25_REP_228 - Réponse du Conseil d'Etat au Grand Conseil sur l'interpellation Denis Corboz et consorts - Mortalité toutes causes confondues durant l'estivage 2024 (24_INT_170).
Séance du Grand Conseil du mardi 26 mai 2026, point 38 de l'ordre du jour
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Visionner le débat de ce point à l'ordre du jourJ’avoue être resté sur ma faim avec cette réponse, car je ne l’ai pas comprise. J’ai passé plus d’une heure à tenter de lire ce document, à faire des recoupements, des règles de trois, à reprendre les chiffres. On parle de pour cent, on parle de pour mille ; Identitas n’a pas les mêmes chiffres que l’Ecologie des carnivores et gestion de la faune sauvage (KORA). Tout cela est pondéré de diverses manières. J’ai eu beau prendre cette réponse dans tous les sens – j’ai même demandé à deux députés agriculteurs de me donner un coup de main, de la lire et d’éclairer ma lanterne – mais je vous avoue que tout cela m’est resté incompréhensible.
Je regrette que sur un sujet aussi sensible – un sujet qui ne concerne certes pas énormément de monde au sein de la population vaudoise, mais qui s’avère très compliqué pour les personnes concernées, à savoir les agricultrices et les agriculteurs de ce canton, notamment ceux du Jura – sur un sujet qui passionne pourtant les médias et la population, celui du loup, vous nous proposez, madame la conseillère d’Etat, des réponses peu lisibles, selon moi. Je doute qu’une citoyenne ou qu’un citoyen souhaitant s’intéresser à ce sujet et disposant de ces réponses puisse en comprendre le contenu. Sans mentir, cela m’a pris une heure, et je ne sais pas quoi vous répondre à ce sujet.
La seule question supplémentaire que je pourrais peut-être vous poser est la suivante : comment est-il possible qu’Identitas et le KORA n’aient pas les mêmes chiffres, et comment mener une politique envers le loup – une politique de régulation ou de protection des troupeaux – en disposant de chiffres aussi flous, dépourvus de certitudes, qui ne nous permettent pas de corréler ce que nous aimerions pouvoir réaliser ? Madame la conseillère d’Etat, avez‑vous une explication ?
La discussion est ouverte.
Les réponses apportées à l’interpellation de notre collègue Denis Corboz sur la mortalité du bétail en zone d’estivage soulèvent plusieurs interrogations méthodologiques importantes. Le Conseil d’Etat reconnaît lui-même que les données initiales étaient erronées en raison d’un problème de script dans la base de données Identitas de la Banque de données du trafic des animaux (BDTA), données corrigées ultérieurement après une intervention de la fondation KORA. Une telle situation fragilise nécessairement la fiabilité statistique de l’ensemble de l’analyse. Les chiffres utilisés reposent sur des bases de données qui ne distinguent pas les causes de mortalité. Elles sont mélangées dans les statistiques globales. Le rapport admet que certains bovins prédatés par le loup n’étaient même pas enregistrés comme morts dans la BDTA. En outre, plusieurs indicateurs différents sont présentés. Les dénominateurs utilisés ne sont pas clairs. Le chiffre 17 à 33 % peut laisser croire qu’un tiers des bovins estivés meurent à cause du loup, alors qu’il s’agit en réalité de la proportion des décès recensés attribués au loup parmi les bovins déjà morts.
Il faut comprendre finalement que, dans les faits, les attaques du loup concernent environ 1 pour mille des bovins estivés, soit 0,1 à 0,2 % du cheptel sain et vivant. Par ailleurs, la réponse se concentre essentiellement sur le Jura vaudois, soit précisément la région la plus touchée par les prédations de loups dans le canton. Il faut préciser qu’elle ne constitue donc pas une synthèse représentative de l’ensemble de la situation vaudoise. En revanche, les ovins et les caprins prédatés hors des zones d’estivage ne figurent pas dans cette réponse, alors même qu’ils font régulièrement l’objet de constats de prédation par le loup. Cette absence limite encore la portée globale des chiffres présentés. Enfin, l’ensemble du dossier laisse supposer un manque de coordination entre l’entreprise Identitas et la fondation KORA, ainsi que les services du canton. Les conditions nécessaires à une lecture cohérente et transparente des statistiques ne semblent aujourd’hui pas pleinement réunies.
