26_INT_2 - Interpellation Martine Gerber et consorts au nom Les Vert.e.s - Avant qu’il ne reste que deux saisons, prenons soin des quatre saisons.
Séance du Grand Conseil du mardi 13 janvier 2026, point 2.3 de l'ordre du jour
Texte déposé
Il aura fallu quatorze mois à l’entreprise Télé Leysin–Les Mosses–La Lécherette SA (TLML) pour déposer un « nouveau » projet d’enneigement artificiel pour les stations de Leysin et des Mosses. [1] Or, sur le fond, rien n’a réellement changé depuis le retrait du projet fin 2024, consécutif aux nombreuses oppositions et aux non-conformités relevées par les services cantonaux.
Si certaines zones de protection ont été évitées (zone de protection S1), le projet prévoit toujours le creusement de 22 km de tranchées (dont plus de 3 km en zones de protection S2 et S3), l’installation de près de 300 canons à neige, ainsi que l’épandage de plus de 230’000 m³ d’eau chargée de micropolluants sur les alpages. Le tout s’inscrit dans l’enveloppe des 50 millions de francs votée par notre parlement en 2023 pour soutenir un tourisme durable et quatre saisons.
Présenté une nouvelle fois comme la solution au développement économique régional, ce projet mobilise pourtant des dizaines de millions de francs publics pour pomper l’eau du Léman via l’Hongrin et la transporter sur 22 km de conduites, afin d’alimenter 177 nouveaux canons à neige et des installations supplémentaires.
À cette consommation d’eau et d’énergie s’ajoute celle des remontées mécaniques, dans un contexte de pénurie énergétique annoncée, de réchauffement climatique accéléré et d’effondrement de la biodiversité, sans même aborder les nuisances liées à la mobilité.
Il devient urgent de reconnaître que la course à l’extension des infrastructures touristiques constitue un piège économique, dont les retombées financières – lorsqu’elles existent encore – sont peu équitables et rarement locales. La récente période de vacances, marquée par un déficit d’enneigement, a montré que les visiteurs sont venus en nombre, appréciant le soleil, la nature et la simplicité, au bénéfice tant des touristes que des aubergistes.
Plutôt que de s’acharner à satisfaire un imaginaire dépassé du tourisme hivernal tout au ski, il est urgent de mettre en œuvre une véritable politique publique de tourisme quatre saisons, sobre, respectueuse des écosystèmes et créatrice d’emplois durables. Préserver la nature n’est pas un frein au développement : c’est la condition même de son avenir.
Ce projet n’a-t-il pas pour seul objectif de prolonger artificiellement un modèle à bout de souffle ? 2050, c’est demain. Les prévisions climatiques sont sans équivoque : à cette altitude, la neige naturelle ne sera plus garantie, et les canons à neige n’y changeront rien.
Mes deux interpellations déposées les 14 décembre 2023 et 19 mars 2024 sont restées sans réponses:
1. « Canons à neige : quelle viabilité économique pour ce projet ? » (23_INT_135)
2. « Les 177 canons à neige, l’entreprise TLML et ses sept affirmations douteuses » (24_INT_62)
Aussi, j’ai l’honneur de reposer aujourd’hui au Conseil d’État – que je remercie par avance pour ses réponses – presque les mêmes questions pour un projet presque identique :
1. Le Conseil d’État peut-il admettre que ce projet s’inscrive encore dans la stratégie cantonale de développement des Alpes vaudoises, alors qu’il repose sur une vision dépassée et contrevient aux principes élémentaires de la politique climatique acceptés par le peuple en 2023 dans le cadre de l’initiative populaire « pour la protection du climat [2]» ?
2. Dans un contexte d’accélération du réchauffement climatique, particulièrement marquée dans les Alpes, et de hausse de la limite d’enneigement compromettant le fonctionnement même des canons à neige, comment le Conseil d’État entend-il garantir et contrôler la viabilité économique de ce projet, conformément aux articles 4 et 6 du Règlement d’application de la LADEPE (RLADEPE) ?
3. Le délai d’obtention des crédits-cadres LADE, votés en 2019 par le Grand Conseil, est-il fixé à fin 2026 ?
4. Ce délai (crédits-cadres notamment LADE ) court -il jusqu’à la délivrance des autorisations cantonales ou jusqu’au « premier coup de pioche » ?
5. En cas de non-réalisation du projet (renonciation, échec...), le Conseil d’État envisage-t-il une restitution des dépenses engagées par le promoteur ?
[1] FAO du 09 01 2026
[2] Initiative pour la protection du climat (contre-projet à l’initiative pour les glaciers), adoptée par le peuple le 18 juin 2023.
Conclusion
Souhaite développer
Liste exhaustive des cosignataires
| Signataire | Parti |
|---|---|
| Kilian Duggan | VER |
| Alberto Mocchi | VER |
| Yannick Maury | VER |
| Géraldine Dubuis | VER |
| Felix Stürner | VER |
| Didier Lohri | VER |
| Claude Nicole Grin | VER |
| Hadrien Buclin | EP |
| Vincent Bonvin | VER |
| Sylvie Podio | VER |
| Nathalie Vez | VER |
| Claire Attinger Doepper | SOC |
| Vincent Keller | EP |
| Théophile Schenker | VER |
| Mathilde Marendaz | EP |
| Céline Misiego | EP |
| Sébastien Humbert | V'L |
| Nathalie Jaccard | VER |
| Rebecca Joly | VER |
| Elodie Lopez | EP |
| Yolanda Müller Chabloz | VER |
| Marc Vuilleumier | EP |
| Jean-Claude Favre | V'L |
| Anna Perret | VER |
| Oleg Gafner | VER |