Le département de zoologie du Naturéum s’attache depuis plus de 20 ans à constituer une collection de matériel génétique, provenant aussi bien de ses nouvelles acquisitions que de spécimens issus de recherches scientifiques ou de suivis faunistiques. Au total, près de 30’000 échantillons de tissus, de sang ou d’ADN sont ainsi conservés de manière pérenne et mis à la disposition de la communauté scientifique. Quelques collections remarquables provenant de recherches effectuées au Département d’écologie et évolution de l’UNIL y ont également été intégrées. À celles-ci s’ajoutent plus de 8000 échantillons d’ADN provenant surtout de spécimens d’insectes, en grande partie issus des recherches menées au sein même du Naturéum.
Conserver des échantillons implique d’en assurer la visibilité et la mise à disposition pour la communauté scientifique. C’est tout l’objet du Label « VITA », que le département de zoologie du Naturéum vient de recevoir de Swiss Biobanking. La majorité des biobanques recensées incorpore des prélèvements médicaux, vétérinaires ou microbiologiques. Le dispositif est cependant également ouvert aux collections de sciences naturelles, et le Naturéum est le premier musée de Suisse à avoir fait une démarche de certification. Comme toute biobanque labellisée en Suisse, elle est enregistrée dans le répertoire national NExT (Network Exploration Tool) et devient éligible au répertoire européen BBMRI (Biobanking and Biomolecular Resources Research Infrastructure), qui permet aux scientifiques de rechercher des échantillons dans toute l'Europe.
Une mémoire temporelle de la nature
Pourquoi conserver ? Parce que les collections d’aujourd’hui sont une image du présent pour les recherches du futur. Comment les populations évoluent-elles au cours du temps ? Quelle était la diversité génétique d’une espèce donnée il y a 50 ou 100 ans ? Les collections d’histoire naturelle sont une mémoire temporelle de la nature, et le contenu génétique de ces échantillons est une source de données précieuse. À plus court terme, elles évitent aussi le rééchantillonnage d’une ressource naturelle, par exemple dans le cadre d’un nouveau projet portant sur les mêmes organismes ou le même environnement. Le principe vaut également pour les prélèvements d'ADN environnemental, ces échantillons d'eau, de sol ou d’air dans lesquels se lit la présence des espèces grâce aux fragments d'ADN qu'elles y laissent. Conservés, ils deviennent l'enregistrement daté d'un lieu, réanalysable, sans retourner sur le terrain.
Un partenaire pour les équipes de recherche
À l’heure où la connaissance de notre environnement est cruciale pour sa protection, le Naturéum se positionne comme partenaire des équipes de recherche en garantissant la conservation pérenne du matériel collecté. Préserver cette mémoire moléculaire et la rendre accessible aux chercheuses et chercheurs fait partie des missions d’un musée de sciences naturelles.
Les équipes scientifiques intéressées par le dépôt d’échantillons sur le long terme peuvent contacter le Naturéum.
Communiqué de presse (pdf, 149 Ko)
