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26_MOT_27 - Motion Sergei Aschwanden et consorts - Pour un crédit d’ouvrage destiné à financer les travaux de rénovation du système technique et des infrastructures de la piscine du Gymnase d’Etoy (prise en considération immédiate) (Développement et demande de prise en considération immédiate).

Séance du Grand Conseil du mardi 26 mai 2026, point 15 de l'ordre du jour

Texte déposé

Conformément à l’article 120 de la loi sur le Grand Conseil, la présente motion demande au Conseil d’État d’étudier et de soumettre au Grand Conseil, dans un délai de 12 mois, un projet de décret accordant un crédit d’ouvrage destiné à financer les travaux nécessaires à la rénovation complète du système technique de la piscine du Gymnase d’Etoy.

Dans un contexte marqué par une pénurie d’infrastructures aquatiques dans le canton de Vaud et par une forte sollicitation des installations existantes, le maintien en activité de la piscine du Gymnase d’Etoy présente un intérêt public évident, tant pour les besoins de la formation que pour les activités sportives régionales. Aujourd’hui, cette piscine est fermée en raison de la vétusté de ses installations techniques et de l’absence de rénovation. Cette situation pose plusieurs problèmes majeurs.

Premièrement, l’argument selon lequel il ne relèverait pas du rôle du Canton de gérer une piscine apparaît tardif et inopportun. Cette réflexion aurait dû intervenir au moment de l’acquisition du site en 2023. À ce stade, ne pas rénover cette installation serait dommageable, car une fermeture durable réduirait la valeur fonctionnelle de l’investissement public. Le Canton doit assumer les infrastructures qu’il possède et qui sont directement liées à ses missions, en particulier dans le domaine de la formation.

Deuxièmement, la volonté de transférer cette piscine aux communes n’est ni pertinente ni réaliste. Les communes de la région sont déjà fortement sollicitées, notamment avec la problématique de la rénovation de la piscine de Rolle, sous la responsabilité de l’entité ENJEU[1]. Elles rencontrent déjà des difficultés à financer et gérer ces infrastructures. Leur imposer une charge supplémentaire reviendrait à aggraver une situation déjà tendue.

Troisièmement, la fermeture de la piscine compromet directement la mission éducative du gymnase et la qualité de l’enseignement sportif. Sans cet équipement, il ne sera plus possible de garantir les trois heures hebdomadaires d’éducation physique par classe (loi sur l’éducation physique et du sport, à son art. 12)[2], telles que prévues. La piscine joue un rôle essentiel dans l’organisation des activités sportives, en particulier pour les élèves de première année, et permet au gymnase d’absorber l’ensemble de ses effectifs. Cette situation deviendra encore plus critique dans la perspective d’un gymnase organisé sur quatre ans.

Quatrièmement, il convient de rappeler le manque structurel d’infrastructures aquatiques dans le canton de Vaud. Dans ce contexte, renoncer à une piscine existante et fonctionnelle — moyennant rénovation — constituerait un non-sens du point de vue de la planification des équipements publics.

Enfin, cette piscine ne bénéficie pas uniquement aux élèves. Elle est également utilisée par des clubs sportifs, notamment le club de natation de la région morgienne, qui compte plus de 600 membres. À cela s’ajoute une pression importante sur les infrastructures voisines, comme à Rolle, où les clubs comptent également un nombre élevé d’utilisateurs, plus de 700. La disparition durable de cette piscine accentuerait encore la saturation régionale.

Au vu de ces éléments, les coûts nécessaires à la rénovation — qui relèvent d’un investissement — apparaissent mesurés au regard des enjeux éducatifs, sportifs et territoriaux.

Par cette motion, les signataires invitent le Conseil d’État à présenter au Grand Conseil un projet de décret accordant un crédit d’ouvrage destiné à financer les travaux nécessaires à la rénovation complète du système technique et des infrastructures qui nécessitent une rénovation de la piscine du Gymnase d’Etoy, dans un délai de 12 mois à compter de la prise en considération immédiate de la motion, afin de garantir la pérennité de cette infrastructure essentielle.

