Que planifier avant un décès ?

Planifier la fin de vie
Quand la fin de vie approche, elle soulève des questions profondes, tant pratiques qu’éthiques, émotionnelles ou spirituelles. Planifier la fin de sa vie, c’est poser des choix en amont pour s’assurer que ses volontés seront respectées, même en cas de perte de capacité de discernement. Cela permet aussi de soulager les proches et les professionnels au moment venu, en clarifiant les décisions médicales, juridiques et personnelles à prendre.
Ce chapitre présente les outils à disposition dans le canton de Vaud : directives anticipées, mandat pour cause d’inaptitude, projet de soins anticipé et testament. Il s’adresse à toute personne souhaitant s’informer, réfléchir et agir en amont, avec ou sans l’accompagnement de professionnels. Ces ressources visent à soutenir les choix éclairés et à encourager une réflexion anticipée.
Choisir les soins et émettre des directives anticipées
Les directives anticipées permettent à une personne de formuler, par écrit, ses volontés concernant les soins médicaux qu’elle souhaite recevoir — ou refuser — si elle venait à ne plus être en mesure de s’exprimer. Elles offrent également la possibilité de désigner un représentant thérapeutique, chargé de faire valoir ces volontés et de prendre des décisions en son nom si nécessaire.
Les directives anticipées peuvent notamment concerner :
- le refus de l’acharnement thérapeutique ;
- l’acceptation ou le refus de mesures telles que la réanimation, l’assistance respiratoire ou l’alimentation artificielle ;
- les souhaits relatifs à la fin de vie (lieu, accompagnement, sédation, etc.).
En Suisse, les directives anticipées sont reconnues légalement et doivent être respectées par les équipes soignantes, sauf si elles sont manifestement contraires à l’intérêt de la personne ou inapplicables dans la situation donnée.
Mandat pour cause d’inaptitude : désigner un représentant
Le « mandat pour cause d’inaptitude » permet à une personne d’organiser à l’avance sa représentation pour le cas où elle devenait incapable de gérer ses affaires de manière durable. Il permet de désigner une ou plusieurs personnes chargées de la représenter pour les questions personnelles, administratives et financières, garantissant ainsi le respect de sa volonté et la continuité de la prise en charge.
Rédiger un Projet de soins anticipé (ProSA)
Le projet de soins anticipé, surnommé ProSA, est une démarche plus large et personnalisée, construite idéalement avec un professionnel de santé.
Il permet de réfléchir, de discuter et de documenter :
- Sa vision de la qualité de vie ;
- Ses préférences de soins ;
- Ses priorités personnelles et spirituelles ;
- Les rôles des proches ou d’un représentant thérapeutique.
Le ProSA est souvent utile en cas de maladie chronique, de vieillissement avancé ou d’entrée dans un établissement médico-social.
Comment vivre sa fin de vie là où l'on se sent chez soi ?
Vers la fin de la vie, ce que l'on cherche avant tout, c'est la proximité d'un lieu familier et la présence de ceux qu'on aime. Beaucoup souhaitent choisir où ils passeront leurs derniers instants. Rester proche d'eux, leur offrir ce sentiment de sécurité et de chez soi, devient alors essentiel, car chaque jour compte. Pourtant, accompagner une personne en fin de vie n'est pas une épreuve facile à porter seul. Des solutions existent pour soutenir les proches comme la personne concernée, notamment l'aide et les soins à domicile et le soutien à domicile proposé par palliative vaud.
Les soins palliatifs en font partie. Ils ne sont pas un renoncement, mais une façon de prendre soin des jours qui restent. Là où la médecine atteint ses limites, il reste encore une place pour le réconfort, pour des gestes doux et des présences silencieuses. La personne malade retrouve une forme de liberté sur ses derniers jours : choisir où elle souhaite partir, vivre à sa manière, être entourée comme elle le désire. Et sur ce chemin, personne n'avance seul, entre les soignants, les proches, et ceux qui, plus discrètement, offrent leur présence et leur chaleur.
En savoir plus sur les soins palliatifs.
Prévoir un suicide assisté
En Suisse, le suicide assisté est autorisé à certaines conditions, notamment :
- Que la personne agisse de manière autonome ;
- Qu’elle soit capable de discernement au moment de la demande et de l’acte lui-même ;
- Qu’un tiers (association ou médecin) fournisse l’assistance sans en tirer un bénéfice personnel.
Le processus est encadré par des associations (comme Exit ou Dignitas), avec un suivi médical, psychologique et administratif. Une réflexion approfondie, souvent accompagnée, est nécessaire.
Prévoir un testament et des dispositions successorales
Le testament permet de fixer la répartition de ses biens après sa mort, dans le cadre du droit suisse.
Il peut aussi contenir :
- Des indications sur le choix du type d’obsèques ;
- Des souhaits pour le devenir de certains objets personnels ou œuvres ;
- La désignation d’un exécuteur testamentaire.
Un testament manuscrit est valable s’il est écrit, daté et signé entièrement à la main. Il est recommandé de l’enregistrer ou d’en informer une personne de confiance.
Décider de donner ses organes
La personne décédée et/ou ses proches peuvent décider de donner des organes après le décès. Le prélèvement d’organes, de tissus ou de cellules à des fins de transplantation n’est autorisé que si le donneur a donné son consentement ou que les proches donnent leur accord, conformément à la volonté du défunt.
Les personnes qui souhaitent donner leurs organes après le décès devraient faire connaître clairement leur volonté. Elles peuvent notamment remplir une carte de donneur et la porter sur elles. Les cartes de donneur ainsi que des informations complémentaires sont disponibles auprès de Swisstransplant ou auprès de l'Office fédéral de la santé publique. Cette décision peut également être inscrite dans les directives anticipées, afin de garantir que la volonté de la personne soit connue et respectée le moment venu. De plus, informer les proches permet de faire respecter sa volonté après le décès.
Décider de donner son corps
En Suisse, le don du corps consiste à la cession de son enveloppe charnelle en faveur d’une Faculté de Médecine. Ce don a pour objet de faire progresser la médecine, y compris les connaissances anatomiques, cliniques, les techniques chirurgicales et radiologiques des praticiens, des chercheurs et des étudiants. Les personnes intéressées peuvent s’adresser à l’Unité Facultaire d’Anatomie et de Morphologie de l’Université de Lausanne.
Liens utiles
- Pour en savoir plus sur le don du corps – Faculté de biologie et médecine
- Questions fréquentes sur le don du corps – CHUV - HUG
Que faire en cas de décès d'une personne proche ?

Au-delà de l’impact émotionnel, le décès d’un proche enclenche une série de démarches administratives et pratiques.
Mise en évidence
Un guide avec check-list pour les personnes confrontées à un décès dans le canton de Vaud

Les démarches administratives autour d’un décès peuvent être complexes, longues et pénibles. Un guide pratique, réalisé par la HETSL / HES-SO sur mandat de la Direction générale de la santé, apporte des réponses à de nombreuses questions avant, pendant et après le décès. Il est conçu comme une aide pour aiguiller les proches dans les démarches à entreprendre et les choix à effectuer. Il est assorti d’une checklist qui résume les points à ne pas oublier.
Télécharger le guide (pdf, 750 Ko)
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