26_INT_130 - Interpellation Muriel Thalmann et consorts - Apprentissage : qui va financer les tests d’aptitude ?.
Séance du Grand Conseil du mardi 22 septembre 2026, point 2.1 de l'ordre du jour
Texte déposé
La section vaudoise de l’Union professionnelle suisse de l’automobile (UPSA-Vaud) vient d’informer ses membres qu’elle ne financera plus les tests d’aptitude requis pour accéder à une formation initiale, dès la rentrée 2027[1], ce pour des raisons budgétaires. Son courriel rappelle l'obligation légale pesant sur l'entreprise formatrice qui exige le test (art. 12 LVLFPr), obligation indépendante de l'issue du processus de sélection ; concrètement, ces frais vont retourner dans le circuit de la réclamation individuelle, situation que mon postulat (22_POS_44)[2] cherchait à éviter.
Cette décision :
- inverse le mouvement constaté en commission : le rapport de 2023 relevait que, sur trente associations organisant des tests, la plupart les avaient rendus gratuits, en partie sous l'effet des interventions du Département. L'UPSA-Vaud prend le chemin inverse et il est probable que d’autres vont suivre ;
- fragilise le présupposé de la réponse du Conseil d'Etat : celui-ci avait écarté toute solution structurelle (cession de créance, recouvrement par le Canton) et fondé sa stratégie sur la sensibilisation et l'invitation des milieux à aller vers la gratuité. Or cette gratuité apparaît désormais liée à la seule santé financière des associations, un socle fragile pour une politique publique ;
- Ne résout pas le problème de fond : si l'entreprise formatrice ne rembourse pas spontanément, il restera au jeune candidat à l'exiger lui-même de son employeur potentiel, dans un rapport de force dissuasif, la loi demeurante applicable sans mécanisme de contrôle effectif ;
- Génère une inégalité de traitement, un élève qui s'oriente vers les études ne devant s'acquitter d'aucun frais de sélection pour y accéder ;
- Continue à alimenter un business issu d’une exigence posée par le patronat, mais financée par les salarié-e-s.
Alors que le Canton affirme vouloir promouvoir la formation professionnelle et la voie duale, imposer aux candidat·e·s à l’apprentissage — souvent issus de familles modestes — des frais supplémentaires, parfois pour déposer plusieurs candidatures, et absents des autres parcours de formation, constitue un signal contradictoire. Cette mesure risque de pénaliser précisément les jeunes que le canton souhaite attirer vers cette voie. J'ai donc l'honneur de poser les questions suivante :
- le Conseil d’Etat envisage-t-il de supprimer les tests d’aptitude, qui imposent des exigences supérieures à la formation obligatoire ainsi qu'un financement par les candidat.e.s ?
- dans la négative, quelles mesures le Conseil d’Etat entend-il mettre en place pour faciliter l’accès à l’apprentissage, en imposant notamment le financement de ces tests par ceux et celles qui l’exigent ?
[1]https://mailchi.mp/cf2042699912/test-daptitude-apprentissage?e=e6f1d59dc3
[2]https://www.vd.ch/gc/depute-e-s/detail-objet/objet/22_POS_44/membre/226812
Conclusion
Souhaite développer
Liste exhaustive des cosignataires
| Signataire | Parti |
|---|---|
| Nathalie Jaccard | VER |
| Joëlle Minacci | EP |
| Sandra Pasquier | SOC |
| Stéphane Balet | SOC |
| Denis Corboz | SOC |
| Laure Jaton | SOC |
| Martine Gerber | VER |
| Colin Wahli | VER |
| Séverine Graff | SOC |
| Romain Pilloud | SOC |
| Yannick Maury | VER |
| Vincent Jaques | SOC |
| Yves Paccaud | SOC |
| Cédric Echenard | SOC |
| Monique Ryf | SOC |
| Cendrine Cachemaille | SOC |
| Claude Nicole Grin | VER |
| Musa Kamenica | SOC |
| Patricia Spack Isenrich | SOC |
| Laurent Balsiger | SOC |
| Graziella Schaller | V'L |
| Chloé Besse | SOC |
| Sébastien Cala | SOC |