Communications
Séance du Grand Conseil du mardi 5 novembre 2024, point 1 de l'ordre du jour
Transcriptions
Décès de M. Nicola Di Giulio
Dans la nuit de vendredi à samedi, le Grand Conseil du canton de Vaud a été frappé de plein fouet en apprenant la disparition subite et inattendue de notre collègue Nicola Di Giulio. Nous avons perdu l’un des nôtres, dont le parcours de vie politique et professionnelle à l’écoute et au service des autres nous a imprégnés et enrichis. Cette absence nous consterne et nous plonge dans un deuil collectif, provoquant une immense tristesse et une grande émotion. En ces instants douloureux, nos pensées émues vont auprès de la famille, des amis, des collègues et des proches. Au nom des autorités cantonales, le Grand Conseil vaudois présente ses sincères condoléances et toute sa sympathie à la famille de Nicola Di Giulio. Que tout ce qui a été vécu et partagé avec lui puisse aider sa famille et ses proches à surmonter ce deuil et leur permettre, ces prochains temps, de continuer le chemin dans le souvenir de Nicola.
Je vous prie d’observer quelques instants de silence, dans son souvenir. (L’assemblée observe un moment de silence.)
Demande de modification de l’ordre du jour
Je demande une modification de l’ordre du jour afin de traiter la résolution que j’ai déposée dans SIEL, de concert avec mes collègues chefs de groupe, concernant les fermetures d’offices de poste.
La demande de modification de l’ordre du jour est acceptée par 75 voix et 1 abstention.
Cette résolution sera traitée ultérieurement.
Intervention personnelle de M. Alain Cornamusaz sur le naufrage du bateau Le Simplon
Conformément à l’article 84, alinéa 3, de la Loi sur le Grand Conseil, un député demande l’introduction dans l’ordre du jour d’une intervention personnelle. Cette demande étant soutenue par au moins 20 membres, le président lui donne la parole.
Retour à l'ordre du jourJe me permets d’intervenir aujourd’hui pour attirer votre attention sur l’incident du bateau Le Simplon de la Compagnie générale de navigation (CGN), un événement qui soulève des questions cruciales sur la gouvernance de la sécurité et la gestion des risques. Je relève, salue et reconnais le travail conséquent des quatre experts afin de fournir le rapport d’enquête sur Le Simplon dans un court laps de temps.
A la lecture de ce document, je soulignerai que le rapport d’enquête attribue la responsabilité directe de l’incident à des décisions opérationnelles spécifiques, principalement celles du directeur d’exploitation. Cependant, ce rapport semble adopter une orientation qui allège l’implication des plus hautes fonctions de l’entreprise, notamment celles du directeur général et du président du Conseil d’administration. En effet, il se concentre sur les décisions de terrain, sans approfondir le cadre de gouvernance qui a permis ces décisions. Pourtant, la responsabilité du directeur général et du président du Conseil d’administration est de s’assurer que des protocoles robustes de sécurité et de gestion des crises sont en place et fonctionnels. Or, l’incapacité de répondre aux alertes de danger notamment émanant d’un météorologue, ainsi que l’absence d’une coordination efficace en cas d’urgence relève de failles dans la supervision et la préparation stratégiques.
Par ailleurs, il est essentiel de noter que la gestion des risques n’est pas uniquement une question opérationnelle ; elle relève aussi de la direction stratégique. Le rapport n’a pas examiné en profondeur la culture de sécurité instaurée au sein de la CGN ni la qualité des protocoles de communication interne et externe en situation de crise. Pourtant, ces éléments relèvent de la responsabilité directe de la gouvernance de l’entreprise. Compte tenu de ces éléments, il apparaît donc que le rapport n’apporte pas toutes les réponses attendues, notamment sur l’examen des protocoles de gouvernance, la chaîne de supervision, ainsi que les responsabilités de la direction et du Conseil d’administration. L’objectif serait de déterminer si des lacunes systémiques ont contribué à l’incident et de formuler des recommandations précises pour renforcer la sécurité et la réactivité au sein de la CGN, par exemple par un complément demandé à une commission d’enquête neutre.
En somme, pour éviter qu’un tel incident ne se reproduise et pour garantir une responsabilité complète, il est crucial d’aller au-delà du rapport initial, afin d’apporter une vision globale de la gouvernance et de la gestion des risques visant à garantir une sécurité exemplaire au sein de la CGN et, par la même occasion, sur nos lacs.