Communications
Séance du Grand Conseil du mardi 26 novembre 2024, point 1 de l'ordre du jour
Transcriptions
Intervention personnelle de M. Fabrice Moscheni sur le CHUV
Conformément à l’article 84, alinéa 3, de la Loi sur le Grand Conseil, un député demande l’introduction dans l’ordre du jour d’une intervention personnelle. Cette demande étant soutenue par au moins 20 membres, la présidente lui donne la parole ultérieurement.
Retour à l'ordre du jourCela fait quelque temps que le groupe UDC demande, par ma personne notamment, plus d'informations sur la situation de notre hôpital universitaire, le CHUV. Il est une institution importante pour notre canton en général et pour les Vaudoises et les Vaudois en particulier. Malheureusement, il a défrayé la chronique à de nombreuses reprises, ces dernières années. Parmi les éléments marquants qui ont découlé de l'actualité et des réponses du Conseil d'État à mes initiatives, on constate une situation inquiétante au CHUV. Par exemple, par le mécanisme très discutable des PIG implicites, le CHUV bénéficie d'un subventionnement direct de son déficit de plus de 162 millions, selon les chiffres de 2022-23. Sans cette subvention, le déficit du CHUV en 2023 serait proche de 200 millions. Les PIG implicites introduisant une distorsion de concurrence, l'État de Vaud est donc sous la menace de procédure des cliniques privées vaudoises auprès de la Commission de la concurrence (Comco) pour concurrence déloyale. Le CHUV a mal à sa gouvernance. Quatre départs consécutifs à la tête de l'établissement, sans parler des valses des directeurs généraux avec trois changements en moins de six ans.
La semaine dernière, un nouveau scandale émaille le service des ressources humaines. Dans le recours contre la procédure à 220 millions d'appels d'offres du dossier informatique du patient, la justice a rejeté la demande du CHUV de levée de l'effet suspensif, estimant que le CHUV s'était lui-même mis dans une situation d'urgence due à des dysfonctionnements internes.
Finalement, la qualité des soins et de la satisfaction des patients du CHUV est fortement questionnée par l'entité tutelle de la LAMal, l’Association nationale pour le développement de la qualité dans les hôpitaux et les cliniques (ANQ). Je vous renvoie à son très intéressant site internet. Le CHUV y est considéré comme un hôpital moyen, voire moins bon que la moyenne suisse pour certaines prestations. Il y aurait encore beaucoup de choses à dire, mais j'en resterai là. Le constat est sans appel : le CHUV est malade et le temps n'arrangera riene. Des mesures courageuses doivent être prises. Selon le groupe UDC, les deux principales devraient être d’abord de professionnaliser le CHUV et sa gouvernance, et lui donner, grâce à un statut d'établissement de droit public, l'autonomie face à l'administration du canton afin qu'il puisse relever les défis auxquels il est confronté. Il en va de la qualité des prestations du CHUV et du respect de l'argent de nos contribuables.
Deuxièmement, avec près de 42 % du budget du canton, le DSAS est devenu un département mammouth difficilement gérable. Une réflexion sur une restructuration de ce département s'impose. Le CHUV est malade. Détourner le regard ou être dans le déni ne résultera qu'en une inéluctable dégradation de sa santé. L'UDC restera au chevet du CHUV et vous prie de faire de même.