 


 

[1] https://enfance-jeunesse.ch/

[2]LEPS ; BLV 415.01 

Conclusion

Prise en considération immédiate et renvoi au CE

Liste exhaustive des cosignataires

SignataireParti
Sébastien CalaSOC
Anne-Lise RimePLR
Jean-Luc BezençonPLR
Jean-Rémy ChevalleyPLR
Isabelle FreymondIND
Patrick SimoninPLR
Josephine Byrne GarelliPLR
Théophile SchenkerVER
Yann GlayreUDC
Nicolas BolayUDC
Julien EggenbergerSOC
Aurélien DemaurexV'L
Séverine GraffSOC
Quentin RacinePLR
Carole SchelkerPLR
Hadrien BuclinEP
Cloé Baudet PointetV'L
Kilian DugganVER
Felix StürnerVER
Géraldine DubuisVER
Vincent JaquesSOC
Thierry SchneiterPLR
Michael WyssaPLR
Ariane MorinVER
Cédric EchenardSOC
Vincent KellerEP
Denis CorbozSOC
Jean-Daniel CarrardPLR
Philippe GermainPLR
Pierre-André RomanensPLR
Loïc SaugyPLR
Jean-Louis RadiceV'L
Jean-François ThuillardUDC
Elodie LopezEP
Sébastien HumbertV'L
Monique HofstetterPLR
Muriel ThalmannSOC
Patricia Spack IsenrichSOC
Yannick MauryVER
Laurence CretegnyPLR
Aurélien ClercPLR
Olivier AgassisUDC
Laure JatonSOC
Jean-Franco PaillardPLR
Alexandre BerthoudPLR
Maurice GayPLR
Stéphane JayetPLR
Aliette Rey-MarionUDC
Guy GaudardPLR
Nicolas SuterPLR
Stéphane BaletSOC
Sylvie PodioVER
Bernard NicodPLR
Carole DuboisPLR
Marc VuilleumierEP
Pierre-Alain FavrodUDC
Denis DumartherayUDC
José DurusselUDC
Marc MorandiPLR
Nathalie VezVER
Vincent BonvinVER
Chantal Weidmann YennyPLR
Jerome De BenedictisV'L
François CardinauxPLR
Jean-François CachinPLR
John DesmeulesPLR
Marion WahlenPLR

Documents

Transcriptions

Visionner le débat de ce point à l'ordre du jour
M. Sergei Aschwanden (PLR) —

En voulant aller vite, monsieur le président, vous avez failli me faire patauger ! 

Parfois, dans la vie publique, des dossiers dépassent largement le béton, les tuyaux et les lignes budgétaires. La piscine du Gymnase d’Etoy est de ceux-là. La question qui nous est posée aujourd’hui n’est pas simplement : faut-il rénover une piscine ? Elle est : quel rapport entretenons-nous avec nos responsabilités collectives ?

Disons les choses clairement. La fermeture de cette piscine n’est pas un accident. C’est un échec – un échec d’anticipation, un échec de gestion. Demain, si nous décidons de détourner le regard, ce sera un échec politique.

Que nous propose-t-on aujourd’hui ? De nous défausser. Soudainement, on nous explique que ce n’est pas le rôle du Canton de gérer une piscine. Quelle révélation tardive ! Car, pour rappel, le Canton a acheté cette infrastructure, l’a exploitée et utilisée pendant des années pour assurer sa mission de formation. Il en a assumé tous les bénéfices lorsque cela l’arrangeait. Mais au moment d’investir, au moment d’assumer l’entretien du bien commun, il faudrait disparaître discrètement derrière un principe opportunément redécouvert.

La responsabilité publique n’est pas un abonnement à géométrie variable. On ne peut pas socialiser les bénéfices et privatiser les contraintes. Pire encore, l'on envisage maintenant de transmettre le problème aux communes de la région – comme si elles avaient la capacité financière, technique et structurelle d’absorber une telle charge, comme si elles n’étaient pas déjà engagées dans des efforts considérables, notamment en lien avec la rénovation de la piscine de Rolle, dans la même région, qui suscite déjà beaucoup de débats et menace l’existence même du club de natation de Rolle.

Soyons sérieux : transférer une piscine vétuste, sans vision claire ni financement solide, n’est pas une solution, mais un abandon organisé. Pendant que les institutions se renvoient la balle, les conséquences sont bien réelles.

Le Gymnase d’Etoy ne pourra plus garantir les trois heures d’éducation physique hebdomadaires par classe. Or, ce n’est pas une option laissée à l’appréciation du moment : c’est une obligation fédérale et cantonale. Supprimer cette piscine revient à déséquilibrer tout un projet pédagogique, fragiliser la capacité d’accueil du gymnase et complexifier davantage la gestion des premières années. Avec le gymnase en quatre ans, cette incohérence deviendra tout simplement intenable.

