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Point séance

Séance du Grand Conseil du mardi 2 mars 2021, point 12 de l'ordre du jour

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RC - 19_POS_153

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M. Yvan Luccarini (EP) — Rapporteur-trice

Il paraît que le plastique, c’est fantastique ! Pourtant, il ne semble pas que ce soit le sentiment qui domine cet après-midi ; comme l’a souligné la postulante, il s’agit plutôt d’un véritable fléau. Deux chiffres donnent d’ailleurs le vertige : 500 milliards de sacs plastiques consommés par année dans le monde, qui causent la mort de plus d’un million d’animaux.

L’idée de ce postulat consiste à montrer l’importance, dans un premier temps, de l’exemplarité au sein de l’État en matière d’usage des plastiques. Puis, de parvenir à une interdiction des plastiques à usage unique sur le territoire vaudois. Le Conseil d’État a pu constater qu’il s’agit d’une préoccupation croissante au sein de la population et que ce postulat, par conséquent, est opportun pour que l’administration puisse faire office de pionnière. Il a été également souligné que la Direction des achats et de la logistique (DAL) est favorable à la diminution importante du plastique à usage unique. Le Bureau de la durabilité a souligné que l’interdiction, pour autant qu’elle soit légalement possible, aurait un effet global et immédiat. Le Conseil d’État a toutefois exprimé deux conditions pour réaliser une interdiction générale. La première porte sur l’évolution du cadre légal fédéral, notamment la Loi sur la protection de l’environnement (LPE) et la deuxième concerne une coordination importante avec les communes afin de ne pas intervenir unilatéralement sur leur territoire. La discussion générale a permis de relever deux points : d’une part, celui de la définition du plastique à usage unique — celle-ci pourrait être précisée dans la réponse à ce postulat — et d’autre part, la question du bilan écologique des alternatives au plastique à usage unique. Il serait donc intéressant que cela soit également évalué dans cette réponse, tout en sachant que la meilleure alternative à l’emballage plastique est souvent celle, simplement, de ne pas l'utiliser. Pour toutes ces raisons, la commission unanime vous recommande de prendre en considération ce postulat.

Mme Sonya Butera (SOC) — Président-e

La discussion est ouverte.

Mme Nathalie Jaccard (VER) —

Depuis quelque temps, une prise de conscience a enfin eu lieu sur les dangers et les conséquences du plastique sur l’environnement et sur la santé, plus particulièrement ceux à usage unique. Ce plastique, si génial, a réussi à se rendre indispensable grâce à ses qualités… Tellement indispensable, en effet, qu’aujourd’hui, il s’accroche dans nos cours d’eau, dans les océans et finit même par envahir nos organismes, mettant non seulement en danger l’environnement, mais également notre santé ! Pour rappel, 50 tonnes de plastique sont rejetées annuellement dans le lac Léman.

La préservation de l’environnement peut dans certains cas demander des efforts et des changements d’habitudes conséquents. Or, dans ce cas de figure, il s’agit d’actions simples qui peuvent être mises en place. En effet, des alternatives existent déjà, et de très nombreuses personnes sont demandeuses et prêtes à être porteuses du changement. Nous avons d’ailleurs pu réaliser que lorsque des mesures sont prises, la population est capable de s’adapter. C’est notamment le cas avec les sacs plastiques dans les grandes surfaces, dont la distribution a chuté de près de 80 % ! Ces prises de conscience récentes prouvent que la société est prête à se passer de ces divers produits. Ainsi, sur cette question, nous pouvons nous montrer optimistes, car non seulement des pays voisins, des cantons, des communes, dont la mienne, Renens, ont décidé de prendre des mesures et mis en place des plans stratégiques, mais également la commission qui a soutenu à l’unanimité le renvoi de ce postulat au Conseil d’État. À notre tour, maintenant, d’agir et de ne plus tergiverser. Par conséquent, je vous demande de soutenir le renvoi de ce postulat au Conseil d’État pour que l’Etat de Vaud puisse montrer l’exemple en mettant en place, à son tour, un ensemble de mesures visant à bannir l’usage du plastique à usage unique dans l’administration cantonale.

