Les escroqueries aux faux policiers et aux faux banquiers, principalement dirigées contre des personnes âgées, connaissent une évolution préoccupante depuis 2022 dans le canton de Vaud. Près de2300 cas ont été recensés, dont 900 escroqueries réussies, occasionnant un préjudice cumulé d’environ CHF 7 millions, depuis le 1er janvier 2026.
Plusieurs interpellations à Lausanne et dans le canton de Vaud
Depuis ce début d’année, près de 270 auteures et auteurs sont impliqués dans des escroqueries de ce type dans le canton de Vaud. Plus d’une centaine d’entre eux a été interpellée sur le territoire vaudois, dont 19 ont été placées en détention. Un tiers des auteures et auteurs interpellés sont des personnes domiciliées en Suisse.
Uniquement pour ce début octobre, la Police cantonale vaudoise, les polices communales et la Police municipale de Lausanne ont procédé à 16 interpellations, dont 5 en Ville de Lausanne, soit un mineur et deux majeurs domiciliés dans le canton de Vaud, ainsi que deux majeurs domiciliés en France. Les investigations sont menées par la Police de sûreté vaudoise et la Police judiciaire de Lausanne, sous la conduite du Ministère public.
Parmi les personnes interpellées, plusieurs personnes ont été condamnées, notamment à des peines de prison ferme.
Mode opératoire des escroqueries
Ces escroqueries reposent sur une organisation criminelle structurée, qui sous-traite auprès d’opérateurs inconnus, via des applications de messageries cryptées, les appels aux victimes, la récupération de l’argent ou des objets de valeur, puis le blanchiment du butin. Cette façon de procéder permet aux commanditaires de limiter leur exposition directe, de préserver leur anonymat et confère à ces réseaux une capacité d’action à grande échelle, s’étendant à l’ensemble de la francophonie continentale.
Pour rappel, les escrocs contactent généralement leurs victimes par téléphone en se faisant passer pour des policières ou policiers, des banquières, banquiers ou des collaboratrices ou collaborateurs d’un établissement financier. Elles et ils prétextent, par exemple, une enquête en cours, une tentative de fraude sur un compte bancaire ou la nécessité de sécuriser des valeurs. En instaurant un climat d’urgence et de confiance, elles et ils cherchent à convaincre leurs interlocutrices et interlocuteurs de leur remettre de l’argent liquide, des bijoux ou des cartes bancaires, ou encore de communiquer des informations confidentielles. Dans certains cas, une ou un complice se présente directement au domicile de la victime pour récupérer les biens. Les auteures et auteurs peuvent se montrer particulièrement insistants et employer des techniques de manipulation destinées à empêcher leurs interlocuteurs de prendre du recul ou de solliciter l’avis d’une ou d’un proche.
Conseils et bons réflexes pour se protéger
Une banque ou la police ne demande jamais de remettre des cartes bancaires, des codes NIP, de l'argent ou des objets de valeur, que ce soit par téléphone ou par l'intermédiaire d'un coursier. Pour se prémunir contre ces escroqueries, les réflexes essentiels doivent être adoptés :
- Ne communiquez jamais vos codes NIP ou vos données bancaires par téléphone.
- En cas d'appel suspect, raccrochez et contactez vous-même votre établissement bancaire au numéro officiel figurant sur ses documents.
- Ne remettez rien à une personne se présentant au domicile, même si elle se réclame d'une banque ou de la police.
- Parlez de ces méthodes avec vos proches, en particulier pour les personnes âgées, souvent ciblées par les escrocs.
- Si vous pensez avoir été victime, faites bloquer immédiatement vos cartes bancaires et déposez plainte.
- En cas de doute ou de comportement suspect, composez le 117.
Pour plus de conseils : Prévention Suisse de la criminalité (www.skppsc.ch/fr)
Importance des proches
Les proches, les voisins et les personnes qui accompagnent régulièrement des seniors ont également un rôle important à jouer dans la prévention. Aborder régulièrement le sujet, expliquer les méthodes utilisées par les escrocs et rappeler qu’il est toujours possible de raccrocher lors d’un téléphone douteux, permettent de mieux préparer les personnes potentiellement ciblées. Il convient également d’encourager les personnes âgées à signaler tout appel suspect, même si elles n’ont subi aucun préjudice. Ces informations peuvent contribuer aux investigations et prévenir d’autres tentatives.