Au-delà de l’école, il y a une réalité que personne ici ne peut honnêtement nier : le canton de Vaud manque cruellement d’infrastructures aquatiques. Les listes d’attente s’allongent, les lignes d’eau sont saturées, les clubs cherchent désespérément des créneaux. Alors, dans ce contexte, laisser mourir une piscine existante relève d’une absurdité politique presque philosophique. C’est comme regarder un puits se tarir au milieu du désert et expliquer ensuite qu’il coûterait trop cher d’y remettre de l’eau.

Parlons du tissu sportif. Dans la région morgienne, le club de natation compte plus de 500 membres – autant du côté de Rolle. Derrière ces chiffres, il y a des enfants, des familles, des bénévoles, des entraîneurs, des parcours de vie. Une piscine n’est pas seulement un bassin rempli d’eau chlorée. C’est un lieu où l’on apprend la discipline, l’effort, le respect, la confiance en soi ; c’est un espace où se construit discrètement la cohésion sociale. À une époque où l’on parle sans cesse de santé publique, de sédentarité et de jeunesse en difficulté, il serait paradoxal – pour ne pas dire irresponsable – de sabrer précisément ce qui fonctionne. Certes, cela a un coût. Toutefois, ayons au moins l’honnêteté intellectuelle de nommer correctement les choses : ce n’est pas une dépense perdue, mais un investissement dans la formation, dans la santé, dans le sport, dans l’équilibre territorial et dans la jeunesse de ce canton.

La question est simple : voulons-nous assumer nos responsabilités ou continuer à les contourner avec des raisonnements administratifs qui donnent l’impression que plus personne ne pilote réellement la vision collective ? Ne rien faire aujourd’hui n’est pas une neutralité, mais un choix : celui du renoncement. C’est pourquoi, par cette motion, nous demandons au Conseil d’État d’agir rapidement en proposant un crédit d’ouvrage concret pour la rénovation de la piscine du Gymnase d’Etoy. Nous demandons simplement que le Canton assume ce qu’il a lui-même acheté, utilisé et rendu nécessaire.

Une société se juge aussi à la manière dont elle entretient ce qui relie les générations. Une piscine peut sembler modeste, mais parfois, ce sont précisément les équipements les plus ordinaires qui révèlent le mieux notre capacité à faire société. Je vous remercie de votre soutien. Vive le sport !

M. Stéphane Montangero (SOC) — Président

La discussion est ouverte.

M. Yannick Maury (VER) —

Je déclare tout d’abord mes intérêts en tant qu’habitant du district de Morges, en l’occurrence de la commune de Yens, proche de la piscine concernée, dont plusieurs habitants sont directement touchés par cette fermeture et m’ont approché à ce sujet.

La fermeture de la piscine du Gymnase d’Etoy entraîne des conséquences très concrètes pour toute une région, comme cela a été dit, pour des centaines de jeunes sportives et sportifs ainsi que pour de nombreuses familles du district de Morges. Depuis l’accident survenu en décembre 2025, cette infrastructure essentielle est à l’arrêt. Des jeunes qui s’entraînaient plusieurs fois par semaine doivent désormais parcourir de longs trajets – peu efficients sur le plan de la mobilité – pour pouvoir continuer leur sport, parfois très tôt le matin ou très tard le soir. Corrélativement, certains parents doivent entièrement réorganiser leur quotidien. Morges Natation a dû trouver dans l’urgence des solutions provisoires à Lausanne, à Cossonay, Saint-Prex ou à Nyon. Cette situation n’est ni durable ni satisfaisante. Les infrastructures voisines sont déjà saturées et ne peuvent absorber durablement cette charge supplémentaire.

Dans ce contexte, renoncer à rénover cette piscine serait incompréhensible : on ne peut pas laisser fermer durablement une installation existante qui pourrait continuer à remplir pleinement sa mission moyennant des travaux ciblés. Quant à l’argument selon lequel il ne reviendrait pas au Canton d’exploiter une piscine, il apparaît tardif. Le site a été repris par l’État en connaissance de cause, comme vient de le rappeler le motionnaire. Cela étant et dans un souci de partage des coûts, mon groupe émet le vœu que les utilisatrices et les utilisateurs contribuent aux frais d’entretien de la piscine lorsqu’ils l’utilisent.

Mon groupe soutiendra cet investissement pragmatique dans une infrastructure déjà existante, au bénéfice des élèves, des sociétés sportives et de toute une région. Je vous prie d’accepter la prise en considération immédiate de cette motion.