Mme Carole Schelker (PLR) —

Je crois que chacun est conscient de la situation très problématique que nous vivons en raison de ces plastiques à usage unique. Chez nous, on voit malheureusement que le lac Léman n’a rien à envier aux océans avec ses 14 millions de particules microplastiques en suspension. Heureusement, les choses bougent, ce qui a été le cas depuis la date de tenue de notre commission. Plusieurs unités du canton travaillent déjà à la réduction du plastique à usage unique, comme la centrale d’achat ou l’unité de développement durable, qui accompagnent tous les départements dans cette démarche. Les entités privées, les festivals et les restaurants — lorsqu’ils sont ouverts — fournissent également des efforts importants pour limiter les pailles et autres objets plastiques dans la restauration. Oui, il faut réduire l’usage du plastique. Toutefois, pour le PLR, il faut que, pour chaque objet plastique, une analyse soit réalisée afin que le produit de substitution ne soit pas encore pire que l’objet plastique qu’il remplace, relativement à son écobilan ou à son cycle de vie. En conclusion, le canton de Vaud doit jouer un rôle d’exemplarité dans la limitation des déchets plastiques, raison pour laquelle la majorité du groupe PLR soutiendra ce postulat.

M. Jean-Rémy Chevalley (PLR) —

A l’évidence, je soutiendrai ce postulat qui va dans le bon sens. En effet, nous utilisons encore beaucoup trop de plastique. En effet, parfois pour couvrir un objet de la taille d’une tête d’épingle, on l’emballe dans du plastique de 10cm sur 10cm… cela fait quand même toujours un peu bizarre ! Comme l’a dit mon collègue Genton tout à l’heure, ce n’est pas le plastique recyclé ou qui est mené à la déchetterie pour être incinéré qui dérange, mais celui qui traîne dans la nature. On en trouve encore beaucoup trop, il s’agit véritablement d’un problème d’éducation. Il faut agir au niveau des écoles et malheureusement aussi au niveau de nos aînés pour leur apprendre que le plastique ne se dégrade pas tout seul. En outre, je constate malheureusement que depuis que nous vivons dans un contexte de pandémie, que le port du masque est obligatoire, que le plastique est en train de perdre sa place de premier pollueur… au profit des masques que l’on retrouve partout ! Je regrette cette situation navrante. Même si l’on supprime le plastique, nous trouverons d’autres déchets, parce que les gens ne sont pas prêts à tout mettre où cela doit être mis. Je crois que nous devons vraiment nous poser la question de l’éducation de la population, de la sensibilisation à la gestion des déchets.

M. Claude-Alain Gebhard (V'L) —

Je pense qu’il est extrêmement important de renvoyer ce postulat au Conseil d’État. On retrouve en effet des déchets plastiques dans les cours d’eau et dans le lac, je les retrouve également dans mes sols. Depuis longtemps, je suis un utilisateur de compost d’usine de traitement de déchets organiques. Il y a 20 ans, nous n’avions pas de plastique dans les composts, alors qu’aujourd’hui c’est calamiteux. Les plastiques sont mélangés avec des déchets organiques pour des raisons probablement de tarification, parce que les responsables des usines doivent accepter des déchets pollués comme la dernière enchère négative. Ils s’évertuent à déballer des emballages industriels, à fractionner ou à micro fractionner ces plastiques pour qu’ils ne soient plus visibles, mais il en résulte que ces microplastiques se retrouvent dans nos déchets organiques et finissent dans le sol ; cela est déplorable. Je souhaite véritablement que l’Etat de Vaud et le département prennent des mesures pour les cours d’eau et pour les sols.

Mme Béatrice Métraux — Conseiller-ère d'État

En réponse à M. Gebhard, le canton de Vaud fait en sorte de protéger les sols, car vous avez raison, ils sont très précieux. Pour répondre également M. Chevalley qui se plaignait, à juste titre, du fait que les masques, rendus obligatoires par la crise sanitaire et la protection de la population, traînent partout, comme vous le savez, le rôle des autorités, soient-elles cantonales ou communales, dans les écoles ou dans les institutions — partout où cela est possible — consiste à continuer à sensibiliser la population aux effets de l’abandon des déchets sauvages, le littering, pas seulement celui des masques d’ailleurs. Si les masques nous protègent, il nous incombe de protéger l’environnement ; c’est notre rôle de les jeter à la poubelle une fois utilisés. Cela doit être dit et répété aussi dans le cadre des familles. Il faut également constater que le télétravail et la fermeture des restaurants ont amené le fait que les sacs taxés sont remplis d’emballages de nourriture à l’emporter. Sur responsables.ch, une campagne est en cours sur la lunch attitude, qui encourage la population à apporter son propre récipient. L’État joue son rôle de sensibilisateur, mais il incombe à chacun d’entre nous d’encourager les comportements responsables, à chacun de nous d’y souscrire. En conclusion je vous invite à soutenir le postulat de Mme Jaccard auquel nous répondrons avec tout le détail et l’énergie qui nous caractérisent.

Mme Sonya Butera (SOC) — Président-e

La discussion est close.

Le Grand Conseil prend le postulat en considération à l’unanimité.

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