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24_RAP_4 - Rapport du Conseil d'Etat au Grand Conseil sur le Postulat Maurice Neyroud et consorts - Pour une meilleure gestion de l’eau d’arrosage et des pluies torrentielles en viticulture (22_POS_37).

Séance du Grand Conseil du mardi 26 mai 2026, point 35 de l'ordre du jour

Documents

Transcriptions

Visionner le débat de ce point à l'ordre du jour
Mme Carole Schelker (PLR) — Rapporteuse

La commission s’est réunie en août 2024, afin d’examiner le rapport du Conseil d’Etat concernant la gestion des eaux dans la viticulture, en particulier dans le contexte des changements climatiques. Le constat principal est que la viticulture vaudoise – particulièrement Lavaux – est confrontée à une augmentation des épisodes de sécheresse et de pluies torrentielles. Le Conseil d’État a rappelé que la gestion de l’eau est une compétence partagée entre les communes, le Canton et la Confédération. Le postulant s’est déclaré globalement satisfait du rapport, qu’il jugeait riche en informations, mais il a souhaité obtenir des précisions sur l’avancement concret des mesures. En effet, plusieurs démarches étaient en cours en 2024. D’abord, la Direction générale de l’environnement (DGE) travaillait à une stratégie intégrée de gestion de l’eau à l’échelle des bassins versants. En parallèle, la Direction générale de l’agriculture, de la viticulture et des affaires vétérinaires (DGAV) développait un plan sectoriel de l’irrigation, afin d’évaluer les besoins futurs en eau selon les régions et les cultures. Concernant Lavaux plus spécifiquement, une étude préliminaire a débuté en 2024, afin d’analyser l’état actuel du réseau d’eau et des écoulements. Cette étude est en cours, et différentes variantes de gestion sont en cours d’évaluation. 

Le postulant a également relevé que certains changements structurels, notamment liés à l’autoroute traversant Lavaux, modifient fortement les écoulements d’eau et créent de nouvelles contraintes pour les viticulteurs, alors même qu’ils ne sont pas responsables de ces aménagements. Le Canton pourra, le cas échéant, s’approcher de la Confédération pour solliciter des financements. La question des sols a également occupé une place importante dans les discussions. Le canton dispose aujourd’hui d’une cartographie des sols viticoles qui sera utile pour renforcer leur capacité de rétention d’eau. 

Enfin, la commission a insisté sur l’importance de la coordination entre les différents services cantonaux, notamment ceux liés à l’environnement, à l’agriculture et à l’aménagement du territoire, pour relever les enjeux liés à la gestion des eaux dans la viticulture. Au terme des discussions, la commission a unanimement recommandé au Grand Conseil d’accepter le rapport du Conseil d’État et je vous invite à en faire de même. 

M. Stéphane Montangero (SOC) — Président

La discussion est ouverte.

M. Maurice Neyroud (PLR) —

Je remercie la commission pour son travail et la présidente pour son rapport. Effectivement, comme indiqué dans le rapport, je suis satisfait et remercie le Canton d’avoir pris la mesure de l’importance croissante de la problématique de l’irrigation et indiqué que la gestion de l’eau fait partie des priorités de l’agriculture vaudoise. Le changement climatique fait effectivement que cette question va occuper le monde de l’agriculture et de la viticulture de plus en plus souvent. L’alternance entre les pluies torrentielles, qui ne profitent malheureusement pas aux cultures, à cause du ruissellement, et les périodes de chaleur et de sécheresse intenses ont tendance à s’accentuer. On constate par exemple que, dans la viticulture, il y a eu plus d’arrosage des vignes ces cinq dernières années que dans les vingt-deux années qui précèdent. 

La commission a siégé il y a presque deux ans. On nous avait annoncé que deux plans sectoriels de protection et de gestion de la ressource en eau étaient en phase de développement, avec notamment la DGAV et son étude de base qui a pour but de déterminer les besoins actuels et futurs en eau pour chaque région et pour chaque culture, ainsi que l’étude de la DGE pour en assurer la qualité et l’utilisation. Il est intéressant de reconnaître les résultats de ces études ; j’invite le Conseil d’État à les diffuser aux personnes intéressées. En conclusion, je remercie le Conseil d’État pour son rapport et vous propose de suivre les conclusions de la commission et d’accepter le rapport du Conseil d’État.

Mme Muriel Thalmann (SOC) —

Par rapport à la problématique du changement climatique, quelle est la stratégie du Conseil d’État en matière de viticulture ? Et quelle est sa stratégie à moyen et long terme pour lutter contre le changement climatique ?

Mme Valérie Dittli (C-DADN) — Conseillère d’Etat

Madame la députée Thalmann, votre question mérite une réponse approfondie qui pourrait durer plusieurs heures tant le sujet est important. Récemment, avec l’Office cantonal de la durabilité et du climat (OCDC), nous avons publié le bilan carbone qui permet de mieux comprendre la trajectoire sur laquelle nous nous trouvons. Ce travail met en évidence la nécessité de poursuivre et de renforcer les mesures permettant de faire face aux changements climatiques. 

S’agissant plus particulièrement de la viticulture, nous nous efforçons d’anticiper tant que possible les évolutions à venir. Toutefois, je dois reconnaître qu’il m’est difficile d’apporter, dans le cadre de cette séance et d’un débat portant sur un rapport du Conseil d’Etat relatif à l’eau, une réponse à la hauteur du sujet. Je peux néanmoins vous assurer qu'il s'agit d'une question qui nous préoccupe. Nous travaillons notamment à créer un cadre favorable à l’introduction de variétés et de cépages plus résistants, à développer une stratégie plus globale concernant la gestion des sols, et ce, en collaboration avec le département en charge de l’environnement.

Toutes ces questions sont des préoccupations quotidiennes. Toutefois, dans le cadre de cet objet, il est difficile de résumer une réponse complète en quelques minutes. Nous en discuterons volontiers à l’avenir, car ce sont des questions qui doivent être thématisées et qui méritent réflexion, réflexion qui est d’ailleurs en cours dans plusieurs départements.

M. Stéphane Montangero (SOC) — Président

La discussion est close.

Le rapport du Conseil d’Etat est approuvé à l’unanimité.

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