Finalement, il s’agit d’un sujet hautement émotionnel. Il est donc incompréhensible et inadmissible que l’analyse de la situation puisse reposer sur des données peu fiables et une méthodologie peu claire. J’en appelle personnellement à une grande prudence dans l’interprétation des conclusions avancées, raison pour laquelle cette réponse ne me satisfait pas.
Je m’exprime brièvement, parce que je parviens à la même conclusion que mes deux préopinants. J’ai beaucoup de peine à comprendre la réponse apportée par le département. Ce n’est pas la première fois que, lorsque l’on demande des statistiques, on nous dit qu’on ne peut pas nous les donner. J’ai été surprise d’apprendre que le programme d’annonce BDTA ne distingue pas les différentes causes de mortalité. Bien entendu, cela ne relève pas de la responsabilité du Canton. Cependant, comment voulez-vous obtenir des réponses quand les statistiques ne sont pas fiables ? Et ce n’est malheureusement pas la première fois qu’en tant que Parlement, nous nous heurtons à ce problème de statistiques. La situation est identique lorsqu’on les demande au niveau pénal, pour connaître le pourcentage de crimes, x, y ou autres. Aussi, je me demande si le Canton ne pourrait pas faire pression pour que le programme d’annonce BDTA reflète davantage et de manière plus pertinente l’annonce des décès des animaux. Il est vrai que le mélange BDTA KORA‑Identitas rend la lecture du texte particulièrement absconse.
Je remercie M. Corboz pour la question posée. Effectivement, je suis censé faire partie des deux personnes qui devraient avoir pu comprendre la réponse. Je peux admettre qu’elle est très technique et pas forcément facile à comprendre. Alors, à ce stade, on veut bien comprendre qu’on n’aime pas trop dire que les grands prédateurs ont tendance à faire beaucoup de dégâts dans le bétail bovin vaudois, parce que ce n’est très populaire. On essaie de comprendre pourquoi il y a des animaux qui sautent dans le vide, mais c’est peut-être à cause de chiens errants ou autres. Je proposerais plutôt à notre collègue Denis Corboz de reposer la question et de demander une réponse un tout petit peu plus vulgarisée, parce qu’effectivement, pour le commun des mortels, elle n’est pas très compréhensible.
Effectivement, j’ai moi-même beaucoup regretté qu’une erreur se soit glissée dans la base de données BDTA, ce qui a conduit à une interprétation différente du résultat. Je peux vous assurer qu’aujourd’hui, pour obtenir l’aide financière possible en cas de prédation par un loup, il convient de remplir correctement et à temps le formulaire BDTA. Nous avons donc essayé de tout mettre en œuvre pour que ces erreurs ne se reproduisent plus.
Ensuite, je veux bien vous répondre de manière moins technique. J’aimerais préciser qu’il nous a été demandé quels étaient les chiffres des prédations effectuées en 2024 sur les alpages. Nous ne souhaitions justement pas donner trop d’interprétation à des données répondant à une question qui en demandait simplement le relevé. L’interprétation vous revient ensuite : s’agit-il de beaucoup ou de peu de cas ? Quelles en sont les différentes causes ? Je peux vous assurer qu’avec une grande volonté de transparence, nous avons essayé d’apporter tous les chiffres possibles pour répondre à vos deux questions.
Je le répète : je regrette moi aussi grandement cette erreur survenue entre la base de données et la transcription destinée à établir les statistiques. Je dois également préciser qu’il existait, à l’époque, encore un décalage entre la prédation et son inscription, décalage que nous avons aujourd’hui supprimé afin de ne plus répéter ces erreurs. Je suis volontiers prête à reformuler la réponse et à la vulgariser davantage. Cela dit, pour la défense de la réponse du Conseil d’Etat, vous avez demandé des chiffres, et nous avons essayé de les apporter de la manière la plus neutre possible, afin qu’il vous revienne ensuite de juger quelles conséquences en tirer.
Cela m’amène à poser une question relative à l’annonce des animaux morts sur les alpages. Vous venez de dire qu’une case ou un formulaire devait être rempli. Or, je suis actuellement inscrit sur la BDTA pour mon exploitation d’estivage, et je peux vous assurer qu’aucune annonce liée aux loups n’y figure.
Aussi, si un décès spécifique survient sur les alpages et que cette information doit être transmise aux éleveuses et éleveurs susceptibles de recevoir ce type d’annonce afin d’être rémunérés, il serait intéressant de le communiquer et, surtout, de nous indiquer où trouver cette information.
Monsieur le député, je vous propose de regarder directement avec mon chef de service ici présent.
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Ce point de l’ordre du jour est traité.