M. Cédric Weissert (UDC) —

Le groupe UDC soutiendra la prise en considération immédiate de cette motion. Sans revenir sur les arguments du motionnaire, il nous paraît important que ces travaux de rénovation puissent démarrer au plus vite, tant pour les élèves que pour les clubs locaux, moteurs de l’activité et de la vie locale. Notre canton manque d’infrastructures sportives face à une forte demande ; il paraît dès lors cohérent de maintenir celles que nous possédons déjà.

M. Jerome De Benedictis (V'L) —

Si tant est qu’il faille déclarer un intérêt, je rappelle que je suis syndic de la commune d’Echandens, membre du district de Morges, concernée par cette piscine et qui construit actuellement une piscine sur son territoire. Je ne peux que confirmer les propos de mon collègue Aschwanden quant aux besoins en lignes d’eau pour les clubs sportifs, pour le loisir et pour tous les sports liés à la natation et à l’apprentissage de la nage.

La piscine d’Etoy, que nous avons tous et toutes décidé d’acquérir au nom du Canton, doit être entretenue correctement et durablement, avec une vision à long terme. Lorsqu’on acquiert un bien immobilier, on s’engage aussi à l’entretenir sur nos finances.C’est avec un grand soutien que le groupe Vert’libéral s’est prononcé favorablement à cette motion et à sa prise en considération immédiate, afin d’aller rapidement de l’avant et de corriger une situation qui n’est pas tenable pour les utilisatrices et les utilisateurs de cette piscine.

M. Denis Dumartheray (UDC) —

Il a été fait allusion à la piscine de Rolle. Je déclare mes intérêts : je suis président de la commission technique de rénovation de la piscine de Rolle, qui devait fermer à la fin de cet exercice scolaire. Malheureusement, elle est fermée depuis un peu plus d’une semaine déjà, vu sa vétusté et les fuites d’eau, le bassin se vide progressivement dans les eaux usées et les eaux claires. Il était donc nécessaire d’intervenir.

Je comprends – et nous comprenons – les clubs de natation de Rolle ou d’ailleurs, qui cherchent des solutions pour leur sport et pour l’apprentissage de la nage. La piscine de Rolle a cinquante ans ; à l’époque, disposer d’un plan d’eau couvert pour apprendre à nager était précurseur. C’est du reste là que j’ai moi-même appris à nager.

Il est donc important de soutenir cette motion et d’aller de l’avant. La piscine de Rolle sera fermée une année pour une rénovation de 3,5 millions de francs, prise en charge par les communes du groupement scolaire. On espère également un soutien du Canton, cette piscine étant rattachée à un groupement du secondaire et du primaire. La mission de l’école inclut des heures de natation — et surtout, au bord d’un lac, il importe d’apprendre aux jeunes à nager.

M. Philippe Jobin (UDC) —

Comme cela a déjà été relevé, nous avons payé. Laisser cette piscine à l’abandon reviendrait à déprécier volontairement un bien public. La rénovation n’est pas une dépense nouvelle, mais la suite logique d’un investissement consenti. Il s’agit d’une obligation légale, non d’un choix. Sans cette piscine, le gymnase ne peut pas remplir ses obligations en matière d’éducation physique. Il ne s’agit pas d’un confort, mais du respect de la Loi sur l’éducation physique et le sport (LEPS).

Par ailleurs, la région est déjà en pénurie – les députés de cette région le savent bien. Avec plus de 1300 membres du club sportif dépendant des infrastructures de la région, fermer cette piscine revient à reporter le problème sur des communes voisines déjà saturées.

En conclusion, refuser cette motion, ce serait payer pour une infrastructure qu’on laisse se dégrader : une mauvaise économie au mauvais moment. J’encourage donc mes collègues à renvoyer directement cette motion au Conseil d’État, sans passer par la commission, afin qu’il puisse nous proposer des solutions concrètes.

Mme Christelle Luisier Brodard (C-DFTS) — Présidente du Conseil d’Etat

Je vous remercie pour ce débat intéressant, sur les besoins en infrastructures – notamment pour l’école – ainsi que sur les considérations d’ordre financier. Le Conseil d’État aurait préféré un renvoi en commission afin de pouvoir examiner l’ensemble de ces éléments. Il est néanmoins évident que je rapporterai votre décision au service compétent, afin que ces différents points puissent être discutés prochainement, s’agissant en particulier des besoins dans le domaine scolaire.

M. Stéphane Montangero (SOC) — Président

La discussion est close.

Dans son développement écrit, l’auteur demande le renvoi direct au Conseil d’État.

La motion, prise en considération, est renvoyée au Conseil d’État avec 2 abstentions.  

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