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Point séance

Séance du Grand Conseil du mardi 9 février 2021, point 3.10 de l'ordre du jour

Texte déposé

La Confédération nous annonce un dépistage intensif voire général du Covid.

Elle l'estime à ce point nécessaire qu'elle est prête à en assumer les frais.

Quelle est sa population cible ? Entre autres les EMS et le maintien à domicile des âgés et/ou fragiles.

Si l'on prend les bulletins rens des 22/25/29/31.01, sur un total de 547 cas la tranche d'âge 64 et + représente 60 cas.

Nous posons au Conseil d'Etat la question suivante :

 

Quelles sont les raisons qui poussent à ce dépistage acharné de gens sans défense, qui représentent à peine plus que le 10% des dépistages, au lieu de dépister les concernés (487)?

 

 

Transcriptions

M. Philippe Vuillemin (PLR) —

Des dépistages incompréhensibles

En préambule, je rappelle que le texte de ma question a été rédigé il y a une dizaine de jours. La Confédération nous annonce un dépistage intensif, voire général, du COVID. Elle l’estime à ce point nécessaire qu’elle est prête à en assumer les frais. Quelle est sa population cible ? Entre autres les EMS et le maintien à domicile des personnes âgées et/ou fragiles.

Si l’on prend les bulletins de renseignements du Conseil d’Etat des 22, 25, 29 et 31 janvier, sur un total de 547 cas, la tranche d’âge des 64 ans et plus représente 60 cas.

Nous posons au Conseil d’Etat la question suivante : quelles sont les raisons qui poussent à ce dépistage acharné de gens sans défense, qui représentent à peine plus que le 10 % des dépistages, au lieu de dépister les concernés, soit 487 personnes ?

Mme Rebecca Ruiz (C-DSAS) — Conseiller-ère d'État

Depuis le 28 janvier 2021, la Confédération recommande aux cantons d’intensifier le dépistage des lieux à risque de transmission et en particulier dans les EMS. Au niveau cantonal, le Département de la santé et de l’action sociale a fait le choix, dans sa stratégie de vaccination, de prioriser la vaccination de la population vulnérable vivant en collectivité, c’est-à-dire de vacciner les résidents des établissements médico-sociaux et le personnel soignant de ces institutions. Cette vaccination a pour but de limiter le risque d’infections COVID-19 compliquées parmi cette population très vulnérable et de limiter la circulation du virus dans ces institutions, en incluant dans la vaccination les professionnels travaillant en EMS.

Dans ce contexte il n’était pas prévu jusque-là, dans la stratégie cantonale de lutte contre l’infection COVID-19, d’instaurer des dépistages systématiques répétitifs des résidents et du personnel. En effet, avec la vaccination des personnes vivant ou travaillant dans les EMS, cela permet de raisonnablement exclure une circulation large du virus dans ce milieu. La Confédération a récemment demandé aux cantons d’envisager un testing plus large incluant également les visiteurs. S’agissant de procédures dont l’impact pourrait être important sur les résidents et les familles, mes services sont en train d’étudier cette demande en collaboration avec les partenaires des institutions. Dans l’intervalle, le dépistage étendu des résidents reste réservé dans des situations bien spécifiques, telles que le dépistage autour d’un nouveau cas COVID-19 dans un EMS, ceci pour une meilleure compréhension d’une éventuelle circulation du virus. Dans certaines situations, ce dépistage peut être étendu au personnel de l’EMS.

De plus, dans notre stratégie, le dépistage à l’admission d’un nouveau résident pour, cas échéant, mettre en place le plus efficacement possible des mesures de protection par un isolement précoce d’un éventuel résident positif est d’ores et déjà pratiqué. Bien que l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) ait élargi les indications au dépistage des personnes asymptomatiques, ceci à des fins de protection des personnes vulnérables dont font partie les personnes fragiles à domicile, le dépistage régulier des professionnels pratiquant des soins à domicile ne nous parait actuellement pas pertinent. En effet, les mesures de protection — port du masque par les professionnels lors des soins à domicile, hygiène des mains, limitation des contacts au strict nécessaire — permettent de limiter le risque de transmission lors des soins. De plus, il n’est pas prévu de dépister régulièrement les personnes vulnérables à domicile, car le risque de dissémination du COVID reste très limité. En dehors des contextes particuliers des EMS, une stratégie de dépistages ciblés pour certaines populations particulièrement exposées est actuellement en cours d’élaboration.

M. Philippe Vuillemin (PLR) —

Je remercie la conseillère d’Etat pour sa réponse qui me satisfait en bonne partie, dans la mesure où on fait les choses « à la vaudoise », c’est-à-dire avec un certain discernement, sans se laisser emporter par des propos inutilement guerriers, comme on peut les entendre dans d’autres milieux, en particulier fédéraux. Effectivement, le dépistage doit répondre à des critères médicaux et épidémiologiques clairs et ne pas être une généralisation inutile.

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