu'au début du 3e siècle.
Même si la période politique troublée de la fin du 3e siècle marque le déclin de la colonie, des activités édilitaires et artisanales sont encore signalées aux 4e, 5e et 6e siècles. Avenches devient ensuite siège épiscopal jusqu’au 6e siècle. De nombreux vestiges de l’antique cité sont encore visibles, à commencer par son imposant amphithéâtre, qui pouvait accueillir quelque 16'000 spectateurs. Dans la tour de défense médiévale qui le surplombe est installé le musée du site. La visite se poursuit avec le temple de la Grange-des-Dîmes, dédié sans doute à la divinité gauloise romanisée, Mercure Cissonius, dieu des voyageurs et des marchands. Non loin se trouve le sanctuaire du Cigognier, dédié au culte de l’empereur et dans l’axe du temple est installé le théâtre. La cité romaine d’Aventicum possédait aussi dans son infrastructure de luxueux bains publics, signe que la ville avait accédé à un statut plus important. Le site propose encore bien d’autres monuments à visiter, comme l’enceinte, avec ses différentes portes,
ou la "Tornallaz" - la seule des 73 tours subsistant encore.

Site visitable

Site et musée romains d’Avenches.

ORBE - la villa romaine et les mosaïques de Boscéaz

Médaillon de la mosaïque des Divinités représentant le dieu Sol. © Fibbi-Aeppli

La villa s'étend sur une vaste terrasse offrant un vue exceptionnelle sur la plaine de l'Orbe et au-delà. De cet édifice prestigieux, on peut découvrir huit mosaïques présentées in situ dans des pavillons.
Les mosaïques dégagées au 19e siècle avaient déjà donné une première idée de la richesse du site. Mais ce sont les photographies aériennes de 1976 qui révèleront que ces pavements s’intègrent dans un édifice de plus de 200 m de long, au cœur d’un domaine agricole clos de 400 m de côté.
Dès 1986, le site a fait l’objet de fouilles qui ont permis d’en préciser l'histoire. La villa a été édifiée à la fin du 2e s. apr. J.-C., sur les vestiges d’un édifice du 1er siècle de notre ère. A la fin du 3e siècle, le palais est abandonné. Certaines pièces seront réutilisées par la suite, mais au 5e siècle, le site est définitivement abandonné et utilisé comme carrière.
Les mosaïques, peintures murales, portiques à colonnade, pièces chauffées par hypocauste, bassins d'agrément témoignent du luxe de l’édifice.

Neuf mosaïques ont été découvertes au total sur le site, visitables, à l'exception de la plus récemment mise au jour, illustrant l'histoire d'Ulysse arrivant sur l'île de Skyros. Sur les huit mosaïques visibles, trois comportent des scènes figurées, la plus connue étant celle dite "des Divinités", qui représente les sept dieux planétaires de l'Antiquité romaine. Ces pavements ont fait l'objet d'un programme complet de restauration, étalé sur plusieurs années.

Site visitable

Commune d’Orbe

Fondation Pro Urba

Depuis l'été 2014, les visiteurs peuvent découvrir le site en réalité augmentée, grâce à des tablettes numériques proposant une promenade virtuelle de la villa, sous la conduite de son auguste propriétaire Lucius.

Office du tourisme d'Orbe et environs

Autres sites visitables du canton

Des sites inscrits à l'Unesco

La station lacustre immergée de Chabrey. © B. Arnold

Le canton de Vaud recèle en outre en bordure de ses lacs de nombreuses stations palafittiques. En 2011, une sélection de sites lacustres de Suisse, - dont près d'une moitié de sites vaudois -, d'Allemagne, de France, d'Italie, d'Autriche et de Slovénie ont été inscrits au patrimoine mondial de l'Unesco.

Plus d'informations ici.

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